DE L EDUCATION
L'idée de l'ordre en toutes choses , c'est-àdire de l'ordre littéraire , moral , politique et religieux, est la base de toute éducation.
Les enfants n'obéissent aux parents que ,;; lorsqu'ils voient les parents obéir à la règle. L'ordre et la règle , une fois établis et reconnus , sont la plus forte des puissances.
* Les enfants ont plus besoin de modèles ^ que de crili(jucs.
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On peut appliquer à l'enfance ce que M. de Bonald dit qu'il faut faire pour le peuple : peu pour ses plaisirs ; assez pour ses besoins ; et \ tout poui" ses vertus.
L'éducation doit être tendre et sévère et non pas froide et molle.
Les enfiints doivent avoir pour amis leurs camarades , et non pas leurs pères et leurs maîtres. CeuX'ci ne doivent être que leurs guides.
La crainte trempe les âmes , comme le froid tiempe le fer. Tout enfant qui n'aura pas éprouvé de grandes craintes, n'aura pas de grandes vertus ; les puissances de son âme n'auront pas été remuées. Ce sont les grandes craintes de la honte qui rendent l'éducation publique préférable à la domestique, parce que la multitude des témoins rend le blâme terrible , et que la censure publi(jue est la seule qui glace d'efTroi les belles âmes.
La crainte fixe l'amour, au moins dans les enfants. Il y a , dans le premier de ces sentiments , quelque chose d'austère qui empêche l'autre de s'évaporer.
Trop de sévérité glace nos défauts et les lixe ; souvent l'indulgence les fait mourir. Un bon approbateur est aussi nécessaire qu'un bon correcteur.
* Quand on applique la sévérité où il ne faut pas, oh ne sait plus l'appliquer où il faut.
Apprenez aux enfants à être vertueux , mais non pas à être sensibles. On peut être raisoni^ nablc de la raison d'autrui , et bienfaisant par maximes , car la vertu s'acquiert ; mais la sensibilité d'emprunt est une hypocrisie odieuse : elle donne un masque pour un visage.
Souvenons-nous-en bien , l'éducation ne
consiste pas seulement à oiner la mémoire et à éclairer l'entendement ; elle doit surtout s'occuper à diriger la volonté.
Le discernement vaut mieux que le précepte, car il le devine et l'applique à propos. Donnez donc aux enfants la lumière qui sert à distinguer le bien du mal , en toutes choses , sans leni' vouloir enseigner tout ce qui est mal et tout ce qui est bien , détail immense et impossible; ils le distingueront assez.
Il faut que les enfants aient un gouverneuien eux-mêmes : il y est mieux placé et plus assidu qu'à leurs côtés. Tous sont disposés à le recevoir, et il y a dans leur conscience une place toujours prête pour lui.
Ni en métaphysique, ni en logique, ni en morale , il ne faut placer dans la tète ce qui doit être dans le cœur ou dans la conscience. Faites de l'amour des parents un sentiment et un précepte; mais n'en faites jamais une thèse, une simple démonstration.
On pourrait tellement préparer réducation de l'homme que tous ses préjugés seraient des vérités, et tous ses sentiments des vertus.
11 faut rendre les enfants raisonnables , mais non les rendre raisonneurs, La première chose à leur apprendre , c'est qu'il est raisonnable qu'ils obéissent , et déraisonnable qu'ils contestent. L'éducation, sans cela, se passerait en argumentations, et tout serait perdu, si tous les maîtres n'étaient pas de bons ergoteurs.
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Quand les enfants demandent une explication , qu'on la leur donne et qu'ils ne la comprennent pas , ils se contentent néanmoins , et leur esprit demeure en repos. Et cependant qu'ont-ils appris? Que ce qu'ils ne voulaient plus ignorer est très-difficile à connaitre; or, cela même est un savoir ; ils attendent , ils palientent, et avec raison.
