DES LOIS
gie, la faute moindre que raccusation, et le mal moindre que la plainte.
Tout châtiment, si la faute est connue, doit être nonseulement médicinal, mais exemplaire. Il doit corriger ou le coupable ou le public.
Il est dans l'ordre qu'une peine inévitable suive une faute volontaire.
La peine du talion n*est pas toujours équitable, quand elle égalise; mais elle est toujours atroce, quand elle excède. « C'est la justice des injustes, » disait saint Augustin; nous pouvons ajouter, des ignorants et des barbares.
L'indulgence est une partie de la justice.
Il ne faut pas que l'indulgence parle trop haut, de peur d'éveiller la justice.
Il y a des actes de justice qui corrompent ceux qui les font.
Quand on a, soit en ses mains, soit dans son esprit, quelque autorité, il faut être non-seulement juste ou équitable, mais justicier, c'est-à-dire punisseur ou récompenseur.
On pensait autrefois que la justice ne devait pas naître de la loi, mais la loi de la justice.
Il y a des lois et des décrets. On ne peut appeler loi
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jue ce qui paraît le plus juste le pîus sage, le plus moralement obligatoire, le pl^s conforme à la volonté de Dieu. Destinées à régner toujours, les lois doiveni porter l'empreinte d'une raison élevée au-dessus de tous les cas particuliers. Les décrets, au contraire, n'ont que les circonstances en vue ; ils sont rendus par le législateur, non en tant que législateur, mais en tant qu'administrateur de la cité. Faits pour un temps, pour un moment, ils n'ont pas besoin d'être, comme la loi, l'expression de la raison éternelle : il suffit qu'ils soient commandés par la prudence. Les lois se taisent dans les troubles; c'est alors que les décrets parlent. Les lois brillent dans les beaux jours, et les décrets dans les jours nébuleux. Ils voilent la loi, comme, en de certains moments où l'adoration est suspendue, on voile, dans nos temples, ce qu'on y honore, pour en éviter la profanation,
Les meilleures lois naissent des usages.
Les premières lois n'ont été que les premières pratiques rendues immuables par l'injonction de l'autorité publique. Tout ce qui devient loi avait d'abord été coutume, et l'histoire de notre droit coutumier fut celle du droit de tous les peuples. Les lois de Solon se firent ►comme la coutume de Sens. Des lois ainsi faites ne sont pas les pires , et l'esprit de choisir, d'accommoder; àe corriger, de rédiger avec perfection, n'est pas le moindre.
Oter aux lois leur vétusté, c'est les rendre moins vénérables : si on est réduit à en substituer de nouvelles aux anciennes, il faut leur donner un air d'anti-