‹ Pensées (volume 2)Chapitre 251 sur 306 · Cf. Lamartine, dans l'Isolement {Médit., I · texte numérisé non relu

Cf. Lamartine, dans l'Isolement {Médit., I

Là je m'enivrerais à la source où j'aspire. Là je retrouverais et la vie et l'amour, Et ce bien idéal que toute âme Jésire, Ht qui n'a pas de nom au terrestre séjour.

aidée des luirières de la grâce, lui fait connaître qu'il n'y a rien de plus aimable que Dieu, et qu'il ne peut être ôté qu'à ceux qui le rejettent, puisque c'est le posséder que de le désirer', et que le refuser c'est le perdre. Ainsi elle se réjouit d'avoir trouvé un bien qui ne peut pas lui être ravi tant qu'elle le désirera, et qui n'a rien au-dessus de soi.

Et, dans ces réflexions nouvelles, elle entre dans la vue <Jes grandeurs de son créateur, et dans des humiliations et ■des adorations profondes. Elle s'anéantit en conséquence, et ne pouvant former d'elle-même une idée assez basse, ni en •concevoir une assez relevée de ce bien souverain, elle fait de nouveaux efforts pour se rabaisser jusqu'aux derniers abîmes du néant, en considérant Dieu dans des immensités qu'elle multiplie sans cesse. Enfin, dans cette conception, qui épuise ses forces, elle l'adore en silence, elle se considère comme sa vile et inutile créature, et par ses respects réitérés l'adore •et le bénit, et voudrait à jamais le bénir et l'adorer. Ensuite •elle reconnaît la grâce qu'il lui a faite, de manifester son infinie majesté à un si chétif vermisseau; et après une ferme résolution d'en être éternellement reconnaissante, elle entre •en confusion d'avoir préféré tant de vanités à ce divin maître ; et, dans un esprit de componction et de pénitence, elle a recours à sa pitié pour arrêter sa colère, dont l'effet lui paraît

épouvantable. Dans la vue de ces immensités

Elle fait d'ardentes prières à Dieu pour obtenir de sa miséricorde que, comme il lui a plu de se découvrir à elle, il lui plaise de la conduire â lui, et lui faire connaître les moyens ■d'y arriver. Car, comme c'est à Dieu qu'elle aspire, elle aspire encore à n'y arriver que par des moyens qui viennent de Dieu même, parce qu'elle veut qu'il soit lui-même son chemin, son objet et sa dernière fin

Ensuite de ces prières, elle commence d'agir, et cherche

entre ceux ^

Elle commence à connaître Dieu, et désire d'y arriver; mais, comme elle ignore les moyens d'y parvenir, si son désir est sincère et véritable, elle fait la même chose qu'une personne qui, désirant arriver en quelque lieu, ayant perdu le chemin,

I. « Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais trouvé. » {Mysi. de Jésus, 2.)

2. Suppl. : qui peuvent la conduire, le directeur le plus éclairé.

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