DE LA SAGESSE, DE LA VERTU, DE LA MORALB, DE LA RÈGLE ET DU DEVOIR
La sagesse est une science par laquelle nous discernons les choses qui sont bonnes à l'âme, et celles (jui ne le sont pas. Elle est la science des sciences, car elle en connaît seule la valeur, le juste prix, le véritable usage, les dangers et les utilités
La sagesse est le repos dans la lumière. Heureux sont les esprits assez élevés pour se jouer dans ses rayons !
III
Consulte les anciens, écoute les vieillards. Est bien peu sage qui n'a que sa propre sagesse, et bien peu savant qui ne l'est que de sa science.
La sagesse est la force des faibles
L'illusion et la sagesse réunies sont le charme do la vie et de l'art.
<18 TITHE IX.
Le bon sens s'accommode au monde, la sagesse tâche d'être conforme au ciel.
La sagesse humaine éloigne les maux de la vie. La sagesse divine fait seule trouver les vrais biens 11 faut employer le mouvement à chercher la sagesse humaine, et le repos ou la méditation à chercher la sagesse divine.
11 n'y a pas assez de sagesse ou assez de vertu dans ceux de nos jugements et de nos sentiments où il n'y a pas assez de patience.
TX.
Il ne faut jamais regretter le temps qui a été nécessaire pour bien faire.
Ne coupez pas ce que vous pouvez dénouer.
La vertu est la santé de l'âme. Elle fait trouver de la saveur aux moindres feuilles de la vie.
La vertu cherche à se répandre, et ceux qui l'ont aiment à la donner.
Il faut exercer la vertu, même quand on ne l'a pas, c'est-à-dire l'exercer par sa volonté et contre son inclination. L'habitude fait qu'à la fin elle n'est plus sacrifice; elle devient goût, instinct, mœurs.
La vertu par calcul est la vertu du vice.
Les vertus rendent constamment heureux ceux qui
.es ont. Elles rendent meilleurs ceux même qui les voient et ne les ont pas.
Sa vertu propre et le bonheur d' autrui, voilà la double fin de l'homme sur la terre. Son bonheur, en effet, est sa destination suprême; mais ce n'est pas ce qu'il doit chercher; c'est seulement ce qu'il peut attendre et obtenir, s'il en est digne.
Il n'y a de grave, dans la vie civile, que le bien et le! mal, le vice et la vertu. Tout le reste y doit être un jeu.
On doit refuser la science à ceux qui n'ont pas de vertu.
Il n'est pas inutile, pour être vertueux, de rendre aussi satisfaisant qu'on le peut le témoignage de soimême.
La nécessité peut rendre innocente une action douteuse; mais elle ne saurait la rendre louable.
La parfaite innocen-ce, c'est la parfaite ignorance. Elle n'est ni prudente, ni méfiante, et l'on ne peut faire aucun fond sur elle; mais c'est une aimable qualité, qu'on révère presque autant et qu'on aime plus que la vertu.
On n'est point innocent, quand on nuit à soi-même.
Les femmes croient innocent tout ce qu'elles osent.
420 TITRK IX.
Il n'est point de vertu qui paraisse petite, quand elle se montre sur un grand théâtre.