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Là où cesse l'amour, commence le dégoût

334. — La raison est indépendante du cœur, et elle suggère souvent à l'homme des idées qui

* Voir l'Appendice IV.

Ossip-LouRiÉ. Pensées de Tolstoï. 8

froissent ses sentiments, des idées incompréhensibles et cruelles pour le cœur.

333. — En matière de sentiment le manque de logique est la meilleure preuve de sincérité.

336. — Si seulement les femmes comprenaient leur mission, leur force, et l'employaient au salut de leurs époux, de leurs frères, de leurs enfants, — au salut de tous les hommes !

337. — Vous, femmes et mères, vous seules savez, dans notre monde malheureux, dénaturé, où rien ne demeure de la forme humaine, vous seules savez tout le vrai sens de la vie et vous seules, par votre exemple, pouvez montrer aux hommes le bonheur de la vie, ce bonheur dont ils se privent. Vous seules savez ces extases, ces allégresses qui ravivent tout Tètre, cette béatitude, apanage de celui qui ne transgresse point

la loi de Dieu. Vous savez le bonheur de Tamour pour répoûx, ce bonheur qui n'a point de fin, qui ne se brise point comme tous les autres, mais qui est Taurore d'un bonheur nouveau, l'amour pour l'enfant. Vous seules savez, non pas cette parade que les hommes de votre monde appellent le travail, mais le vrai travail qui nous vient de Dieu, et vous savez les vraies récompenses qui l'attendent, et que ce qu'il donne, c'est le bonheur. Vous savez les conditions du travail véritable, quand vous attendez avec joie l'approche et l'augmentation des tortures les plus affreuses suivies d'un bonheur de vous seules connu. Vous savez, si vous êtes une mère véritable, que non seulement nul n'a vu votre travail, nul ne vous en a loué, trouvant qu'il doit en être ainsi, mais que ceux-là même pour lesquels vous aurez travaillé, loin de vous remercier, souvent vous tourmenteront, vous feront des reproches.

Si vous êtes telles, et si vous savez par expérience que seul le travail sacrifié, invis^le, sans récompense, poussé aux dernières limites de l'énergie, accompli au péril de sa vie pour la vie d'autrui, — est votre vraie mission, vous en demanderez autant aux autres, vous mesurerez,

estimerez la dignité des hommes d'après ce travail et vous y préparerez vos enfants. Une telle mère ne demandera pas aux autres ce qu'elle doit faire; elle saura tout et ne craindra rien.

Et c'est entre les mains de ces femmes que se trouvent les suprêmes moyens de salut destinés à préserver les hommes des malheurs qui accablent et qui menacent notre temps.

338. — Femmes-mères, c'est vous qui tenez entre vos mains le salut du monde !

LE BIEN. LE MAL. — LA VÉRITÉ. — l'iDÉAL

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