XV. SIMPLICITÉ
528. — Dans la maison de Nazareth , c'est la vie du pauvre , avec toutes ses gênes et toute sa petitesse détestée. Ni prédication, ni combat, ni miracles; rien dans cette ombre. Tous les jours, chacun simplement gagne sa journée. Joseph travaillait de son métier; Notre-Dame, l'aiguille ou le fuseau à la main, subvenait pour sa part aux besoins de la maison. Elle faisait les autres travaux qui sont de l'office de la femme, entretenait la décence du logis, préparait les repas, servait enfin son époux et son Fils, et elle-même, sans qu'il y eût personne pour l'aider. Mais quoi, personne? N'y avait-il pas Celui qui est venu , suivant sa propre expression, pour servira Jésus donc la servait et servait Joseph. Nul doute que le Fils de Dieu n'ait aidé
sa mère, n'ait pris ces humbles soins; oui, oui, ne reculons pas : les soins de l'atelier et les soins du ménage ! Et c'est par là que l'envie a pu être éteinte au cœur du pauvre, et que la sagesse a pu y entrer, et que l'humilité de toute condition humaine est devenue grande et glorieuse aux yeux du chrétien. (1 , p. 110.)
529. — Jésus dit : « Laissez venir à moi les petits enfants. » Ce n'est pas qu'un âge soit préféré à un autre, car alors il serait fâcheux d'avancer dans la vie; c'est l'innocence qui est préférée à tout. Le royaume de Dieu est à qui ressemble aux enfants, à qui conserve ou reconquiert cette innocence que le saint baptême leur a donnée. L'enfant est sans haine, il ignore la luxure, il ne recherche point la richesse et les honneurs ; il revient à sa mère qui l'a corrigé ; il est docile à l'enseignement de ses maîtres; il ne dispute, ni ne contredit, ni n'est méfiant; c'est ainsi que l'homme qui veut (( entrer dans le royaume de Dieu, » doit recevoir la parole. Tels étaient les disciples. ( 1 , p. 317.)
530. — Le grand Dieu, qui se cache aux savants et aux superbes, aime à se révéler aux petits et aux humbles. Il se faisait entendre au cœur de sainte Germaine ( petite bergère des environs de Toulouse), par les merveilles de la création au milieu desquelles elle vivait, les contemplant des regards intelligents de l'innocence. Bienheureux les cœurs purs , car ils verront Dieu ! Ils le verront dans le livre qu'il a écrit pour eux sur les tentes du ciel semées d'astres brillants , et sur la surface de la terre couverte d'herbe et de fleurs.
Germaine sut de bonne heure ce que n'apprennent jamais ceux qui ne demandent pas à Dieu de les instruire. Entourée des créatures de Dieu, elle les entendait louer Dieu , et tous les mouvements de son âme s'unissaient à leur cantique éternel. (4, p. 7.)