PRÉFACE SUR LE TRAITÉ DU VIDE
moins de force, que Ton se fait des oracles de toutes ses pensées et des mystères même de ses obscurités; que Ton ne peut plus avancer de nouveautés sans péril, et que le texte d'un auteur suffit pour
détruire les plus fortes raisons*
Ce n'est pas que mon intention soit de corriger
sentiellement cartésienne de la philosophie et de la théologie, Tune où l'autorité est de mise, puisqu'elle n'admet point d'innovations; l'autre où l'autorité est un contre-sens, puisqu'elle vit de découvertes
perpétuelles Plus tard, et dans les Pensées, Pascal ne traite ni la
philosophie ni Descartes avec ce respect. Je soupçonne que ce morceau est de l'époque où Pascal était tout occupé de sciences, à peu près du temps de la lettre à M. Le Pailleur, sur le vide, ou de celle à M. Ribeyre, lettres qui sont de l'année 1647 et de l'année 1651. Ce sont les mêmes principes et le môme ton à la fois grave et animé. Aussi ce petit traité n'est-il pas dans notre manuscrit. C'est Bossut qui l'a publié pour la première fois et sans dire d'où il l'a tiré.
Bossut avait fait subir au texte de nombreuses altérations nécessitées en quelque sorte par le titre arbitraire qu'il avait choisi, et de plus il n'avait point indiqué le manuscrit d'après lequel il avait fait la publication. M. Faugère a restitué le texte et le titre d'après le manuscrit du père Guerrier.
« Ce n'est rien moins, dit M. Faugère, que la préface d'un Traité sur le vide. Il paraît que ce dernier ouvrage n'existe plûs ; du moins il n'a pas été retrouvé, et peut-être Pascal n'y mit jamais la dernière main. M. Périer en parle ainsi dans l'avertissement qui précède le récit réimprimé par lui en 1663 de la célèbre expérience du Puyde-Dôme : « Le traité dont il sera parlé en plusieurs endroits de cette » relation est un grand traité que M. Pascal avait composé touchant » le vide, qui s'est perdu et dont on a seulement trouvé quelques )) fragments que l'on a mis ci-devant. » Les fragments mentionnés par M. Périer ont été imprimés à la suite du Traité sur l*ÉquiliOre des liqueurs et la pesanteur de l'air. Nous en avons retrouvé un autre fragment très-court dans le ms. autographe des Pensées, Quant à l'époque à laquelle ce Traité du vide a été composé, on voit dans deux lettres de Pascal, l'une à M. Périer concernant l'expérience du Puy-de-Dôme, et l'autre à M. de Ribeyre, qu'il avait déjà commencé cet ouvrage en 16/i7 et qu'il travaillait à l'achever en 1651. La préface a dû être écrite dans cet intervalle, et plutôt vers 1651. »
Nous reproduisons ici l'excellenl texte de M. Faugère.
« Il y a ici une lacune d'environ dix lignes, {Note du P. Guerrier,)
un vice par un autre, et de ne faire nulle estime des
anciens parce que Ton en fait trop.
Je ne prétends pas bannir leur autorité pour relever le raisonnement tout seul, quoique l'on veuille établir leur autorité seule au préjudice du raisonnement *
Pour faire cette importante distinction avec attention, il faut considérer que les unes dépendent seulement de la mémoire et sont purement historiques, n'ayant pour objet que de savoir ce que les auteurs ont écrit; les autres dépendent seulement du raisonnement et sont entièrement dogmatiques, ayant pour objet de chercher et découvrir les vérités cachées.
Celles de la première sorte sont bornées d'autant que les livres dans lesquels elles sont contenues ^
C'est suivant cette distinction qu'il faut régler différemment rétendue de ce respect. Le respect que l'on doit avoir pour ^
Dans les matières où Ton recherche seulement de savoir ce que les auteurs ont écrit, comme dans l'histoire, dans la géographie, dans la jurisprudence, dans les langues*, et surtout dans la théologie; et enfin dans toutes celles qui ont pour principe, ou le fait simple ou l'institution divine ou humaine, il faut nécessairement recourir à leurs livres, puisque tout ce que Ton en peut savoir y est contenu : d'où il est
i Lacune de deux lignes. {Note du P. Cucnier.)
Une lacune. (Faugère.) 8 Doux lignes. {Note du P. Guerrier,) * Après le mot langues^ il y a un blanc d*un mot ou deux,
(Faugère.)