‹ Pensées (volume 2)Chapitre 27 sur 306 · Titre porté par l'empereur des Turcs ou Sultan · texte numérisé non relu

Titre porté par l'empereur des Turcs ou Sultan

ronné, dans son superbe sérail, de quarante mille janissaires.

S'ils I avaient la véritable justice, et si les médecins avaient le vrai art de guérir, ils n'auraient que faire de bonnets carrés : la majesté de ces sciences serait assez vénérable d'elle-même. Mais n'ayant que des sciences imaginaires, il faut qu'ils prennent ces vains instruments, qui frappent l'imagination, à laquelle ils ont affaire; et par là, en effet, ils s'attirent le respect.

Nous ne pouvons pas seulement voir un avocat en soutane et le bonnet en tête, sans une opinion avantageuse de sa suffisance*.

L'imagination dispose de tout ; elle fait la beauté, la justice, et le bonheur, qui est le tout du monde. Je voudrais de bon cœur voir le livre italien, dont je ne connais que le titre, qui vaut lui seul bien des livres : Delîa opinione regina del mondo *. J'y souscris sans le connaître, sauf le mal, s'il y en a.

Voilà à peu prés les effets de cette faculté trompeuse qui semble nous être donnée exprés pour nous induire à une erreur nécessaire. Nous en 5 avons bien d'autres principes. -* — Les impressions anciennes ne sont pas seules capables de nous abuser : les charmes de la nouveauté ont le même pouvoirs. De là viennent toutes les disputes des hommes, qui se reprochent ou de suivre leurs fausses --impressions de l'enfance, ou de courir témérairement après les nouvelles. Qui tient le juste milieu ? Qu'il paraisse, et qu'il le prouve >. Il n'y a principe, quelque naturel qu'il puisse être, même depuis l'enfance 6, qu'on ne fasse passer pour une fausse impression, soit de l'instruction, soit des sens. Parce, dit-on, que vous avez cru dés l'enfance qu'un coffre était vide lorsque vous n'y voyez rien, vous avez cru le vide possible ; c'est une illusion de vos sens, fortifiée par la coutume, qu'il faut que la science corrige ". Et les autres disent : Parce qu'on vous

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