‹ Pensâees et fragments inâedits de Montesquieu (volume 2)Chapitre 113 sur 200 · Sur l'an · texte numérisé non relu

Sur l'an

table d'argent, d'un plus grand poids que les autres de son (sic) palais (dit Charlemagne dans son testament), d'un art plus exquis, et où l'on voyoit, en trois globes, le Monde figuré.

Plût à Dieu qu'il eût confié à l'airain des choses 5 dont l'avarice a depuis fait des secrets. Nous y verrions l'exacte position des peuples après le mouvement de tant de nations, la situation des villes; et, ce que nous ne faisons que conjecturer, nous le saurions. 10

421* (1721. III, f° 45 v°). — Défaite des Huns par Charlemagne, en 788 et 789. — Destruction des Lombards par Charlemagne, en 777. Il confirma la donation que son père avoit faite à l'Église romaine. Le royaume des Lombards avoit duré 200 ans. i5

422* (1829. M» f° 99 v°)- — Lorsqu'on pense à ces trois princes : Pépin, Charles-Martel et Charlemagne! Sous eux, la Nation toujours victorieuse ne vit plus d'ennemis. Mais, après eux, il arriva ce que l'on avoit vu dans l'Empire romain, lorsqu'après 20 Marius, Sylla, Pompée, César, Rome n'eut rien à soumettre; il arriva ce qu'après Alexandre on avoit vu chez les Grecs : les Francs se détruisirent euxmêmes par des guerres civiles.

423* (i832. III, f° 100 v°). — Les Normands ayant 25 désolé tout le Royaume, une espèce d'anarchie qui venoit du malheur public mit le comble au malheur public. On élut Hugues Capet.

424* (i6g5. III, f° 38 v°). — Hugues Capet. — Son nom est perdu dans les temps qui se sont perdus eux-mêmes et sont dans la nuit, le silence, les ténèbres et l'oubli.

5 425* (1696. III, f° 39). — Hugues Capet. — C'est se connoître bien peu en flatterie que de mêler des fables dans une généalogie la plus constamment établie que nous connoissons. Hugues Capet n'étoit point de la maison carlienne; il étoit de la sienne.

10 Sitôt que ce genre de grandeur pût être distingué, lui, son père et son ayeul parurent dans la grandeur. Sitôt que la perpétuité des fiefs servit à distinguer la grandeur des maisons, celle-ci paroît avec les grands fiefs, et elle a cet avantage que,

i5 toujours grande dans son cours, elle n'a d'origine que l'abîme de ces temps où régnent la nuit, les ténèbres et l'oubli.

426* (1828. III, f°99). — On trouve, dans le Code des Lombards, des loix contre ceux qui portoient

20 des armes enchantées. Elle se rapportent à peu près au temps où l'armure devint plus pesante chez les Francs. Il peut y avoir eu des armes de si bonne trempe qu'elles parurent tirer leur force de quelque enchantement. Cela donna l'origine à un

25 nombre infini de romans, qui ont été la matière de ceux que l'Arioste et les autres ont transmis jusqu'à nous; d'autant plus ridicules aujourd'hui que les armes à feu ont fait disparoître tous les paladins.

427* (i83o. III, f° 99 v°). — Agobard, dans une lettre à Louis-le-Débonnaire, se plaint de ce que les canons des conciles de France, faits par de si saints évêques, étoient regardés par beaucoup de gens comme superflus et inutiles, parce qu'ayant 5 été faits sans la participation du Pape les canonistes romains n'en faisoient pas mention.

Mais, si le mal étoit déjà si grand, que dut-il être dans les siècles qui suivirent?

428* (1928. III, f°i5ov°). — M. Du Tillet dit fort 10 bien que la Cour des Pairs fut établie par Louis-le- Jeune pour juger des affaires de son domaine, de celles qui concernoient la dignité des prairies, et autres grandes causes.

Cette cour n'eut point pour objet de réformer les 15 sentences qui émanoient de la juridiction des seigneurs, mais de corriger leurs prévarications et leurs dénis de justice.

C'est pour cela que les seigneurs eux-mêmes étoient ajournés en personne, pour répondre de la 20 sentence, et qu'ils couroient le risque d'une amende envers le Roi. Mais, quand saint Louis eut aboli les combats en matière civile, on commença à appeler de la sentence en matière civile même. Pour lors, il parut extraordinaire que les seigneurs fussent 25 ajournés pour répondre.

429* (1929. III, f° 1 5 1 v°). — Il me paroît que, dans les affaires criminelles, on employoit le serment pour les affaires inconnues, le duel pour les incer-

taines, la guerre pour les certaines; que, dans les affaires civiles, on employoit le serment pour les affaires de nulle conséquence; que, pour les autres, on employoit le témoignage, et le combat, quand 5 le témoignage étoit nié, et aussi le combat, en cas d'appel.

430* (1930. III, f° 1 5 1 v°). — Serment sur des Châsses vides. — Extrait de la Continuation de Frédégaire, page 92.

10 C'est le temps où l'on ne craignoit plus le parjure, et où l'on en craignoit encore les malheurs.

431* (iq3-2. III, f° i52 v°). — Jugement de Dieu ou Divination par un Passage des Psaumes, des Prophètes, des Évangiles. — Mais, comme il y a dans i5 les Prophètes et les Psaumes plus de malheurs et de menaces que dans quelque livre qu'il y ait, les malheureux n'y trouvoient guère de consolation. Chramne et Mérovée, fils de Chilpéric, consultèrent ainsi ».

20 432* (1704. III, f°4i v°). — Vous me dites qu'à la fin de ma carrière, il faudra que je chante la conquête de Clovis et le gouvernement de Charlemagne. Mais quel est cet autre qui a vaincu à Fontenoy, et qui demande la paix?

25 433* ( 1 8 3 1 . III, f° 100). — J'aurois encore bien des

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