MADAME LOUISE ACKERMAKN XIX
éloquent de vers magnifiques, il doit avoir un grand efFet. Je vous disais encore dernièrehièrement que je ne savais au juste quand le jour se lèverait sur votre œuvre, mais qu'il se lèverait. Cela est fait. Caro en a l'honneur. Je l'en félicite et le remercie. »
Avant Caro, Barbey d'Aurevilly avait déjà parlé de l'œuvre, qui le choquait, lui, dans sa foi de catholique soumis à la volonté de Dieu et confiant en la nécessité providentielle de nos épreuves. Tout en ne marchandant pas ses éloges, il appelle « tout à la fois un monstre et un prodige : un prodige par le talent et un monstre par la pensée », la femme — « aux muscles de gladiateur tendus jusqu'à se rompre contre la Fatalité invincible, contre cet effroyable train des choses qui va passer tout à l'heure et tout anéantir », — qui a écrit de tels vers.
Elle le remercia en lui offrant ses Poésies avec cette dédicace, dont elle était très fière :
Un monstre reconnaissant.
Il écrivit d'elle encore : « La femme, qui se retrouve toujours quand elle veut le plus cesser
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d*être, se retrouvait dans les vers inouïs de M™e Ackermann. Les larmes immortelles de la Pitié, chez cette Révoltée généreuse des douleurs du monde, n'ont jamais séché sur son athéisme attendri... »
Appréciation très sensible à M^ne Ackermann.
Quoique Tauteur de poésies si viriles, elle tenait avant tout à rester femme.
Ces poésies d'arrière-saison furent non seulement l'intérêt des quelques années de production de sa maturité, mais la douceur de sa vieillesse, comblée d'hommages à l'heure où l'on est le plus souvent en oubji, même quand la jeunesse a été favorisée par la consécration d'un talent réeK
« Qu'on partage ou non les opinions de M™e Ackermann, on est obligé d'admettre son immense talent et d'admirer la grande dignité de sa vie... Parmi ces gens qui n'ont plus qu'un souci : jouir à n'importe quel prix, elle nous donnait là-bas, dans son petit appartement de la rue des Feuillantines, un bel exemple de tenue rigide... C'était en réalité, par les mœurs, une femme de Port-Royal, une mère Agnès ou une mère Catherine Arnauld.
Son vêtement noir, l'enveloppement de sa