L'éducation se compose de ce ({u'il faut dire
el (lo ce qu'il faut taire, de silences et d'instructions. Il y a partout des vcrcnda, nefandtty silenda, laccnda, (dlo premenda.
Conservons un peu d'ignorance , pour conserver un peu de modestie et de déférence à autrui : sans ignorance point d'amabilité. Quelque ignorance doit entrer nécessairement dans le système d'une excellente éducation.
Rien de trop terrestre et de trop matériel ne doit occuper les jeunes filles. Il ne faut entre leurs mains que des matières légères. Comme la nature les dégage, en quelque sorte, de la terre et les forme élancées pour les faire belles , il faut que l'éducation fasse pour leur âme ce que la nature a fait pour leur corps-. Tout ce qui exerce pleinement le tact, principalement sur les cboses qui ont de la vie , est peu convenable à leur pureté et la détruirait. Elles le sentent si bien par instinct qu'elles regardent beaucoup et touchent peu; elles A ne touchent même les choses les plus délicates que de l'extrémité de leurs doigts. Elles ressemblent à l'imagination et ne doivent
4 48 qu'effleurer comme elle. Ce qu'il y a de rnoin^ virginal entre nos sens, en effet, c'est le tact. Aussi remarquez qu'une fille ne touche rien 'i comme une femme, ni une femme chaste en son ame comme celle qui ne l'est pas.
On ne voit dans les jeunes gens que des étudiants; moi j'y vois déjeunes hommes. Soufflez sur eux une molle indulgence , et faites fleurir leurs passions ! ils en recueilleront des fruits amers.
En élevant un enfant, songez à sa vieillesse.
Il n'est pas bon d'apprendre la morale aux enfants en badinant. S'il doit y avoir, dans la vie humaine, quelque chose d'immuable et d'indépendant de nos goûts, de nos fantaisies , de notre volonté, c'est le devoir. C'est là le terme qu'il ne faut jamais remuer, le rocher où l'on se sauve , et où le flux et le reflux de nos inclinations doit venir se briser, même dans les orages de la fortune et des passions. Il nous importe d'accoutumer noti'C esprit à
le considérer comnie ne devant jamais changer ni de solidité, ni de place. Cependant, dans la plupart de leurs leçons badines , nos derniers moralistes font du devoir une espèce de jouet avec lequel ils prétendent exercer la jeunesse à bien faire. Ils lui donnent mille faces, et, l'asseyant sur le sable mouvant de notre imagination ou de notre sensibilité, ils veulent en faire l'objet de ce qu'il y a de plus léger et de plus variable en nous , notre plaisir. Ce n'est pas ainsi qu'il faut traiter cette grande affaire de la vie, d'où dépend toute la vertu. Il est essentiel de la conduire avec une gravité profonde, constante, uniforme; et cela importe non -seulement au bonheur des hommes, mais aux plaisirs mêmes de l'enfance. Il y a , dans l'àme humaine , dès le moment où elle se forme, une partie sérieuse, aussi bien qu'il en est une légère et frivole. Les enfants participent à la fois de l'impulsion qui les jeta où ils sont venus et du progrès qui les entrahie où ils doivent aller. Ils sentent leur destination éloignée , plus encore qu'ils ne se ressentent de leur origine si proche. S'il y a autour d'eux un mouvement qui les distrait, il y a devant eux une lumière qui les attire, lumière si convenable à leur I. 29
iialure , que, saiis qu'ils la ilislinguent neltoment , tout ce qui en participe les charme. Le sublime de tous les genres, celui des mots, celui des sentiments, leur cause toujours du plaisir; tous lui paient le tribut d'une admiration aveugle. Vous ne sauriez donc satisfaiie à tous leurs besoins , en cherchant à les amuser par un éternel badinage. Leur esprit veut s'en reposer ; et, quand vous leur présentez comme plaisant ce qui par sa nature est sérieux ; quand vous leur faites pratiquer, en se jouant et comme un divertissement, ce qui doit être pratiqué posément et comme un sacrifice, ils sentent , malgré eux et malgré vous , dans leur conduite , le malaise secret et le mécontentement involontaire d'une fausse position.
