‹ Pensées de J. Joubert, précédées de sa correspondance, d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travauxChapitre 61 sur 123 · DE M. J. JOUBERT. LXXIX · texte numérisé non relu

DE M. J. JOUBERT. LXXIX

Oiristine de Fontanes, occupée dans le même temps d'uue édition des œuvres de son père :

« Tandis que vous érigez un monument funèbre, moi, Madame, je rassemble les pensées du plus ancien ami de votre père. Elles ne sont point destinées à voir le jour. La veuve de M. Joubert semble pénétrée du sentiment que j'exprimais en parlant de lui dans mon Essai sur la Littérature anglaise : Un homme fut mon ami et l'ami de M. de Fontanes. Je ne sais si au fond de sa tombe il me saura gré de révéler la noble et pure existence qu'il a cachée. Quelques articles qu'il ne signait pas ont seulement paru dans diverses feuilles pubhques. Qu'il soit permis à l'amitié d'en citer de. courts fragments. C'est le seul vestige des pas qu'un talent solitaire et ignoré a laissés sur le rivage en traversant la vie.

« Je rencontre à chaque instant dans les ébauches de M. Joubert des choses adressées à M. de Fontanes, et que celui-ci n'a pas connues. Ces confidences d'un ami à un ami, l'un et l'autre absents pour jamais ; ces pensées testamentaires recueillies sur des morceaux de papier destinés à périr, m'offrent une compHcation de tristesses d'une puissance extraordinaire. L'antiquaire déchiffre avec moins de

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