Pensées 1819-1826
Un Correspondant inconnu de La Mennais. Lettres inédites de La Mennais à M"" Clément. 1 broch. in-8. A. Colin, {épuisé).
La Clef de Volupté. {La Mennais et Sainte-Beuve). 1 vol. in-8°, Paris, Savaète, Prix 1 fr. 50
La Mennais et Victor Hugo, 1 vol. in-S", Paris, Savaète.
Prix 2 fr.
La Mennais et Lamartine. — 1 vol. in-16. Paris, Bloud.
Prix : 3 fr . 50 ; franco 4 fr.
Le véritable Voyage en Orient de Lamartine, d'après les manuscrits originaux de la Bibliothèque Nationale {Documents inédits). 1 vol. in-8°. Paris, Bloud. Prix : 7 fr. 50 ; franco 8 fr.
{Ouvrages couronnés par l' Académie française. Prix Marcelin Guérin, 1908).
Josselin inédit, de Lamartine, d'après les manuscrits originaux. 1 vol. in-8*, Paris, Bloud. Prix 10 fr.
En préparation :
La Mennais et le Christianisme social.
Les deux groupes de Pensées de LaMennais que l'on réunit aujourd'hui ont paru pour la première fois, l'un à la suite des Premier s Mélanges (1819) (1), l'autre à la suite des Nouveaux Mélanges (1826) (2). Ils appartiennent donc à la période tout à fait orthodoxe de l'existence du célèbre écrivain. Le lecteur n'aura pas de peine à reconnaître quelle différence très apparente distingue, dans l'ensemble, les deux parties de la présente publication : résultats et, si j'ose dire, déchets des travaux considérables auxquels se livrait leur auteur, elles reflètent les préoccupatoins diverses qui l'animaient à ces deux époques de sa vie, voisines, mais non pas semblables. L'un de ces groupes, contemporain de la rédaction du premier volume de Y Essai sur l'Indifférence et, sans doute aussi, de la préparation du second, est dominé par lapréoc-
(1) Réflexions sur L'état de L'Eglise en France pendant le xvni* siècle et sur sa situation actuelle, suivies de Mélanges religieux et philosophiques. 1 vol. in-8, à Paris, chez Tournachon Molin et II. Seguin, libraires, 1810, p. 538-575.
(2) Nouveaux Mélanges, par M. l'abbé F. La Mennais, 1 vol. in-8, Paris, à la librairie classique élémentaire, 8, rue du Paon, 1826, p. 538-579.
J'ai dû, à mon grand regret, pour ne pas dépasser le cadre de ce petit volume, supprimer un certain nombre de pensées.
cupation philosophique et morale ; l'autre, écrit vers le temps où l'élaboration du livre de la Religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et civil orientait toutes les réflexions de La Mennais dans le sens politicoreligieux, porte, avec un caractère plus belliqueux et plus hardi, la marque du pamphlétaire.
Tous deux nous révèlent un La Mennais moraliste digne de tenir un rang honorable à côté des plus grands. La concision énergique, la violence contenue et passionnée qui ramasse la phrase comme un lutteur ses forces, et la détend brusquement pour asséner le coup, le trait brillant, le mordant, sont les qualités ordinaires de son style. Il possède au plus haut degré le pouvoir suggestif, si rare même chez les meilleurs écrivains. Mais surtout, avec quelle belle aisance et quelle sécurité il manie ces armes du moraliste ! Ici, c'est l'antithèse sobre, frappante, et qui grave l'idée.
La flatterie est la politesse du mépris.
La science ne sert guère qu'à nous donner une idée de V étendue de notre ignorance.
Voulez-vous maintenant un modèle de cette ironie amère, d'une si hautaine et si méprisante insolence, qui lui valut tant d'ennemis? Ecoutez ceci :
On a tort de crier contre le siècle ; il fait ce qu'il peut. Né pauvre, il travaille à acquérir le nécessaire : religion, gouvernement, lois, mœurs. Cela est honorable ; seulement il ne faudrait peut-être pas être si fier.
Quelquefois, une formule concise ouvre à la méditation des horizons illimités :
La vie est une sorte de mystère triste dont la foi seule a le secret.
La richesse du contenu n'est pas indigne de l'expression. On peut assurer le lecteur que ces Pensées l'achemineront à des réflexions qui ne le détourneront point des plus sérieuses et passionnantes préoccupations clu temps présent. Dans la doctrine comme dans les faits, La Mennais a tout pressenti : son œuvre est un monde où palpitent et s'éveillent, pêle-mêle et s'ignorant parfois elles-mêmes, les pensées bonnes ou mauvaises dont nous vivons ou qui nous déchirent. Il n'est pas jusqu'à la psychologie religieuse et même la sociologie qui n'aient des racines dans ce petit livre. On aimerait que le lecteur les y découvrît lui-même ; et l'on se plaît à penser qu'après avoir voyagé à travers ce monde d'idées, s'il lui est arrivé d'y prendre quelque peine, il s'en trouvera largement payé.
in 2010 with funding from
University of Ottawa
http://www.archive.org/details/penses1819182600lame