‹ Pensées (volume 2)Chapitre 159 sur 306 · Assieds-toi à ma droite. » (Ps · texte numérisé non relu

Assieds-toi à ma droite. » (Ps

IIO.)

4. Les biens de la terre ont été réellement promis aux Juifs, disait ailleurs Pascal (15, 3); ils marquent simplement, semble-t-il dire ici, les dispositions de Dieu à l'égard de son peuple.

5 . On ne s'attendait pas à rencontrer, parmi les épines de cette théologie, une théorie de la métaphore analogue à la célèbre définition d'Aristote : Toute métaphore est une proportion et peut se ramener à deux rapports égaux, comme quand on dit :

La vieillesse est" à la vie ce que le soir est au jour. (Poet. 21.)

6. Sur la colère de Dieu, v. Is., 5, 25 ; sur sa jalousie, Ex., 20, 5 ; sur la puissance de son bras, Ps. 147, 13 :

« Sion, loue ton Dieu, car il affermit les barres de tes portes. »

7. D'après les rabbins, le mem fermé qui vaut 600, et qui remplace le mem ouvert dans le fameux texte d'Isaïe : « Un enfant nous est né »•, veut dire que le Messie naîtra au bout de 600 ans. (Tiré par Pascal du Pugiofidei de R. Martin écrit en 1278 et imprimé en 1651.)

8. Deux lettres hébraïques qui ont aussi leur valeur numérale.

13. Tout ce qui ne va* point à la charité* est figure. L'unique objet de l'Écriture est la charité. Tout ce qui ne va point

à l'unique but en est la figure : car, puisqu'il n'y a qu'un but, tout ■ce qui n'v va point en mots propres est figuré.

Dieu diversifie ainsi cet unique précepte de charité pour satisfaire notre curiosité, (qui recherche la diversité,) par cette diversité qui nous mène toujours à notre unique nécessaire. Car une seule chose €st nécessaire, et nous aimons la diversité; et Dieu satisfait à l'un et à l'autre' par ces diversités, qui mènent au seul nécessaire.

13 iis. Changer de figure, à cause de notre faiblesse.

14. Les rabbins prennent pour figure les mamelles de l'Épouse, et tout ce qui n'exprime pas l'unique but qu'ils ont, des biens temporels^. Et les chrétiens prennent même l'Eucharistie pour figure de la gloire où ils tendent î.

15. Il y en a qui voient bien qu'il n'y a pas d'autre ennemi de l'homme que la concupiscence, qui le détourne de Dieu, et non pas Dieu; ni d'autre bien que Dieu, et non pas une terre grasse*. Ceux qui croient que le bien de l'homme est en la chair, et le mal en ce qui le détourne des plaisirs des sens, qu'il s'en soûle et qu'il y meure 5. Mais ceux qui cherchent Dieu de tout leur cœur, qui n'ont de déplaisir que d'être privés de sa vue, qui n'ont de désir que pour le posséder et d'ennemis que ceux qui les en détournent, qui s'afHigent de se voir environnés et dominés de tels ennemis ; qu'ils se consolent, je leur annonce une heureuse nouvelle : il y a un libérateur pour eux, je le >eur ferai voir; je leur montrerai qu'il y a un Dieu pour eux ; je ne le ferai pas voir aux autres. Je ferai voir qu'un Messie a été promis, qui délivrerait des ennemis, et qu'il en est venu un pour délivrer des iniquités, mais non des ennemis".

1 . Ent. : Dieu satisfait à la nécessité €t à notre besoin de diversité par la révélation de l'unique nécessaire (Luc, X, 42) et la multiplicité des figures qui l'expriment. (Cf. 6, 46.)

2. Suppl. : à plus forte raison les chrétiens ont-ils le droit de prendre l'Écriture au sens figuré.

3. C'est la doctrine très solide du cardinal du Perron, telle que l'a développée Pascal dans la XVI' Provinciale : « L'Eucharistie est parfaitement proportionnée à notre état de foi, parce qu'elle enferme véritablement ]■-€.., mais voilé de sorte que cet état serait détruit, si J.-C. n'était pas réellement sous les espèces du pain et du vm, comme le prétendent les héré-

tiques; et il serait détruit encore si nous le recevions à découvert comme dans le ciel, puisque ce serait confondre notre état ou avec celui du judaïsme ou avec celui de la gloire. »

4. Tandis que les impies voient en Dieu leur ennemi et s'attachent à la concupiscence.

5 . Soudaine explosion d'éloquence au milieu du raisonnement le plus serré : impossible au logicien doublé d'un apôtre de voir accueillir avec indifférence la bonne nouvelle sans laisser éclater son émotion.

6. D'où il faut conclure que nous n'avons d'autres ennemis que nos iniquités.

16. Figures. Quand David prédit que le Messie délivrera son peuple de ses ennemis, on peut croire charnellement que ce sera des Égyptiens ; et alors je ne saurais montrer que la prophétie soit accomplie. Mais on peut bien croire aussi ' que ce sera des iniquités : car, dans la vérité, les Égyptiens ne sont pas ennemis, mais les iniquités le sont. Ce mot d'ennemis est donc équivoque.

Mais s'il dit ailleurs, comme il fait, qu'il délivrera son peuple de ses péchés, aussi bien qu'Isaïe et les autres^, l'équivoque est ôtée, et le sens double des ennemis réduits au sens simple d'iniquités; car, s'il avait dans l'esprit les péchés, il les pouvait bien dénoter par ennemis, mais s'il pensait aux ennemis, il ne les pouvait pas désigner par iniquités.

Or, Moïse, et David, et Isaïe usaient des mêmes termes. Qui dira donc qu'ils n'avaient pas même sens, et que le sens de David, qui est manifestement d'iniquités lorsqu'il parlait d'ennemis, ne fût pas le même que celui de Moïse en parlant d'ennemis?

Daniel, ix, prie pour la délivrance du peuple de la captivité de leurs ennemis; mais il pensait aux péchés : et, pour le montrer, il dit que Gabriel lui vint dire qu'il était exaucé et qu'il n'y avait plus que soixante-dix semaines à attendre ; après quoi le peuple serait délivré d'iniquité, le péché prendrait fin; et le Libérateur, le saint des saints, amènerait la justice éternelle, non la légale, mais l'éternelle 3.

16 bis. Dès qu'une fois on a ouvert ce secret, il est impossible de ne pas le voir+. Qu'on lise le vieil Testament en cette vue, et qu'on voie si les sacrifices étaient vrais', si la parenté d'Abraham était la vraie cause de l'amitié de Dieu^, si la terre promise était le véritable lieu de repos. Non. Donc c'étaient des figures. Qu'on voie de même toutes les cérémonies ordonnées, tous les commandements qui ne sont pas pour la charité, on verra que c'en sont les figures.

16 ter. Tous ces sacrifices et cérémonies étaient donc figures ou sottises. Or il y a des choses claires trop hautes, pour les estimer des sottises 7.

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