C. beaucoup de corpuscules
(1) « Ceux qui prétendent que ces Etoiles chevelues sont toujours accompagnées de quelques grands malheurs n'ont pour preuves que
capables d'une grande action, il n'y a pas plus de raison à soutenir qu'ils doivent produire la peste, la guerre, la S famine, qu'à soutenir qu'ils doivent produire la santé, la paix, et l'abondance, parce que personne ne connoit la nature de ces corpuscules, la figure, le mouvement, ou les autres qualitez de leurs parties. Et en effet y a-t-il plus de bon sens à soutenir que la présente Comète qui
io ne peut empêcher un froid excessif pendant qu'elle se montre tout entière, causera la guerre trois ans après qu'elle ne sera plus ; parce ' qu'échauffant la masse du sang, elle rendra les hommes plus prompts ; qu'à soutenir qu'elle entretiendra la paix, parce que rafraîchissant
15 la masse du sang elle rendra les hommes plus sages ?
Ouy, me dira-t-on, il y a plus de bon sens dans le premier parti que dans l'autre ; car il est plus apparent que la matière grossière qui nous vient des extremitez du tourbillon du soleil, n'étant pas proportionnée aux corps
20 terrestres, fait toutes choses de travers parmi nous, qu'il n'est apparent qu'elle y apporte ou qu'elle y conserve des dispositions favorables. Il est fort probable qu'elle aug-
18 A. que cette matière grossière qui nous vient des extremitez du tourbillon, où elle avoit été reléguée comme une lie.
quelques inductions ; mais par une mesme sorte de raisonnement, je pourrais conclure que les Comètes annoncent toujours quelque grand bonheur à la Terre. Il y a plus de quinze cens ans, au raport d'Origene, que le Philosophe Charemon fit un Livre des Comètes, dans lequel il remarquoit que toutes les Etoiles cheveluëes avoient toujours présagé quelque bonheur. » (Comiers, Mercure de France, Janvier 1681, p. 137-8.)
Apres avoir cité un grand nombre d'événemens heureux arrives a la suite des Comètes, il conclut :
«Enfin pour ne pas faire l'Histoire générale des Comètes, on peut conclure aussitost qu'elles sont des présages heureux autant que malheureux ; ou plustost ou doit conclure que puis qu'elles sont suivies tantost de quelque bonheur, tantost de quelque malheur, elles ne présagent rien du tout et sont tout à fait indifférentes. » (Ibid., p. 144.)
mente le froid en hvvcr et la chaleur en été, parce qu'étant plus difficile à ébranler, elle doit augmenter le
25 froid et le repos, lorsqu'il n'y a pas de force pour la mettre en mouvement, et qu'étant une fois échauffée, elle doit avoir beaucoup plus de chaleur que les matières subtiles, d'où vient que le fer rouge brûle bien plus que la flamme d'esprit de vin, et que le feu est plus violent lors que le
30 froid est extrême, car il y a beaucoup d'apparence que le froid dispose le bois de telle sorte, que les parties que le feu en détache à chaque fois sont plus massives.
Mais je répons que ce sont toutes conjectures en l'air, et qu'on en peut faire d'aussi vrai-semblables en prenant
35 le contre-pied. Qui m'empêchera de dire que cette matière grossière epaisissant l'air et facilitant la condensation des vapeurs, doit diminuer le froid et le chaud selon la saison où l'on se trouve : le froid, parce qu'il n'est jamais plus violent que lors que l'air est le plus serain et le plus
40 pur (a) ; le chaud, parce qu'il n'est jamais plus insupportable que lors que le soleil darde ses rayons sur nous, sans rencontrer aucune nue, et parce que les pluyes qui naissent de la condensation des vapeurs, rafraîchissent extrêmement l'air? Je puis supposer encore, que cette
45 matière grossière venant à se précipiter, est un ferment et une graisse qui doit rendre la terre fertile, comme ces corpuscules que le Nil laisse dans les lieux qu'il a inondez. Un autre dira avec autant de raison qu'à la vérité cette matière grossière cause un froid piquant qui purifie l'air
5° de toute semence de maladie ; mais qu'elle se subtilise
(a) Et positas ut glacici nives, puro inimitié Jupiter.
(Horat., Od. 10, 1. ;.)
29. A. A quoi on pourroit ajouter, que c'est apparemment la raison pour laquelle le feu est plus violent.