‹ Pensées de Nicole de Port RoyalChapitre 50 sur 99 · SUR CICERON · texte numérisé non relu

SUR CICERON

Il y a des livres à lire et d'autres à apprendre par mémoire. On choisit d'ordinaire Cieéron dans les collèges, pour le faire apprendre par cœur aux enfans , et on le lit peu; cependant il semble que l'on devrait faire tout le contraire. Car il n'y a pas tant de choses vivement éclatantes dans cet auteur qui méritent d'être retenues en particulier, et il y a au contraire, une infinité de choses étendues et fort bien écrites qui méritent d'être lues; les ouvrages mêmes qu'on leur fait apprendre qui sont ses Oraisons, à l'exception de trois ou quatre, sont les moins considé-

rables de tous ; et ses livres philosophiques , comme les Tusculanes, les livres de la Nature des Dieux, de la Divination, des Offices , de la Fin de l'Homme, de Y J initié, de la Vieillesse et même ses Lettres, sont infiniment plus utiles et plus propres à former le styie et l'esprit des ènfans. Les livres de Y Orateur sont aussi fort beaux, mais le style en est un peu long et par conséquent moins propre à être imité, étant difficile de se soutenir en écrivant en latin d'un style long et périodique.

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