Ne montrez aux enfants rien que de simple, de peur de leur gâter le goût, et rien que d'innocent, de peur de leur gâter le cœur, î^loignez d'eux cette moialo qui resscmlMo à une eau qui n'a pas de source, et ne leur faites boire que des eaux vives.
XXM.
Le mol staqc dit à un enfant , est un mol
qiril fompreiKl loiijours, ot qu'on ne lui explique janiîiis.
XXVlf.
Ce qu'on regrette de l'ancienne éducation , c'est ce qu'elle avait de moral , et non ce qu'elle avait d'instructif; c'est le respect qu'on avait pour les maîtres, et celui qu'ils avaient pour eux-mêmes ; c'est le spectacle de leur vie et de l'idée qu'on s'en faisait; c'est l'innocence de ce temps , et la piété qu'on inspirait à l'enfance pour les hommes et pour le ciel : bonheur de l'homme à lous les âges !
XXVHI.
Everfio siiccurrerr srcln , devi-ail (Hvo la devise de l'Université.
Pour enseigner la vertu , <lont il est lant parlé dans Platon, il n'y a (ju'iin moven : c'est f l'enseigner la piété.
C'est au prétie seul à instruire les enlanls dans la religion. ï^e maître d'école ne doii leur apprendre qu'à prier Dieu.
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l.e soin du corps et l'apprentissage des arts, la négligence de l'esprit et l'ignorance des devoirs , sont les caractères de l'éducation nouvelle.
Il ne faut ni que les pères, ni que les maîtres paraissent se mêler de l'animalité des jeunes gens. Renvoyez cette sale et importante matière au confesseur, qui peut seul la traiter sans souillure pour l'élève et pour lui , parce que Dieu intervient et se place entre eux,
11 faut regretter, pour la jeunesse, les leçons de piété que jadis ses regards rencontraient partout, jusque sur les vitraux des cloîtres, dans l'aspect des monastères, et à la vue de ces prie-dieu au pied d'un crucifix, qui formaient, dans chaque maison, à la tête du lit du maître, une chapelle domestique. Des écoles de piété! elles nous paraîtraient, si nous étions sages, indispensables à cet âge qui a besoin qu'on le dresse à aimer le devoir, car il va aimer le plaisii*.
La direclioii de noire esprit est plus inipoi tante que son progrès.
11 faut laisser à chacun , en se contentant de les perfectionner, sa mesure d'esprit, son caractère et son tempérament. Rien ne sied à l'esprit que son allure naturelle; delà son aisance, sa grâce et toutes ses facilités réelles ou apparentes. Tout ce qui le guindé lui nuit; en forcer les ressorts, c'est le perdre. Nous portons tous quelques indices de nos destinations. H ne faut pas les effacer, mais les suivre, sans quoi nous aurons inévitablement une fausse et malheureuse destinée. Il l'aui que ceux qui sont nés délicats, vivent délicats, mais sains; que ceux qui sont nés robustes , vivent robustes , mais tempérants ; que ceux qui ont l'esprit vif, gardent leurs ailes, et que les autres gardent leurs pieds.
Les secours donnés à l'esprit [nniv le rendre plus attentif et plus étendu , sont une force prétendue, une industrie acquise, qui le
i54 I rompent égalemenl sur sa naliue et sur ses lorces naturelles : erreur grave et funeste.
Rien ne corrige un esprit mal fait : triste et lâcheuse vérité, qu'on apprend tard et après bien des soins perdus.
jN'avoir reçu que l'éducation commune aux autres hommes , est un grand avantage pour «eux qui leur sont supérieurs, parce qu'ils leur sont plus semblables.
