FOI ET PIETE DE KEPLER
Ce grand homme saisit toutes les occasions d'exprimer les sentiments de religion et de piété dont son cœur est rempli.
Ainsi il termine le livre IV de son Harmonique du monde par ces belles paroles : « Que tout ce que je viens de dire soit à la gloire du nom béni par-dessus tous les noms, du Dieu créateur des choses visibles et invisibles, à l'accroissement de la sainteté et de l'innocence de vie des contemplateurs de ces merveilles, enfin au salut éternel d'un grand nombre d'âmes; j'en supplie humblement ce même Dieu en trois personnes : Illum ipsum Deum trinum supplex precor. »
(Harmonices mundi, lib. IV, p. 176.)
Une admirable prière termine le chapitre ix du V« livre :
« Après avoir parlé des œuvres du Dieu créateur, il nous reste à détourner nos yeux et nos mains du tableau des démonstrations pour les élever vers le ciel, pour prier et supplier dévotement le Père des lumières. 0
VOUS qui par la lumière de la nature excitez en nous le désir de la lumière de la grâce , afin de nous transférer par celle-ci dans la lumière de la gloire, je vous rends grâces, ô Dieu créateur, de ce que vous m'avez réjoui dans la contemplation de vos créatures, et de ce qu'il m'a été donné de tressaillir en voyant les œuvres de vos mains. Voici que j'ai achevé l'ouvrage objet de mes études, après y avoir employé toutes les forces que vous m'avez données. J'ai manifesté aux hommes qui liront ces démonstrations la gloire de vos œuvres, autant que les bornes étroites de mon esprit m'ont permis de saisir cette splendeur infinie.
« Mon intention a été d'en parler le mieux possible ; s'il m'est échappé à moi vermisseau , né et nourri dans la fansre du péché, s'il m'est échappé d'écrire quelque chose d'indigne de votre Sagesse que vous voulez manifester aux hommes, éclairez-moi afin que je le corrige. Si la beauté de vos œuvres m'a inspiré de la témérité, ou si, avançant dans l'étude des ouvrages destinés à procurer votre gloire, j'ai cherché et aimé ma propre gloire auprès des hommes, ô vous qui êtes doux et miséricordieux, pardonnez -moi. Enfin daignez dans votre bonté, daignez faire que ces démonstrations contribuent à votre gloire et au salut des âmes. »
( Harmonices mundi, lib. V, p. 243.)