‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 102 sur 263 · I. Voir si M. l'abbé de Mongaut a fait cette réflexion · texte numérisé non relu

I. Voir si M. l'abbé de Mongaut a fait cette réflexion

saurait être chrétien sans renoncer au Paganisme, au lieu qu'on peut être payen sans renoncer au Christianisme : le Paganisme adoptant toutes les sectes, même les intolérantes. C'est pour cela que 5 le changement de Constantin ne fit pas de révolution dans l'Empire.

Du temps de Constantin, [de] ses enfants et de Julien même, le Christianisme étoit très peu étendu. Le Paganisme florissoit comme avant sous Gons-

10 tantin, et il ne fut détruit que sous Théodose.

Il y a apparence que Julien, à son retour de Perse, auroit été fatal au Christianisme; mais sa mort, fortifiée du préjugé de punition divine, fut un coup très favorable, parce qu'il frappa les esprits chan-

i5 celants.

On ne sauroit assez admirer la modération de cet empereur sur les discours séditieux que le clergé chrétien tenoit contre lui, même en sa présence, et jamais on n'a porté le crime de lèse -majesté plus

30 loin que l'on fit contre lui.

1551 (699. 1, p. 477). — La raison qui fit établir aux Goths, qui envahirent l'Empire romain le gouvernement républicain, c'est qu'ils n'en (sic) connoissoient point d'idée d'un autre, et, si, par hasard, un 2 5 prince s'étoit avisé, dans ces temps-là, de parler d'autorité sans bornes et de puissance despotique, il auroit fait rire toute son armée, et on l'auroit regardé comme un insensé.

1552* (i 5 12. II, P* 229). — Sur Justinien. — Si César

avoit exécuté son dessein de compiler les livres des anciens jurisconsultes, il Faurôit bien mieux fait que Justinien, qui n'étoit pas assez ferme.

1553* (966. II, f» 23 v^). — On pourroit croire que Dieu qui aime les hommes, * et qui ne s'embarrasse 3 pas si sa religion est, quant au pouvoir (?) extérieur, dans la gloire ou dans l'humiliation, parce que, dans Tun et l'autre cas, elle est également propre à faire son effet naturel, qui est de sanctifier; on pourroit croire (dis-je) que Dieu, par amour pour la 10 Nature humaine*, souffrit pour lors l'affreuse inondation des Mahométans dans TEmpire, afin de la délivrer de tant de tributs, impôts et maltôtes qui s'y faisoient.

Les hommes furent étonnés de se voir sous un i3 gouvernement où ils ne virent ni avarice, ni rapines; où, au lieu de cette suite continuelle de vexations que l'avidité subtile des Empereurs avoit imaginée, [ilsj ne se virent soumis qu'à un tribut simple, payé aisément, reçu de même : ce qui fut sans doute la 20 cause de la facilité qu'ils (sic) trouvèrent dans leurs conquêtes.

4554 (il 56. II, fo 80 v°). — Jai lu, dans Pithou, le Sextus Rufus, qui est un abrégé de l'histoire romaine fait en faveur de Valentinien. Tout se réduit à un aS détail de la manière dont chaque pièce qui formoit l'Empire romain y a été attachée, et est en cela curieux.

VIIL ITALIE.

1555(522. 1, p. 422). — Le bonheur des Papes fut que le Royaume d'Italie fût joint avec l'Empire, et que les Empereurs allèrent habiter dans le Royaume de Germanie. Ainsi les Empereurs étant Allemands, 3 les Papes eurent occasion de prendre la défense de l'Italie contre l'invasion des Allemands'.

1556(441. I, p. 388). — Il me paroît que ce qui fit

que Rome se peupla dans un quartier qui ne l'étoit

point autrefois, c'est qu'au retour des Papes à (sic)

10 Avignon, ils allèrent loger au Vatican, et non au

Palais de Latran.

1557 (618. I, f* 460 v«>). — Jamais les portes de l'Enfer ne s'ouvrirent davantage que lorsqu'on vit le plus méchant des hommes sur la chaire de saint i5 Pierre; chose qu'il faut moins attribuer à la perversité de ceux qui l'élurent, qu'à un secret jugement de Dieu sur les fidèles (Alexandre VI).

1558* (179. I, p. i63). — Sixte -Quint, dans cinq ans de pontificat, par son bon gouvernement, par 20 l'austérité des mœurs qu'il établit, par la destruction des bandits, par la protection continuelle donnée aux loix, se vit en état de faire des ouvrages

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