Aux enfants, en littérature, rien que de simple. La simplicité n'a jamais corrompu le goût ; tout ce qui est poétiquement défectueux est incompatible avec elle. C'est ainsi que la linjpidité de Teau se détruit par le mélange de matières trop terrestres. Notre goût alimentaire se corrompt par des saveurs troj> fortes , et notre goût littéraire , pur dans ses commencements , par les expressions trop prononcées. "Ménagez, égayez la vue do ces jeunes esprits; domiez-leur des auteurs <|ui la reposent et la r('>iouissent.
iVe donnez aux enfants (jue des modèles de bonhomie et de bon goût; ne mettez entre leurs mains que des auteurs où leur ame trouve à la fois un mouvement et un repos perpétuels, ([ui les occupent sans etlorts et dont ils se souviennent sans peine.
11 faut donner pour exemples, aux enfants, des phrases où l'accord entre l'adjectif et le substantif soit non-seulement giammatical, mais moral. L'épithète est un jugement, et le plus insinuant de tous, car il se glisse avec le mot ; et si rien n'est plus important que les idées saines, rien n'est plus important aussi que cet accord. Je diiai donc à nos faiseurs de thèmes : joignez toujours aux substantifs des adjectifs qui expriment l'idée et le sentiment qu'il faut avoir de chaque chose; mettez tout à sa place dans l'esprit, en laissant tout à sa place dans le monde.
* il faut apprendre aux enfants le teiine [uopre, et leur laisseï* trouver le leinie figiuv.
La piéléreiice exclusive qu'on accorde aux mathématiques , dans l'éducation , a de grands inconvénients. Les mathématiques rendent l'esprit juste en mathématiques , tandis que les ^. lettres le rendent juste en morale. Les mathématiques apprennent à faire des ponts, tandis que la morale apprend à vivre.
Les sciences sont un aliment qui enfle ceux ^ qu'il ne nourrit pas ; il faudrait le leur interdire. Ce mets vanté leur fait dédaigner une autre nourriture qui serait meilleure pour eux, aveuglés et flattés qu'ils sont de leur faux embonpoint.
XLY.
* 11 y a des sciences bonnes , dont l'existence est nécessaire à la société et la culture iiuitile aux esprits; telles sont les mathématiques.
Votre géométrie est bonne [»eut-étre à re- ^ dresser l'esprit de riiomme; mais elle raidit
celui de l'eiifaiU ; elle est opposée à la tlocililé.
Il faut que les idées spirituelles et morales entrent les premières dans la tête, car si elles y trouvaient la place prise par les dogmes de la physique , elles ne pourraient plus s'y l'aire jour. L'esprit alors habitué à se contenter de notions grossières en refuserait de meilleures.
En apprenant le latin à un enfant, on lui apprend à être juge, avocat, homme d'état. L'histoire de Rome , même celle de ses conquêtes , enseigne à la jeunesse la fermeté , la justice, la modération, l'amour de la patrie. Les vertus de ses généraux étaient encore des veitus magistrales, et, sur leur tribunal militaire, ils n'avaient point une autre contenance (jue sur la chaise curule. Les actions et les mots , les discours et les exemples , tout con- ( ourt, dans les livres latins, à former des hommes publics. Ces livres suffnaienl pour apprendre au magistrat, qui connaîtrait l'histoire «a la position de son pays , quels sont ses devoirs et quels doivent être ses mœuis , ses talents et ses travaux. C'est ce que savait fort bien
un luagisUal illustre, qui, dans ce siècle où (les livres excellents ont décrié l'éducation an- («) cienne, et où beaucoup de gens n'approuvent que l'étude des langues modernes , disait, avec autant de courage que de raison : « Je veux i « que mon fils sache beaucoup de latin. »
Il suffit, pour une éducation noble et lettrée, de savoir de la musique et de la peinture ce qu'en disent les livres.
