SUR LES PASSIONS
Quelle misère de n'être maître ni de son esprit ni de son cœur , et de voir l'un occupé de mille pensées ridicules et déréglées, et l'autre agité d'une infinité de mauvais desseins et de sentimens corrompus , sans pouvoir arrêter cette malheureuse fécondité ! d'être obligé de vivre avec cette foui*1 d'ennemis intérieurs ; d'être toujours aux mains avec, eux, sans pouvoir jamais les exterminer ! Il ne faut point autre chose pour se perdre que de se livrer à eux et de cesser de les combattre, et l'on ne s'en peut garantir que par une résistance continuelles