I. * Raison pourquoi figures
• Ils avaient à entretenir un peuple charnel et à le 594 rendre dépositaire du testament spirituel. (Barri.) 198 II fallait que pour donner foi au Messie il y eût eu des prophéties précédentes, et qu'elles fussent portées par des gens non suspects et d'une diligence et fidélité et d^un zèle extraordinaire et connu de toute la terre.
Pour faire réussir tout cela, Dieu a choisi ce peuple charnel, auquel il a mis en dépôt les prophéties qui prédisent le Messie comme libérateur et dispensateur des biens charnels que ce peuple aimait ; et ainsi il a eu une ardeur extraordinaire pour ses prophètes, et a porté à la vue de tout le monde ces livres qui prédisent leur Messie, assurant toutes les nations qu'il devait venir, et en la manière prédite dans leurs livres qu'ils tenaient ouverts à tout le monde. Et ainsi ce peuple déçu par Tavénement ignominieux et pauvre du Messie, ont été ses plus cruels ennemis. De sorte que voilà le peuple du monde le moins suspect de nous favoriser, et le plus exact et le plus zélé qui II. ^6
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se puisse dire pour sa loi et pour ses prophètes, qui les porte incorrompus.
419 C*est pour cela que les prophéties ont un sens caché *^^ et spirituel , dont ce peuple était ennemi , sous le charnel dont il était ami. Si le sens spirituel eût été découvert, ils n^étaient pas capables de l'aimer ; et ne pouvant le porter ils n'eussent pas eu le zèle pour la conservation de leurs livres et de leurs cérémonies. Et s'ils avaient aimé ces promesses spirituelles et qu'ils les eussent conservées incorrompues jusqu'au Messie, leur témoignage n'eût pas eu de force puisqu'ils en eussent été amis. Voilà pourquoi il était bon que le sens spirituel fût couvert. Mais, d'un autre côté, si ce sens eût été tellement caché qu'il n'eût point du tout paru, il n'eût pu servir de preuve au Messie. Qu'a-t-il donc été fait? Il a été couvert sous le temporel en la foule des passages, et a été découvert si clairement en quelques-uns, outre que le temps et l'état du monde ont été prédits si clairement qu'il est plus clair que le soleil. Et ce sens spirituel est si clairement expliqué en quelques endroits, qu'il fallait un aveuglement pareil à celui que la chair jette dans l'esprit quand il lui est assujetti, pour ne le pas reconnaître.
Voilà donc quelle a été la conduite de Dieu. Ce 420 sens est couvert d'un autre en une infinité d'endroits, et découvert en quelques-uns rarement, mais en telle sorte néanmoins que les lieux où il est caché sont équivoques et peuvent convenir aux deux ; au lieu que les lieux où il est découvert sont univoques, et ne peuvent convenir qu'au sens spirituel.
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De sorte que cela ne pouvait induire eu erreur, et qu'il n'y avait qu'un peuple aussi charnel qui s'y pût méprendre.
Car quand les biens sont promis en abondance , qui les empêchait d'entendre les véritables biens » sinon leur cupidité qui déterminait ce sens aux biens de la terre? Mais ceux qui n'avaient de biens qu'en Dieu les rapportaient uniquement à Dieu. Car il y a deux prin« cipes qui partagent les volontés des hommes : la cupidité et la charité. Ce n'est pas que la cupidité ne puisse être avec la foi en Dieu, et que la charité ne soit avec les biens de la terre. Mais la cupidité use de Dieu et jouit du monde ; et la charité, au contraire.
Or, la dernière lin est ce qui donne le nom aux choses. Tout ce qui nous empêche d'y arriver est appelé ennemi. Ainsi les créatures, quoique bonnes, sont ennemies des justes quand elles les détournent de Dieu ; et Dieu même est l'ennemi de ceux dont il trouble la convoitise.
Ainsi le mot A' ennemi dépendant de la dernière fin, les justes entendaient par là leurs passions, et les charnels entendaient les Babyloniens : et ainsi ces termes n'étaient obscurs que pour les injustes. Et c'est ce que dit Isaïe : Signa legem in elecHs mets * ; et que Jésus- Christ sera pierre de scandale ^. Mais bienheureux ceux qui ne seront point scandalisés en lui^! Osée, ult., le dit parfaitement : Où est le sage ? et il entendra ce que je dis. Les justes l'entendront j car les voies de Dieu sont droites; mais les méchants y trébucheront^.
