‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 138 sur 263 · I. *Mis dans mes Pensées morales · texte numérisé non relu

I. *Mis dans mes Pensées morales

1803 (784. 1, p. 509). — Les nations libres sont des nations policées. Celles qui vivent dans la servitude sont des nations polies.

1804(370. 1, p. 358). — On ne peut appeler libre un État aristocratique. 3

1805 (75 1 . 1, p. 494). — Liberté. — Il faut s'ôter de ridée ces mots de trône (?) et de sénat ou d*états: ce n'est pas ce qui caractérise la liberté. Il y a dans les monarchies des points et des moments de liberté.

Personne libre en Turquie, pas même le Prince! 10

A Venise, les sénateurs libres politiquement, et non pas civilement.

L'aristocratie de Gênes égale à celle de l'armée d'Alger.

La Hollande n'est plus libre depuis qu'elle n'a i3 plus de stathouder.

En Hollande, les magistrats sont libres. En Angleterre, ils sont esclaves comme magistrats, et libres comme citoyens.

C'est le mal lorsqu'un magistrat est libre comme 20 magistrat, et cela arrive toujours s'il n'y a quelque puissance réglante et tempérante.

En Angleterre, celui à qui on fait son procès, et qui sera pendu le lendemain, est plus libre qu'aucun citoyen du reste de l'Europe. 25

En Espagne, le Clergé libre; le peuple dans un étrange esclavage.

Toute république trop petite ne peut pas être appelée libre : libertas non sua vi nixa.

A Rome, liberté des ecclésiastiques et des étrangers; gouvernement doux, quoique défectueux.

1806 (940. II, f^ 18). — Personne n'est libre en Turquie, pas même le Sultan.

5 Dans les États absolus où il y a de la noblesse, l'esclavage descend en croissant insensiblement, depuis le Prince jusqu'au dernier des sujets.

Dans ceux où il n'y a point de noblesse, l'esclavage monte en croissant insensiblement, passant 10 par tous les rangs, depuis le plus misérable sujet jusqu'au Sultan.

L'aristocratie de Gênes est comme celle de l'armée d'Alger.

La Hollande est devenue moins libre depuis qu'elle i5 n'a point de stathouder.

En Angleterre, les magistrats sont esclaves comme magistrats, et libres comme citoyens.

Dans un gouvernement bien constitué, celui à qui on fait son procès, et qui sera pendu le lendemain^ 20 est plus libre qu'un bon citoyen n'est dans un mauvais gouvernement'.

Le gouvernement de l'Espagne et du Portugal est la liberté du Clergé et un étrange esclavage du Peuple.

25 Toute république trop petite ne peut point être appelée libre : fato potentiœ, non sua vi nixœ.

Pour remédier à cela, les anciennes républiques de Grèce, d'Italie, de Gaule, d'Espagne et de Ger-

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