DE MONTPELLIER
Après la mort de Roucher, son frère le docteur lui fit élever à sa campagne, près de Montpellier, un monument funèbre dont voici la description :
Dans un cabinet de cyprès est un tombeau à la romaine, surmonté du buste du poète. Sur le piédestal on voit un laboureur qui se repose auprès de sa charrue et de ses bœufs, à l'ombre d'un saule pleureur ; aux branches sont
pendus une lyre et un chalumeau. Ce laboureur grave sur le saule cette épitaphe que Roucher avait composée pour lui :
Flatteurs ! qu'au lieu d'encens, de fleurs et d'hécatombe, La main d'un laboureur écrive sur ma tombe : Il aima la campagne et sut la faire aimer.
De chaque côté s'élèvent deux obélisques dont l'un représente au-dessus d'une forêt de cyprès le mont Parnasse et ises, au milieu desquelles est Apollon. Sur le socle de l'obélisque sont gravés ces vers :
Et toi, chantre des Mois, à ta muse hautaine. Digne d'un autre temps et d'un destin meilleur, D'un berce iu de cyprès j'offrirai la douleur.
(Castel, Poème des Plantes.)
Sur l'autre obélisque sont représentées deux nymphes des bois qui couronnent de lauriers et de roses le médaillon de Roucher. Sur le socle, on lit ces vers :
Et toi, Roucher aussi, chantre pompeux des Mois, Je te vois couronné par les nymphes des bois.
. les lauriers, les odorantes herbes Sont le modeste prix de tes accents superbes.
HÊÉMtA, Poème de la Salure champêtre.)
Ce mausolée a été recueilli depuis par M. Combres. arrière-petit-neteu du poète, et transporté dans sa propriété de Valflaunès, où il existe encore.