DE M. J. JOUBERT. LXXXI
« Paris, 8 septembre 1838.
« J'ai lu ces mots dans les fragments de M. Joubert : « Le \er à soie file ses coques et je file les miennes ; c< mais on ne les dévidera pas. «
« Si; je les ai dévidées : j'ai séparé les sujets con- « fondus sur des chiffons de papier. Toutefois je n'ai « pas trop multiplié les titres^ pour laisser au penseur « une partie de la variété de ses pensées. On verra « par la beauté de ces pages ce que j'ai perdu et ce « que le monde a perdu. On peut ne pas être de l'avis « de Joubert ; mais voulez-vous connaître la puissance « de son génie ? Jamais pensées n'ont excité de plus « grands doutes dans l'esprit, n'ont soulevé de plus « hautes questions et préoccupé davantage. La veuve « de M. Joubert n'a fait imprimer les méditations de « son mari que pour elle ; elle aurait crain t , en les « publiant, d'offenser la gloire qui a tant recherché « l'obscurité. Madame Joubert m'a chargé de rendre « les derniers devoirs à l'âme de mon ami. 11 y a déjà « quatorze ans que j'ai accompagné le corps de cet « ami au dernier asile : les pensées de M. Joubert « vont reposer dans la vie comme ses cendres repoc( sent dans la mort.
« On trouve dans mes ouvrages une lettre en date