XLIV
Les deux plus anciens livres du monde sont Moïse
CHAPITRE XXV. 417 et Job, Tun juif, l'autre païen, qui tous deux regardent Jésus-Christ comme leur centre commun et leur objet : Moïse, en rapportant les promesses de Dieu à Abraham, Jacob, etc., et ses prophéties; et Job : Quis mihi det ut, etc. Scio enim quod redemptor meus vivit, etc.
Je ne serais pas chrétien sans les miracles, dit saint Augustin.
f On n'aurait point péché en ne croyant pas Jésus-Christ sans les miracles : Vide an mentiar.
f II n'est pas possible de croire raisonnablement contre les miracles.
^ Ubi est Deus tuus ? Les miracles le montrent, et sont un éclair.
XGI.
Pour les religions, il faut être sincère; vrais païens, vrais juifs, vrais chrétiens.
... Les vrais chrétiens obéissent aux folies néanmoins, non pas qu'ils respectent les folies, mais l'ordre de Dieu, qui pour la punition des hommes, les a asservis à ces folies. Omnis creatura subjecta est vanitati. Liberabitur.
Ainsi saint Thomas explique le lieu de saint Jacques sur la préférence des riches, que, s'ils ne le font dans la vue de Dieu, ils sortent de l'ordre de la religion.
Abraham ne prit rien pour lui, mais seulement pour ses serviteurs; ainsi le juste ne prend rien
pour soi du monde, ni des applaudissements du monde; mais seulement pour ses passions, desquelles il se sert comme maître, en disant à Tune: Va, e: [à Tautre], Viens. Sub te erit àppetitus tuus. Les passions ainsi dominées sont vertus. L'avarice, la jalousie, la colère. Dieu même [se] les attribue ; et ce sont aussi bien vertus que la clémence, la pitié, la constance, qui sont aussi des passions. Il faut s'en servir comme d'esclaves, et leur laissant leur aliment, empêcher que l'âme n'y en prenne; car quand les passions sont les maîtresses, elles sont vices, et alors elles donnent à l'âme de leur aliment, et l'âme s'en nourrit et s'en empoisonne.
On ne s'éloigne [de Dieu] qu'en s'éloignant de la charité. Nos prières et nos vertus sont abomination devant Dieu, si elles ne sont les prières et les vertus de Jésus-Christ. Et nos péchés ne seront jamais l'objet de la miséricorde, mais de la justice de Dieu, s'ils ne sont ceux de Jésus-Christ. Il a adopté nos péchés, et nous a admis à son alliance ; car les vertus lui sont propres, et les péchés étrangers; et les vertus nous sont étrangères, et nos péchés nous sont propres.
Changeons la règle que nous avons prise jusqu'ici pour juger de ce qui est bon. Nous en avions pour règle notre volonté, prenons maintenant la volonté de Dieu : tout ce qu'il veut nous est bon et juste, ^ tout ce qu'il ne veut pas nous est mauvais.
Tout ce que Dieu ne veut pas est défendu. Les péchés sont défendus par la déclaration générale
CHAPITRE XXV. 419 que Dieu a faite qu'il ne les voulait pas. Les autres choses qu'il a laissées sans défense générale, et qu'on appelle par cette raison permises, ne sont pas néanmoins toujours permises. Car quand Dieu en éloigne quelqu'une de nous, et que par l'événement, qui est une manifestation de la volonté de Dieu, il paraît que Dieu ne veut pas que nous ayons une chose, cela nous est défendu alors comme le péché, puisque la volonté de Dieu est que nous n'ayons non plus l'un que l'autre. Il y a cette différence seule entre ces deux choses, qu'il est sûr que Dieu ne voudra jamais le péché, au lieu qu'il ne l'est pas qu'il ne voudra jamais l'autre. Mais tandis que Dieu ne la veut pas, nous la devons regarder comme péché; tandis que l'absence de la volonté de Dieu, qui est seule toute la bonté et toute la justice, la rend injuste et mauvaise.
« Je m'en suis réservé sept mille *. » J'aime les adorateurs inconnus au monde, et aux prophètes mêmes.
Les hommes n'ayant pas accoutumé de former le mérite, mais seulement le récompenser où ils le trouvent formé, jugent de Dieu par eux-mêmes.
J'aurais bien pris ce discours d'ordre comme
* tt Je me suis réservé sept mille hommes dans Israël, qui n*ont point fléchi le genou devant BaaJ. » C'est la réponse que Dieu fait aux plaintes du prophète Élie dans l'Épître aux Romains, xi, U- C'est là pour Pascal une figure de la petite église janséniste persécutée et fidèle. (Havet.)
celui-ci : pour montrer la vanité de toutes sortes de conditions, montrer la vanité des vies communes, et puis la vanité des vies philosophiques (pyrrhoniennes, stoïques ) ; mais Tordre ne serait pas gardé. Je sais un peu ce que c'est, et combien peu de gens Tentendent. Nulle science humaine ne le peut garder. Saint Thomas ne Ta pas gardé. La mathé matique le garde, mais elle est inutile en sa profondeur.
Mon ami, vous êtes né de ce côté de la montagne ; 11 est donc juste que votre aîné ait tout.
XGIX.
Nous implorons la miséricorde de Dieu, non afin qu'il nous laisse en paix dans nos vices, mais afin qu'il nous en délivre.
Si Dieu nous donnait des maîtres de sa main, oh 1 qu'il leur faudrait obéir de bon cœur! La nécessité et les événements en sont infailliblement.
Eritis sicut dii, scientes bonum et malum. Tout le monde fait le dieu en jugeant. Cela est bon ou mauvais; et s'affligeant ou se réjouissant trop des événements.
Faire les petites choses comme grandes, à cause de la majesté de Jésus-Christ qui les fait en nous, et qui vit notre vie ; et le& grandes comme petites et aisées, à cause de sa toute-puissance.