‹ Pénicilline et phlébiteChapitre 11 sur 27 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

T1: (Josette), 35 ans.

La malade fait ne fausse couche le 20 mai, après injection d’eau savonneuse. EHe était enceinte de 2 mois 1/2. La température étant à 39°, un curetage est fait le 22. L'état s Ho pour s’aggraver quatre jours après.

La température élevée, à 40°, est oscillante.

Tous Jes jours, la malade présente trois grands frissons d'une durée de trois quarts d'heure à une heure, avec claquement de dents et tremblement généralisé. À ceci succède une phase de sudation importante et une chute de la température.

La malade est alors hospitalisée (elle a absorbé déjà une quan-

tité importante de sulfamides : 35 grammes environ). le

A son entrée, la malade est abattue, sa température est à 40: son pouls, bien frappé, à 120; les conjonctives sont Héetieee es.

L'examen somatique reste négatif. +

On administre la pénicilline par voie intramusculaire aux doses de 20.000 unités toutes les trois heures.

Le 9 juin, chute de la température.

Dans la soirée, remontée-brusque de la fièvre (40°), qui demeure jusqu’au 16 sans qu'il y ait de frissons. Ceux-ci ne réapparaissent que le 48. L'abdomen demeure souple, un simple point douloureux semblant exister au niveau des culs-de-sae.

On décide d'intervenir, soupçonnant l'existence d'un foyer de suppuralion non atteint par la pénicilline.

Intervention le 18 juin par le Docteur Darmaillacq. Laparotomie Ibédiäne.: Utérus gros, mou. On décide une hystérectomie totale. La section du pédicule ovarien droit montre des veines thrombosées, ce qui oblige à les lier plu haut. Il s’agit de caillots récents non rl sans foyer inflammatoire ni suppuratit.

Le traitement par la pénicilline est poursuivi. Chaque jour, on fait : 80.000 unités intramusculaire; 30.000 unités par voie intraveineuse, en goutte à goutte. |

L'état s'améliore. On arrête le traitement le 29 juin. Un mois après, la malade est cliniquement guérie.

FR

De cette observation, nous pouvons en tirer les remarques suivantes :

La malade, à son entrée, est dans un état septicémique — où plus exactement, puisque la-vérification par l’hémocul- ‘ture n’a pas été faite, dans un état toxi-infectieux grave.

: Les:sulfamides sont sans action. La pénicilline améliore la

malade, mais ne la guérit pas. L’infection demeure. Est-elle localisée ou peut-on encore parler de septicémie ? L’existence d'un foyer qui suppure satisfait davantage le clinicien. Les frissons, ces clochers thermiques, expliquent volontiers des décharges microbiennes, qui, au moment même où'elles se produisent, pourraient donner une hémoculture positive, sans qu'on puisse parler à vérilablement parler d'état septicémique. Mn

Pour supprimer cette infection persistante, on fait subir à la malade une intervention chirurgicale. Ne pourrait-il, en effet, s'agir d'une phlébite d’une veine péri-utérine ? Cette présomption est confirmée. Le chirurgien en possède la preuve : le thrombus obstruant la lumière veineuse. = La pénicilline était incapable d’enrayer le processus infectieux. L'opération était nécessaire, puisque, malgré le médicament anti-infectieux on n’a pu stériliser le caillot : la culture de celui-ci a révélé l’existence de streptocoques.

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