‹ Pensâees et fragments inâedits de Montesquieu (volume 2)Chapitre 6 sur 200 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

Guyenne, à Bordeaux », avait inséré une sorte de prospectus dans les journaux de 1 7 1 9 r.

Nous regrettons davantage l'absence, dans les manuscrits que nous publions, d'un plus grand nombre de détails sur la vie proprement dite de l'Auteur. Le peu qu'ils nous apprennent à cet égard est même très vague, le plus souvent. Presque tout, d'ailleurs, en est relatif moins à l'homme qu'à l'écrivain.

Dans le tome II, par exemple, nous trouvons la harangue que Montesquieu adressa au roi Louis XV, le 3 juin 1739, en qualité de directeur de l'Académie française2. Il y félicite le Prince de la paix qu'il venait de conclure à Vienne, avec l'Empereur d'Allemagne. Nous savons par lui-même qu'il fut très ému en s'acquittant de sa tâche3.

Un autre sentiment pénible qu'il avoue, c'est l'irritation que lui causaient les critiques superficielles dirigées contre ses ouvrages4.

11 s'en vengeait cruellement! De sa propre main, il écrivait une épigramme acérée sur une page quelconque de l'un de ces in-quartos intimes, dont nous indiquions tout à l'heure l'emploi. Puis, il l'y laissait dormir. Sa rancune était assouvie. Et même, quand l'épigramme était trop vive, il la biffait soigneusement et la rendait presque indéchiffrable5.

En parlant de lui, le père Castel pouvait bien dire qu'il n'avait jamais connu de plus belle âme6!

Ne s'est -elle pas révélée, avec toute sa noblesse, dans ce précepte touchant et vraiment évangélique : « Il faut

1. Œuvres complètes de Montesquieu (Paris, Garnier frères, 1875- 1879), tome VII, page 24.

2. Les Registres de l'Académie française (Paris, F. Didot, 1895), tome II, page 445.

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