IIe volume Geographica, page
2 . Voyez Lettres édifiantes, 2e volume Geographica, p . 3 3 2 v°.
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stupide par la crainte avant de l'être devenu par les plaisirs. Or, si cet état est affreux, que dirons-nous de l'aveuglement de ceux qui travaillent sans cesse à se le procurer, et qui prennent tant de peine pour 5 sortir d'une situation dans laquelle ils sont les plus heureux de tous les princes, pour devenir les plus misérables. »
275* (1734. III, f° 5i). — Lorsque la conquête est médiocre, l'État peut rester ou devenir monarchi-
10 que. Il faut que le conquérant cherche à maintenir sa conquête par des forteresses.
Les forteresses, comme nous l'avons dit, appartiennent plus au gouvernement monarchique, parce qu'elles sont opposées au gouvernement militaire.
i5 De plus, elles supposent une grande confiance dans les Grands, puisqu'on leur donne un si grand dépôt. Elles supposent même une plus grande confiance dans le Peuple, puisque le Prince a moins à craindre.
20 Quand je parle ainsi des forteresses, je ne parle pas d'un petit tyran qui, maître d'une ville, y bâtit une forteresse, qui le rend plus cruel encore. Il est lui-même son gouverneur. Le gouverneur despotique et militaire se trouve également et dans le petit
25 prince d'une ville, et dans le maître d'un vaste empire.
Vitiza, roi des Goths, démolit toutes les forteresses d'Espagne; Gilimer, roi des Vandales, détruisit toutes celles d'Afrique. Aussi ces deux états
3o furent-ils conquis, pour ainsi dire, en un jour. Au
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lieu d'affoiblir les peuples vaincus, ils avoient affaibli l'empire.
Je crois que ce qui fit prendre aux Goths et aux Vandales ce mauvais parti, c'est que, sortant d'un pays où l'on ne connoissoit point les forteresses, ils 5 regardèrent celles qu'ils trouvèrent dans leurs conquêtes comme des moyens d'échapper à leur violence, non comme des moyens propres à arrêter les étrangers.
276* (1902. III, f° i*36). — Conquêtes. — Les con- 10 quêtes ôtent naturellement la faculté de conquérir. Je regarde un conquérant comme un jeune homme ardent dans un sérail, qui fait tous les jours de nouvelles acquisitions aux dépens des premières, jusqu'à ce qu'elles lui deviennent toutes inutiles. i5
277* (173 1. III, f° 5o). — On a loué la valeur qu'Alexandre fit paroître dans sa conquête des Indes. Je voudrois plutôt qu'on louât sa conduite : comment il enchaîna les Indes avec la Perse, avec la Grèce; comment il poursuivit les meur- 20 triers de Darius jusque dans la Bactriane et les Indes mêmes; comment il eut l'adresse de commencer par soumettre le pays qui étoit au nord des Indes, et de revenir, pour ainsi dire, par les Indes; comment il descendit le long des fleuves 25 pour n'être point arrêté à leur passage; comment il songea à faire communiquer ses conquêtes avec ses conquêtes.
Ce projet du commerce des Indes qu'Alexandre
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avoit fait faire par Babylone et le Sein Persique, les Ptolomées le firent sur la Mer Rouge, comme tout le monde sait.
278* (1708. III, f°42). — Romains. — Examinez les 5 Romains dans les temps où on leur donnoit des couronnes d'herbe, et dans ceux où ils recevoient des couronnes d'or. C'est encore une expérience de toute l'histoire que les récompenses qui ont fait faire de plus grandes choses sont celles qui réelleio ment étoient de plus vil prix1.
279* (1740. III, f° 55). — Du superbe Ouvrage des Romains. — Si l'on pouvoit douter des malheurs qu'une grande conquête apporte après soi, il n'y auroit qu'à lire l'histoire des Romains.
i5 Les Romains ont tiré le Monde de l'état le plus florissant où il peut (sic) être; ils ont détruit les plus beaux établissements, pour en former un seul, qui ne pouvoit se soutenir; ils ont éteint la liberté de l'Univers et abusé ensuite de la leur, affoibli le
20 Monde entier, comme usurpateurs et comme dépouillés, comme tyrans et comme esclaves.
280*(i79O. III, f° 74). — Strabon dit que la plupart des institutions des Cretois ne subsistent plus, cum, ut in reliquis fit provinciis, pleraque romanis con- 25 stitutionibus gubernentitr2.
Je sais bien mauvais gré aux Romains d'avoir