DE LA MÉTAPHYSIQUE
La philosophie doit rechercher les erreurs pour les combattre : voilà son seul emploi ; mais comme la vérité ressemble à Terreur, et que souvent elles sont mêlées, elle a tué des vérités.
11 est une philosophie pleine de fleurs, d'aménité et d'enjouement, science gaie autant que sublime.
En bonne philosophie, le beau est toujours le plus vrai, ou du moins le plus approchant de la vérité
Ne confondez pas ce qui est spirituel avec ce qui est abstrait , et souvenez-vous que la philosophie a une muse, et ne doit pas être une simple officine à raisonnement.
vu.
Que faire avec cette philosophie qui bannit la spiritualité des systèmes du inonde, et la piété de la morale? C'est s'interdire, en un calcul, des quantités indispensables , des portions intégrales dans une énumération.
Spiritualiser les corps, c'est aller droit à leur essence ; il faut en faire un mérite plutôt qu'un reproche à ceux, qui l'ont tenté avec quelque succès.
La métaphysique est une espèce de poésie; la dévotion en est l'ode.
Comme la poésie est quelquefois plus philosophique même que la philosophie, la métaphysique est, par sa nature, plus poétique même que la poésie.
La curiosité de connaître l'âme n'existe avec ténacité que dans les temps et dans les lieux où les arts sont connus. Chose singulière! la métaphysique et la mécanique ont une époque d'existence simultanée.
La métaphysique plaît à l'esprit parce qu'il y trouve de l'espace; il ne trouve ailleurs que du plein. L'esprit a besoin d'un monde fantastique où il puisse se mouvoir et se promener ; il s'y plaît , non pas tant par les objets que par l'espace qu'il y trouve. C'est ainsi que les enfants aiment le sable et l'eau, et tout ce qui est fluide ou flexible, parce qu'ils en disposent à leur gré.
Le vide, dans le monde métaphysique, est nécessaire à l'esprit et à ses évolutions, surtout si l'esprit a des ailes. Cette lumière diffuse, sans montrer aucun objet, et sans donner aucun savoir, perfectionne la vue, nourrit la perspicacité et augmente l'intelligence. C'est une région lumineuse, où l'erreur même est transparente et n'obscurcit jamais l'esprit.
La pratique est grave, mais la théorie récrée; l'âme s'y égayé et s'y rajeunit dans les joies de l'intelligence.
Ce qui nous trompe en morale, c'est l'amour excessif du plaisir. Ce qui nous arrête et nous retarde en métaphysique, c'est l'amour de la certitude.
Dans les questions de métaphysique, il faut se décider par la clarté, et, dans les questions de morale et de pratique, par l'utilité. Dès qu'on peut dire : Il est