DES PRINCIPALES CAUSES OCCASIONNELLES OU DETER- MINANTES DU SUICIDE
Nous n'envisageons point ici le suicide comme la suite ou l'effet d'une lésion intellectuelle ou affective, c'est à dire d'une aliénation mentale ou d'une manie ou monomanie ; ce sont là des maladies qui privent l'homme de sa raison et de sa liberté, et qui sont par conséquent du domaine de la pntlio-
(1) La Trappe mieux connue f p. 17G. Ce saint homme est mort en 1827.
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logie ou de la médecine. Nous ne voulons parler que du suicide commis avec connaissance, réflexion et liberté, et qui par là est plus ou moins criminel devant Dieu et devant les hommes. Nous convenons cependant qu'il peut y avoir des cas où une subite et violente explosion d'une passion quelconque ou un extrême désespoir peut ôter à l'homme presque toute sa raison et sa liberté ; et c'est le cas du délire aigu des médecins dont nous avons parlé plus haut, ou plutôt c'est une véritable passion aiguë qui assimile ici le suicide à l'homicide commis sous l'empire des mêmes circonstances ou des mêmes passions. Dans l'état actuel de notre dépravation morale, les lois positives, humaines doivent mettre une très grande différence dans l'application des peines afflictives, suivant le degré de réflexion et de liberté présumée; mais aux yeux de l'éternelle justice les crimes ne sont pas tant considérés en eux-mêmes que dans leur principe et leur cause, en ce sens qu'il était au pouvoir de l'homme de les éviter au moyen des secours que lui fournissent la raison, la loi naturelle, et surtout la religion révélée ou le christianisme
Ne considérant ici que le suicide libre et volontaire ou l'effet d'une volontée pervertie, nous ne parlerons donc point des causes pathologiques ou des maladies mentales en tant qu'elles sont causes du suicide.
Dans l'énumération de ces causes nous n'adopterons d'autre classification que l'ordre de leur fréquence présumée. Nous appelons ces causes occasionnelles ou déterminantes, parce qu elles n'ont
été que l'occasion ou le motif, la circonstance déterminante du suicide, et non la véritable cause, la cause première et productrice sans laquelle le suicide n'aurait pas eu lieu. Nous avons vu plus haut que ces causes premières véritables sont l'absence delà foi, des croyances religieuses, l'ignorance de la religion et surtout l'éloignement de la pratique de la religion catholique.