Le Syncelle, page 38i
2. Voyez les différents titres du Code de Auri et Argenti Fodinis.
faisoient descendre, et, ensuite, retiroient l'échelle qui les avoit descendus. Ils les mettoient à mort à leur fantaisie. Lorsque le maître avoit été tué dans la maison, on menoit au supplice tous ses esclaves, coupables ou non, en quelque nombre qu'ils fussent. 5 Lorsqu'ils étoient malades ou vieux, ils les abandonnoient et les faisoient porter au temple d'Esculape. Ils les privoient de tous les sentiments naturels les plus chers : ils les privoient de la vertu de leurs femmes, de la chasteté de leurs filles, de la propriété 10 de leurs enfants.
Pourquoi dégrader une partie de la Nature humaine? Pourquoi se faire des ennemis naturels? Pourquoi diminuer le nombre de ses citoyens? Pourquoi en avoir qui ne seront retenus que par i5 la crainte?
Guerre servile! La plus juste qui ait jamais été entreprise, parce qu'elle vouloit empêcher le plus violent abus que Ton n' (sic) ait jamais fait de la Nature humaine. 20
Malheur à tout législateur... Malheur à tout état...
Multiplication d'esclaves, multiplication de luxe.
Il ne faut pas que, dans un état, il y ait un corps de gens malheureux.
Gladiateurs et esclaves : marques de fidélité qu'ils 20 donnèrent.
Les Romains se croyoient dans un état de grandeur où ils n'avoient plus rien à espérer ni à craindre, lorsque trois choses inattendues les mirent en danger de périr. 3o
Les Cimbres et les Teutons, ennemis inconnus,
parurent dans un moment et vinrent, comme Annibal, attaquer Rome dans l'Italie. Ils étonnoient par leur nombre, leur férocité, leurs cris. Enfin, ils venoient pour détruire ou pour être détruits. Marius 5 et Sylla eurent le bonheur de les exterminer et reculèrent de plusieurs siècles la grande révolution que les nations du Nord dévoient faire.
Bientôt une guerre s'alluma, non moins dangereuse encore, parce qu'elle tendoit à mettre en
10 pièces le corps intérieur de la République, d'où dépendoient toutes les conquêtes du dehors. On sait que les petites républiques qui étoient autour d'eux (sic) leur donnèrent une part dans leur propre gouvernement, suivant les conventions ou la faveur
l5 qu'ils avoient données aux colonies qu'ils y avoient envoyées.
Ainsi, malgré la corruption générale, il resta assez de force à la République pour résister à trois échecs, qui lui vinrent coup sur coup : la guerre des Cimbres
20 et des Teutons, la guerre des esclaves et celle des gladiateurs; et elle se tira de ces trois affaires d'autant plus heureusement qu'elle détruisit les Teutons presque sans résistance et se défît des deux autres sans altérer son gouvernement; au lieu que, dans la
25 Guerre sociale et dans la paix qui suivit, elle l'altéra entièrement.
172* (2195. III, f° 460 bis v°). — Dénombrement
des flottes de Licinius et de Constantin : celles
de Licinius, plus fortes, possédant l'Egypte, qui
3o avoit 80 trirèmes; la Phénicie, 80; l'Ionie, la Do-
ri[d]e, 60; la Chypre, 3o; la Carie, 20, la Bithynie, 39 ».
173* (2196. III, f° 460 bis v°). — Quand la loi Atinienne permit, selon Aulu-Gelle (xiv, 18), aux sénateurs d'être tribuns, cet emploi, établi pour 5 tenir en bride le Sénat, perdit son utilité.
174* (2197. III, f° 461). — Corruption de Rome. — Vestilia2, pour éluder les loix faites pour conserver la dignité des matrones, se déclara courtisane publique. La loi de Tibère chassa les dames romaines 10 de cet indigne retranchement.
175* (2 198. III, f°46i). — Sur la Fin de l'Empire d'Occident. — Quel état que celui où une partie des terres étoient employées à entretenir des armées entièrement indépendantes, et l'autre partie, à en n entretenir d'autres, pour contenir les premières.
176* (2 199. III, f° 461 v°). — C'étoit la coutume de ces rois de Macédoine de transporter les peuples d'un endroit de leurs états à un autre; c'est que cet état (sic) s'étoit formé de diverses pièces. Voyez ce que dit ici 20 Justin (livre VIII, page 77) sur les transports de peuples faits par Philippe, père d'Alexandre. Voyez aussi, dans Tite-Live, ceux que fit Philippe, père de Persée. C'étoit le même goût, même politique et dessein3.