La manie de classifier peut être bonne à l'endoctrinement, mais elle est inutile à la science. Elle aide l'élève à répondre , et le docteur à enseigner ; mais elle n'ajjprend ni à l'un ni à l'autre à connaître. Elle est toute pédagogique , et rien au delà.
Souvent on apprend , par la réunion, plus lacilemcnt que par la division et la simplicité, (l'est ainsi (prune médaille, en iin})rimant dans la mémoire le nom d'une ville , donne à reniant plus d(^ i'acilili' pour retenir celui d'une province, cl que, parlant d(^ là comme d'un
4.")'.) point connu , il se met plus aisémenl, de proche en proche, l'univers entier dans la tète. L'histoire et la numismatique rendent l'étude de la géographie moins laborieuse, quoiqu'elles paraissent la compliqner. C'est que cette complication apparente Ji'est, en etïet, qu'une juxta-position de simplicités réelles, dont chacune offre à l'esprit un degré, un échelon, une blanche, à l'aide desquels il arrive au sommet, en sautant et en se jouant. Une analyse exacte et rigoureuse est donc quelquefois, .\} et en un certain sens, un moyen d'ignorer l)lus qu'un moyen d'apprendre.
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Une douce lumière , imperceptiblement insinuée dans les esprits, y porte une joie (pii s'y augmente par la réflexion.
Qui n'a qu'un ton est monotone ; qui est monotone devient ennuyeux. Apprenez donc à la jeunesse toutes les formes du discours , et dressez -la à les mettre en œuvre avec facilité. Le même ton ennuie, mais non la mcme voix; la mémo manière, mais non la même main; la même couleur, mais non le môme
pinceau. 11 y a une unilormilé qui plail. Virgile est Virgile partout ; ainsi de Raphaël , de Gieuze , de Fénelon , de Bossuet , de La Fonlaine , de Racine ; vox hominem sonat ; on les retrouve et on les reconnaît avec délices , toujours les mêmes dans des ouvrages différents. L'ouvrage déplaît, si l'on n'y reconnaît pas l'auteur. Celui-ci a opéré pendant que son àme était absente; c'est une œuvre de son pinceau, de sa plume, et non de lui; c'est l'art ou le métier tout seul ; ce sont des lignes et des couleurs , de l'encre et du papier ; mais il n'y a là qu'une apparence délivre, un mets insipide et froid : le maîtie y manque. L'àme sommeille quelquefois , il est vrai , bonus dormitat Homerus; mais pourvu qu'on la sente, qu'on l'enuevoie, qu'on la devine, on est content. Elle plaît assoupie , oisive ou distraite. Les fautes mêmes font plaisir, si elle y a contribue; mais rien n'est beau sans elle.
il est plus aisé de rcndie la régularité belle (jue le désordre beau , parce que celui-ci repousse la beauté, et ([u'il faut , pour l'introduire en lui , un(; puissante singulière, et que la nalurc soûle peut donner, ("/est donc la ré-
giilarité qu'on doit donner pour modèle aux rommençanls. Les maîtres seuls ont le droit de s'en proposer un autre.
Le plaisir que les hommes goûtent à se sentir instruire, suffirait à leur bonheur; en être rause devrait aussi suffire h notre ambition ; mais nous ne nous contentons pas d'être utiles : nous voulons éblouir.
On ne remarque pas assez à quel point les mœurs et les humeurs du maître , manifestés par sa physionomie , ont d'influence sur les enfants, et les forment ou les déforment.
Craindre de passer pour un pédant, dans la profession de l'enseignement, c'est être un fat.
Enseigner, c'est apprendre deux fois.
Il faut ((ue les livres d'un piofesseur soient
le Iriiil d'une longue expérience , et l'occupalion (le son émérilat.
« Inspirez, mais n'écrivez pas », dit Lebrun; c'est ce qu'il faudrait dire aux professeurs; mais ils veulent écriie , et ne pas ressembler aux muses.
FJN Dl' TOME PREMÎFR.