J'ai aussi ôté ceci
CONSIDÉRATIONS SUR LA GRANDEUR DES ROMAINS 8l
belle action, ses soldats le proclamoient Empereur. Ce n'étoit qu'un titre d'honneur1; mais, lorsque ce nom emporta la puissance, les armées continuèrent à le donner, et il arriva ce qu'on voit toujours, que 5 les noms font les choses et gouvernent l'Univers.
149-151. — Morceaux qui n'ont pu entrer dans mes « Romains ».
449* (1478. II,f°2i9).— - Je disois sur Tarquin: «On avoit, dans ce temps-là, de l'éloignement pour le
10 gouvernement d'un seul. Les Veïens, pour s'être
donné un roi, furent abandonnés de toutes les villes
de la Tuscane. Albe s'étoit déjà mise en liberté. Le
royaume de Porsenna ne subsista pas. »
Je disois sur son caractère : « Tout est extrêmement
i5 mêlé dans le Monde. Les méchancetés particulières dans un état où l'institution est bonne, contractent toujours quelque chose des vertus publiques, et les vertus que l'on voit dans une république corrompue tiennent également de sa corruption. »
20 150* (1479. H» f° 2I9)- — Servius avoit transporté du Sénat au Peuple le droit d'élire les Roix, celui de nommer des juges dans les affaires civiles; il avoit payé les dettes des particuliers, donné des terres à ceux qui n'en avoient point; il avoit ôté l'arbitraire
25 dans les taxes et en avoit exempté les pauvres
1 . Ces deux titres ne laissoient pas d'être toujours distingués : car, quand un empereur avoit fait quelque belle action, ses soldats le saluoient encore Imperator. (Note marginale.)
citoyens; il avoit admis, dans les assemblées du Peuple, les affranchis et, dans le Sénat, les Plébéiens1.
151*(i48o. II, f° 219 v°). — Gaton fut l'exécuteur de l'infâme loi qui confisquoit les trésors du roi de 5 Chypre; il mit toute sa vertu à ne point voler les ravisseurs.
152-154. — - Articles retranchés du Livre de la « Considération sur la Grandeur des Romains » , dans la nouvelle édition que j'en donnerai, ou 10 qui n'ont pu entrer dans les augmentations.
152* (i532. II, f° 236). — Il y avoit une maladie que Ton appeloit la maladie des camps2; elle venoit de ce que, les Romains n'ayant point de forteresses, il falloit que leur camp leur en tînt lieu. Ils y étoient i5 enfermés et pressés. Pour prévenir cette maladie, ils changeoient souvent de camp, et cela même les rendoit plus robustes, en multipliant leurs travaux.
153* (i532 6z5. II, f° 237). — Les citoyens pouvoient être distingués de trois manières : par l'origine, 20 comme les Patriciens l'étoient des Plébéiens ; par l'ordre, comme les Sénateurs l'étoient des Chevaliers, et les Chevaliers, du reste du Peuple; et, enfin, par le droit d'image, qu'avoient ceux dont les