AUTEURS DU XVV SIÈCLE ET DU XVII
les Mémoires du cardinal de Retz que dans les Cotnntentaires de César,
898 (667. 1, p. 465). — Les Maximes de M. de La Rochefoucauld sont les proverbes des gens d'esprit.
3 899* (65. I, p. 64). — Saint -Evremond parle en françois comme saint Augustin parloit en latin : en les lisant, on se fatigue de voir toujours combattre des mots et de trouver toujours leur esprit enfermé dans les bornes d'une antithèse.
900* (2 181. m, f» 370). — M. Despréaux. — Il n'est plus permis de mal écrire depuis qu'on a connu si bien les sources de l'agréable et du beau ; c'est-à-dire qu'il est très difficile de bien écrire. Dans un grand sérail, il est difficile de plaire. Nous jugeons des
i3 ouvrages d'esprit avec le dégoût des Sultans.
M. Despréaux, dans la préface de sa dernière édition, a dit, lui ou son libraire, le beau mot de François I**" et l'a exprimé ainsi : < Un roi de France ne venge pas les injures d'un duc d'Orléans. > Il
20 faut dire : < Le roi de France ne venge pas les injures du duc d'Orléans. > L'un est une réflexion; l'autre est un sentiment. L'un peut être dit de tout le monde; l'autre nous frappe, parce qu'il ne peut avoir été dit que par le roi de France qui a eu ce
25 sentiment. Il n'en faut point faire une pensée générale. Ce qui frappe d'admiration, c'est lorsque la chose est dite par celui qui la sentoit et la sentoit dans le moment où il l'a dite.
Les deux satires que nous avons sur lès femmes ont été faites par deux pédants ; aussi ne sont-elles pas bonnes: Despréaux et Juvénal. Bon Dieu! si Horace Pavoit faite! Mais le sujet ne vaut rien, et Horace avoit trop d'esprit pour prendre un tel sujet. ^
Mais les beaux génies ont beau faire de mauvais ouvrages, ils sont toujours, par quelque côté, inimitables : témoin l'éloge de Mad^ de Maintenoh dans cette satire sur les femmes de M. Despréaux.
Le jansénisme a fait un furieux tort à la Muse de lo M. Despréaux; il a fait la gloire de Racine : Esther et Athalie. M. Racine a tiré de là des idées sur la grandeur de la Religion et a rempli sa poésie de ses sentiments; M. Despréaux en a tiré des discussions théologiques, sujet étranger et ennemi de la poésie. i3
Les ouvrages immortels de M. Despréaux sont son Lutrin, son Art poétique, son épître (sic) à M. de Valincour, et autres. Ce qui afflige dans les ouvrages de M. Despréaux, c'est un orgueil très peu délicat, qui se montre toujours, et un mauvais naturel, qui 30 se montre encore, une répétition trop fréquente des mêmes traits satiriques; de sorte qu'on voit un cœur également corrompu et un esprit qui ne sert pas assez bien le cœur. Ses imitations des Anciens ont fait croire qu'il avoit plus d'esprit que de génie, et, 23 moi, vu la stérilité de son esprit, je lui trouverois plus de génie que d'esprit. Effectivement, il n'y a presque pas une de ses pièces où l'on ne trouve de l'invention, où l'on ne voit l'homme de génie. Son Lutrin est un poème parfait; il se maintient perpé- 3o tuellement contre la bassesse et la stérilité de son