VU
On ne se soucie pas d'être estimé dans les villes
où ion ne iaitque passer; uiais quand ou duii y demeurer un peu de temps on s en soucie* Com* bien de temps iaut-ii ? Un temps proportionné » aotre durée vaine et chétive.
La nature de lamour-propre et de ce .moi hu-
main?est de n'aimer que soi , et de ne considérer que^soi. Mais que fera-t*il ? 11 fie sauroitempâcher ^ue cet ob'}»t qu il aime ne soit plein de dclauts et de misères : il veut être grandi et il se voit petit :
il veut être heureux, et il se vait misérable : il vent être parfût , et il se Toit plein d'imperfiBO» tions : il veut être lobjet-de 1 amour et de 1 estime des hommes , et il voit que ses défrots ne mériteDt que leur aversion et leur mépris. Cet embarras ou il se trouve produit en lui la plus injuste et la plus criminelle passion qu il soit possible de s i* maginer. Car il conçoit une haine mortelle contrt, cette vérité qui le reprend et qui le conraincde ses défauts. Il désireroit deTanéautir; et ne pou* ▼ant la détruire en elle-même, il la détruit, autant: qu'il peut, dans sa connoissance et dans celle dcâ autres; c*est-à<<dire , qu*il met toute son applicsr tion à couvrir ses défauts , et aux autres , et à soimême , et qu'il ne peut souffrir qu'où les lui fasse voir, ni qu*on Us voie
C'est sans doute un mal que d'être plein de défauts ; mais c'est encore un plus grand mal que d'en être plein , et de ne point vouloir les recoanottre , puisque c*est j ajouter encore celui d^ooe illusion volontaire. Mous ne youlons pas que les autres nous trompent ; nous ne trouvons pas juste qu ils veuillent être estimés de nous plus qu'ils ae méritent : il n'est donc pas juste aussi que nous le^ trompions , et que nous v(mlions qu'ils nous estiment plus que nous ne méritons.
Ainsi , lorsqu'ils ne nous découvrent que des imperfections et des vices que nous avons en efiet» il est visible qu'ils ne n^crs font point de tort, puisque ce ne sont pas eux qui en sont cause ; et qu'ils nous font un bien^ puisqu'ils nous aidcut »