‹ Pensâees et fragments inâedits de Montesquieu (volume 2)Chapitre 121 sur 200 · ARSACE ET ISMÉNIE · texte numérisé non relu

ARSACE ET ISMÉNIE

exquis. « Roi de Bactriane, lui dit-elle, la reine des Scythes a tissu cette toile de ses belles mains. Regarde les choses qu'elle y a représentées. Ici, ce sont des Arméniens que nos Scythes ont percés de 5 leurs flèches terribles; leurs blessures ne sont pas mortelles, puisqu'ils combattent encore. Là, tu vois un cœur percé de mille traits presque invisibles, et un enfant qui en darde sans cesse de nouveaux; ce cœur est celui d'Isménie, et il ne guérira jamais. »

io 474* (2029. III, f° 319). — Il lui écrivit cette lettre :

« Un jour l'Ormeau dit à la Vigne : « Prenez garde

» que je ne vous couvre de mon ombre. Mais unis-

» sez-vous avec moi, et nous monterons ensemble

> jusqu'aux nues. »

i5 475* (2o3o. III, f° 319). — Le chef de la seconde bande lui parla ainsi : « Nous formons avec toi un arbre qui a une belle tête : tu en es la tige, et nous en sommes les feuilles. Nous te couvrirons de notre ombre, et nous empêcherons le Soleil de brûler tes

■20 racines, et nous monterons ensemble jusqu'aux nues. »

476*(2o3i.III, f°3i9v°). — Les lions ont une grande force; mais elle leur seroit inutile si la Nature ne leur avoit pas donné des yeux.

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