‹ Pensées (volume 2)Chapitre 238 sur 306 · Ne nie'touche pas », dit Jésus · texte numérisé non relu

Ne nie'touche pas », dit Jésus

à Marie-Madeleine près du sépulcre.

{Joan., XX, 17.) « Avance ta main, et mets-la dans mon coté », dit-il dans le cénacle à l'apôtre incrédule. (Joaii., XXIX, 27.)

6. Le rapport étroit qui unissait dans la pensée des premiers chrétiens la Résurrection à l'Eucharistie n'a pas échappé, on le voit, à l'esprit pénétrant de Pascal.

7. « Quand tu te seras retourné vers moi, raffermis tes frères... Jésus s'étant retourné vers Pierre, le regarda. » (Luc, XXII, 32, 61.) Pascal en conclut qu'en cette circonstance la grâce a prévenu saint Pierre.

Saint Pierre demande permission de frapper Malchus, et frappe devant que d'ouïr la réponse; et Jésus-Christ répond après '.

11. Jésus-Christ n'a pas voulu être tué sans les formes de la justice; car il est bien plus ignominieux de mourir par justice que par une sédition injuste,

12. La fausse justice de Pilate ne sert qu'à faire souffrir Jésus-Christ; car il le foit fouetter pour sa fausse justice, et puis le tue. Il vaudrait mieux l'avoir tué d'abord. Ainsi les faux justes ^. Ils font de bonnes œuvres et de méchantes pour plaire au monde, et montrer qu'ils ne sont pas tout à fait à Jésus- Christ; car ils en ont honte. Et enfin, dans les grandes tentations et occasions, ils le tuent 3.

1. Ici au coiuraire, entend Pascal, s.iint Pierre n'a pas eu ce que les îlicoîogiens nomment la grâce prévenante.

2. Rien n'est plus vif chez Pascal que le sentiment du péché : il a plus que personne la conscience aiguë de ce grand fait intérieur que le mal est meurtrier de Dieu.

3. Certains sermons de Bossuet ont avec la méditation de Pascal ce rapport particulier qu'ils ne se terminent par aucun mouvement pathé-

tique, comme on serait tenté de s'y attendre. La préoccupation de conclure par un trait saillant eût paru bien humaine à ces austères disciples de l'Evangile. — On a rattaché au Mystère de Jésus, dans certaines éditions, un Abrégé de la rie de J.-C, qui se trouve parmi les papiers de Pascal. Cet écrit, comme l'a reconnu récemment M. Michaut, n'est qu'un libre résumé de deux ouvrages de Jansénius : Séries Vite? J.-C. et Titrateuchus, sire coinmcntarii in quatuor sancia Eiangelia.

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