MADAME LOUISE ACKERMANN III
'daté de Port-Roy al-des-Champs, — où, dans son précoce enthousiasme pour Pascal, elle avait entraîné sa mère et ses sœurs et habité quelques mois, — et se termine ainsi :
Sacrifice.,, eh lien, soitt tu seras consommé. Après tout, si l'amour n'est qu'erreur et souffrance. Un cœur peut être fier de n'avoir point aimé.
Il est curieux de voir M»® Ackermann qualifier ainsi de sacrifice le renoncement à Tamour, au mariage ; car, peu d'années ensuite, s'étant exclusivement consacrée, après la mort de sa mère, à Tétude des poètes, ses « amis uniques* », ne travaillant les langues étrangères que pour les « comprendre et s'en pénétrer », elle ne se maria, pour ainsi dire, que malgré elle.
Une autre pièce, adressée Aux Femmes, mérite d'être citée, comme témoignage des hautes préoccupations de la jeune fille :
S'il arrivait un jour, en quelque lieu sur terre. Qu'une entre vous vraiment comprit sa tâche austère', Si, dans le sentier rude avançant lentement.
Cette dme s'arrêtait à quelque dévoûment;
• Autobiographie,
IV MADAME LOUISB ACkERMANN
Si c'était la bonté sous les deux descendue.
Vers les infortunés la main toujours tendue; Si l'époux et l'enfant à ce cœur ont puisé; Si l'espoir de plusieurs sur elle est déposé. Femmes, envie:(-la l Tandis que dans la foule Votre vie inutile en vains plaisirs s'écoule Et que votre cœur flotte, au hasard entraîné. Elle a sa foi, son but et son labeur donné.
Envie:(-lal Qu'il souffre ou combatte, c'est Elle Que l'homme à son secours incessamment appelle, . Sa joie et son espoir, son rayon sous les deux. Qu'il pressentait de l'âme et qu'il cherchait des yeux, La colombe au cou blanc qu'un vent du ciel ramène Vers cette arche en danger de la famille humaine. Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour, Pour branche d'olivier a rapporté l'amour.
M™e Ackermann est née à Paris le 30 novembre 181 3. Dans une courte autobiographie, chef-d'œuvre de simplicité et de précision, elle raconte son enfance sauvage et concentrée, puis comment, alors que le génie de Lamartine, et de Hugo provoquait l'attention universelle, sa vocation pour la lecture et l'étude se détermina.
- Cette autobiographie, ainsi que les Pensées d'une Solitaire, parues en 1883 et presque aussitôt épuisées, la font connaître tout entière.
Ce n'est plus la révolte passionnée de ses