‹ Pensées de J. JoubertChapitre 25 sur 94 · LXXX1I · texte numérisé non relu

LXXX1I

Naître obscur et mourir illustre, ce sont les deux termes de l'humaine félicité.

Il faut mourir aimable, si on le peut.

La patience et le mal, le courage et la mort, la résignation et la nécessité arrivent ordinairement ensemble. L'indifférence pour la vie naît avec l'impossibilité de la

conserver.

Cette vie n'est que le berceau de l'autre. Qu'importent donc la maladie, le temps, la vieillesse, la mort, degrés divers d'une métamorphose qui n'a sans doute ici-bas que ses commencements ?

Lorsque la mort s'approche, la pensée se joue encore du cerveau, comme une vapeur légère prête à se dissoudre. Elle ne s'y fait plus qu'en tournoyant, semblable à la bulle de savon qui va se résoudre en goutte d'eau.

La poésie à laquelle Socrate dirait que les dieux l'a-

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