‹ Pensées choisies de Montesquieu tirées du "Commonplace book" de Thomas Jefferson; avec une introductionChapitre 8 sur 10 · L'obligation naturelle qu’a le pere · texte numérisé non relu

L'obligation naturelle qu’a le pere

nourrir ses enfans a fait etablir le mariage, declare celui qui doit remplir cette obligation. L. 25 CAd

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et que, quand il n’y a en point, ils ne peuvent concerner que la mere. — C’est pour cela que, chez les nations qui ont des esclaves, l’enfant suit presque toujours la condition de la mere. c. 3. %

fallu fletrir les enfants qui en etoient nés. Dans Les,

“odieux que dans les monarchies. c. 6.

; Dans les petites republiques, ou institutions singulieres, il peut y avoir des loix qui donnent aux magistrats une inspection sur les mariages des enfans des citoyens, que la nature avoit deja don- “née aux peres. — L'amour du bien publique (sic) -y peut être tel qu'il egale, ou surpasse tout autre “amour, mais dans les institutions ordinaires, c’est — aux peres à marier leurs enfants : leur prudence, à ….cet egard, sera toujours au dessus de toute autre . prudence. GET

Ne En Angleterre, les filles abusent souvent de la loi, pour se marier à leur fantaisie, sans consulter . leurs parents. — Je ne sçais pas si cet usage ne pour- —…roit pas y être plus tolerés (sic) qu'ailleurs, par la 3 raison que les loix n’y ayant point etabli un celi- “bat monastique, les filles n’y ont d’etat à prendre que celui du mariage, et ne peuvent s’y refuser. c. 8. … Les filles, que l’on ne conduit que par le mariage aux plaisirs de la liberté, sont assez portées au — mariage : ce sont les garçons qu'il faut encourager. C0.

—. C'est la facilité de parler, et l'impuissance d’exa- Ë miner, qui ont fait dire que plus les sujets etoient - pauvres, plus les familles etoient nombreuses ; que, plus on etoit chargé d’impots, plus on se mettoit en etat de les payer : deux sophismes qui ont tou- - jours perdu, et qui perdront à jamais les monar- : ques. c. 11.

Les pays de paturages sont peu peuplés, parce que peu de gens y trouvent de l'occupation. — Les terres à bled occupent plus d'hommes, et les vignobles infiniment davantage. — Les pays où les mines de charbon fournissent des matieres propres à bruler ont cet avantage sur les autres, qu’il n’y faut point de forets, et que toutes les terres peuvent être cultivées. — Dans les lieux ou croit le vin, il faut de grands travaux pour menager les eaux. Beau coup de gens y peuvent donc être occupés. c. 14

Lorsqu'il y a un (sic) loi agraire, et que les ter res sont egalement partagées, le pays peut être tres … peuplé, quoiqu'il y ait peu d'arts; parce que chaque citoyen trouve, dans le travail de sa terre, precisement de quoi se nourrir. Maïs dans les etats ou les fonds de terre sont inegalement distribués, di sera (1) plus de fruits que ceux qui les cultivent n’en x peuvent consommer. — Rien ne les engage à travailler l’année d’ensuite. — Les fruits ne seroient. point consommés par les gens oisifs, car les gens. oisifs n’auroient point de quoi les acheter. —IM faut donc que les arts s’etablissent, pour que les fruits soient consommés par les laboureurs et les. artisans. — Ces machines dont l’objet est d’abreger l'art, ne sont pas toujours utiles. — Si un ouvrage est à un prix mediocre, et qui convienne egalement … à celui qui achete, et à l’ouvrier qui l’a fait; les …

(1) Jefferson a considérablement remanié le texte de Montes-… quieu ; il est inutile de dire que cette formule toute anglaise ne se rencontre pas chez l’auteur de l’Espril des lois. 5:

‘machines qui en simplifieroient la manufacture, c'est-à-dire, qui diminueroient le nombre des ouvriers seroient pernicieuses. c. 15. (1).

- Cesar donna des recompenses à ceux qui avoient beaucoup d’enfants; il defendit aux femmes qui avoient moins de quarante cinq ans, et qui n’avoient ni mari ni enfans, de porter des pierreries, et de servir (sic) de litiere : methode excellente d'attaquer le celibat par la vanité. — On attacha - quelques prerogatives au mariage seul; d’autres à ceux qui avoient des enfans; de plus grandes à ceux qui avoient trois enfans. — Il ne faut pas confondre ces trois choses : il y avoient de ces privileges dont les gens mariés jouissoient toujours ; comme, par exemple, une place particuliere au . theatre ; il ÿ en avoit dont ils ne jouissoient que . lorsque les gens qui avoient des enfans ou qui en avoient plus qu'eux ne le leur otoient pas. — Les

(1) Jefferson s’est souvent occupé du problème de la population. On trouvera un exposé assez complet de ses vues dans une lettre à J.-B. Say du 1°‘ février 1804. Sa conclusion au moins est dans le style de Montesquieu : « So invariably do the laws of nature create our duties and interests, that when they seem to be at variance, we ought to suspect some fallacy in our reasonings. In solving that question, too, we should allow its just weight to the moral and physical preference of the agricultural over the manufacturing man. » (M. E. XI, 2.) — On trouvera cette lettre discutée dans mon livre sur Jefferson el les Idéologues, p. 16 et suiv. A cette date, cependant, Jefferson s’écarte sensiblement de Montesquieu, la situation des États-Unis étant, comme il l'indique lui-même, entièrement différente de celle qui existait dans les vieilles nations surpeuplées de l’Europe.

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