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A. que l'on donne à certains noms

Pensées sur la Comète. 7

que l'on choisisse de beaux noms, capables de faire son-

25 ger souvent à son devoir; et je suis de l'avis de Milantia, femme du Canoniste Joannes Andréas (a), qui étant consultée par son mari sur ce sujet, lui repondit, Que si les noms se vendoient, les pères et les mères seraient oblige^ d'en acheter des plus beaux, pour les donner à leurs enfans.

30 Mais je ne saurois souffrir qu'on attache à certains noms aucune espèce de fatalité naturelle soit à l'égard des mœurs, soit à l'égard de la fortune. Comme il est faux que la providence divine affecte de se déployer plus à découvert au mois de Septembre, qu'au mois d'Octobre,

35 ou le 1. de janvier, que le 1. de mars : il est faux aussi que la vertu ou le vice, le bonheur ou le malheur ayent d-es noms affectez, ou privilégiez. Il y a des Heleines et des Lucreces qui ont de la vertu, il y en a aussi qui n'en ont point. On voit des Rois malheureux et des Rois

40 heureux, de toutes sortes de noms : et si la circonstance du nom est capable de quelque chose, c'est uniquement ou par nôtre faute et nôtre peu de raison, ou par nôtre adresse. Néanmoins malgré tout ce que le moindre de tous les hommes est capable d'objecter contre la supers-

45 tition des noms, qui est assurément démonstratif, il n'est pas croyable combien de manières de deviner on a bâti sur ce misérable fondement. Ce qui fait voir que sur le chapitre des présages, soit des Comètes, soit de quelque autre chose que ce soit, l'opinion universelle des Peuples

50 ne doit être contée pour rien.

(a) Quod si nomma in foro venderentur, deberent parentes pulcberrima

emere qux filiis imponerent. (Job. Andr. in Cap. ciiin sectindum, extra de prxhend.)

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