DE L ODORAT CHEZ LES VEGETAUX
Ce n'est point seulement en vue de la pollinisation par les insectes que les fleurs se parfument. C'est pour se donner un plaisir mutuel au moment des amours, se reconnaître même dans l'éloig-nement. Nul doute que, dans la tiède nuit de juin, ces mêmes Ijs qui savent exhaler tant d'arôme ne sachent aussi l'aspirer par leurs narines méconnues. Et c'est bien le lang^ag-e des fleurs. (( Je faime^ » est la réponse et la question de cet effluve qui est transporté sur ce Ijs, par ce Ijs, aussi bien que serait une réponse, à
NOTES Ol
un homme, l'émotion provoquée par la senteur d'amande fraîche qui tremble autour des bras d'une femme. Oui, ce parfum qui émane des nectaires floraux est une expression de sympathie. Que, mêlé au pollen, ce parfum soit véhiculé par l'abeille, ou par le vent, ou par la pesanteur, il parLicipe aux joies de la fécondation par une vertu purement olfactive. Et ce lang-oureux arôme qui, depuis la veille, se traînait de Ivs à lys comme une promesse, n'était que le prélude de r?.raoi!r.
82 PENSÉE DES JAUDINS