Histoire de Procopc, Pièces diverses, page
5. Platon, Des Loix, page 40, et S41 de l'auteur, et (de l'extrait) 177.
360* (1 791. III, f° 74). — Plutarque (Vie de Dion) : Le vieux Denys épousa deux femmes en même temps : l'une, locrienne, et l'autre, syracusienne. De la Locrienne, il eut trois enfants; et, de la Syra- 5 cusienne, quatre : deux garçons et deux filles. Le fils de celle-ci épousa sa sœur.
Ce n'étoit donc pas les Athéniens seuls qui épousassent deux femmes, et chez qui les frères épousassent leurs soeurs.
10 361* (1895. III, f° i3o v°). — Dêcemvirs. — Zonare dit : « Decemviros pauca qnœdam in hasce tabulas sua auctoritate adscripsisse, non ad concordiam, sed majores dissensiones pertinentia. »
Aussi, dans cette table y défend-on le mariage
i5 entre Plébéiens et Patriciens. L'auteur (sic) traite Zonare d'ignorant à cet égard et cite le passage de Tacite : « Finis XII Tabularum juris cequi. »
Nota encore qu'il pourroit être que Zonare avoit des preuves de cela, qui ne nous restent plus; de
20 plus, le passage de Tacite n'est point contradictoire avec ce que dit Zonare.
362* (1840. III, fo io3). — Tacite, De Moribus Germanorum : « Sororum filiis idem apud avunculum qui apud patrem honos. > 23 Cela marque un peuple qui n'est pas corrompu. Chez les premiers Romains, les cousins germains se regardoient comme frères; ce qui venoit de ce que les enfants restoient dans la maison et s'y marioient. La corruption fait que les intérêts devien-
nent plus particuliers et rend l'amour de la famille moindre.
Tacite continue : « Quelques uns même regardent ce nœud [comme] plus saint. Hœredes tamen succèssoresque sut cuique liberi, et mdlum testamentum. » 5
Là où il y a moins de luxe et plus de pauvreté, les familles s'aiment davantage, et les parents éloignés sont plus unis que dans les monarchies, où chacun veut vivre pour soi et ne chercher que les commodités de la vie. 10
363* (1792. III, f°74v°). — A la Chine, où le principe fondamental est l'amour des pères, les loix engagent à peupler. Aussi le père Du Halde dit -il (tome II, page 1 19, Histoire de la Chine) : « Un père est sans honneur s'il ne marie pas ses enfants; un 15 fils manque au devoir de fils s'il n'a pas de postérité. » Mais la police permet aux pères de vendre et d'exposer leurs enfants, et c'est une chose que la nécessité a exigée pour réparer l'effet trop étendu de cette morale et de ces loix. 20
364* (1942. III, f° 157). — Seroit-ce une pensée trop hardie de dire que cette bénédiction particulière par laquelle Dieu multiplia la race des Patriarches tenoit aux idées que leur donnoit la vie pastorale. La Terre étoit ouverte à tous, et, quand le nombre 25 des enfants croissoit, on leur donnoit une certaine partie de bétail, ce qui augmentait la famille, sans la surcharger; et, chaque famille formant un petit empire, l'augmentation de la famille faisoit la
sûreté de la famille. Ne pourroit-on pas dire que Dieu, voulant bénir le peuple israélite, plaça ses récompenses sur une chose que les Israélites croyoient être et sentoient être leur bonheur ? Sans 5 doute que Dieu nous a manifesté de plus grands desseins et une plus grande économie. Mais ne pourroit-on pas admirer sa sagesse là-même où l'on semble considérer les choses d'une manière humaine ? Le grand nombre d'enfants étoit chez les
10 Israélites le signe d'une bénédiction particulière de Dieu. Il n'est aujourd'hui que le signe d'une bénédiction générale. Dieu attribuoit une bénédiction particulière à une chose qui étoit liée chez les Israélites à l'idée de leur sûreté. Aujourd'hui, il n'at-
i5 tribue pas une bénédiction particulière à une chose
qui est si souvent liée aux idées de notre orgueil.
J'ajouterai que cette bénédiction particulière con-
venoit encore à un peuple choisi pour être séparé
de tous les autres; qui, quand il seroit établi, devoit
20 se maintenir par sa grandeur, et, quand il seroit dispersé, avoit à rendre à jamais un grand témoignage.
365* (1817. III, f°88). — Propagation de l'Espèce. — Éiien cite une loi des Thébains, qua capitis
25 poena sancitur civi infantem exponenti aut in soliiadinem abjicienti, et, si un homme étoit si pauvre qu'il ne pût nourrir son enfant, il devoit, dès qu'il étoit né, le porter aux magistrats, qui le donnoient à nourrir à un homme qui en devenoit le maître.
3o Cette loi a été établie en Ecosse.
l8o MONTESQUIEU
366* (1747. III, f° 60 v°). — Nombre des Habitants. — Cinquante millions d'habitants pourroient vivre sans peine dans le royaume de France1.
La terre donne toujours à proportion de ce qu'on en exige. La fécondité des lieux qui sont dans le voisinage des villes nous doit faire juger de ce qu'on pourroit espérer des autres. Les troupeaux s'augmentent avec le peuple qui en prend soin.
Le bled de l'Afrique n'est point aux Africains; celui du Nord n'est point aux peuples du Septentrion : il est à tous ceux qui veulent le changer avec le produit de leurs arts.
Plus vous aurez d'ouvriers en France, plus vous ferez de laboureurs en Barbarie. Mais un laboureur nourrira dix ouvriers.
La mer est inépuisable en poissons; on ne manque que de pêcheurs, que de flottes, que de négociants.
Si les forêts s'épuisent, ouvrez la terre, et vous aurez des matières combustibles.
Que de philosophes et de voyageurs ont fait des découvertes devenues inutiles, parce que, dans la situation présente, l'industrie ordinaire suffit pour les besoins.
Les philosophes n'ont pas trouvé ces choses pour nous; elles ne seront bonnes que lorsqu'il y aura sur la Terre un grand peuple.
Pourquoi envoyez-vous dans le Nouveau-Monde tuer des bœufs, seulement pour avoir la peau?