• Is. 8. 16. — « «s. 8. U. — 'Mallh. 11.16.— f Osée. U. 10.
«90 De sorle que ceux qoi ont rejeté et cnicifié Jésus- m Christ qui leur a été en scandale, sont ceux qui perlent les livres qui témoignent de lui et qui disent qu'il sera rejeté et en scandale; de sorte qu'ils ont marqué que c'était lui en le refusant, et qu'il a été également prouvé et par les justes Juifs qui l'ont reçu et par les injustes qui l'ont rejeté : l'un et l'autre ayant été prédits.
^' II . Et cependant ce Testament, fait de telle sorte qu'en éclairant les uns il aveugle les autres, marquait en ceux même qu'il aveuglait la vérité qui devait être connue des autres; car les biens visibles qu'ils recevaient de Dieu étaient si grands et si divins, qu'il paraissait bien qu'il avait le pouvoir de leur donner les invisibles et un Messie *.
•207 Une des principales raisons pour lesquelles les prophètes ont voilé les biens spirituels qu'ils * promettaient sous les figures des biens temporels, c'est qu'ils avaient affaire à un peuple charnel qu'il fallait rendre dépositaire du testament spirituel '.
m. * Figures.
^gg Dieu voulant se former un peuple saint, qu'il sépa-
• Ce paragraphe n'est ni dans le MS., ni dans la Copie. ■— Il a été publié dans la première édition.
» Ce paragraphe, qui n'a été publié que dans l'édition de 1678, n'est ni dans le MS , ni dans la Copie.
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rerait de toutes les autres nations, qu'il délivrerait de ses ennemis, qu'il mettrait dans un lieu de repos, a proniisde le faire et a prédit par ses prophètes le temps et la manière de sa venue. Et cependant, pour affermir l'espérance de ses élus dans tous les temps, il leur en a fait voir l'image, sans les laisser jamais sans des assurances de sa puissance et de sa volonté pour leur salut. Car dans la création de l'homme Adam en était le té* moin, et le dépositaire de la promesse du Sauveur qui devait naître de la femme. Lorsque les hommes étaient encore si proches de la création , qu'ils ne pouvaient avoir oublié leur création et leur chute ; lorsque ceux qui avaient vu Adam n'ont plus été au monde, Dieu a envoyé Noé et il l'a sauvé, et noyé toute la terre par un miracle qui marquait assez et le pouvoir qu'il avait de sauver le monde, et la volonté qu'il avait de le faire et de faire naître de la semence de la femme celui qu'il avait promis.
Ce miracle suffisait pour affermir l'espérance des...
La mémoire du déluge étant encore si fraîche parmi les hommes, lorsque Noé vivait encore Dieu fit ses promesses à Abraham, et lorsque Sem vivait encore ' Dieu envoya Moïse, etc.
IV. /^aïe.VLLa merRougeimagedelaRédemption. ** — Ut sciatis quod Filius habet potestatem remittendî
peccata, tibi dico : Surge *.
(95 — Dieu, voulant faire paraître qu'il pouvait former
un peuple saint d'une sainteté invisible et le remplir
■ 11 y a là un anachronisme.
' Marc. II. fOel 11.
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d'une gloire éternelle, a fait des choses visibles. Gomme la nature est une image de la grâce, il a fait dans les biens de la nature ce qu'il devait faire dans ceux de la grâce, afin qu'on jugeât qu'il pouvait faire l'invisible, puisqu'il faisait bien le visible.
Il a donc sauvé ce peuple du déluge; il Ta fait naître d'Abraham; il l'a racheté d'entre ses ennemis, et Ta mis dans le repos.
L'objet de Dieu n'était pas de sauver du déluge , et de faire naître tout un peuple d'Abraham, pour ne l'introduire que dans une terre grasse.
Et même la grâce n'est que la figure de la gloire, car elle n'est pas la dernière fin. Elle a été figurée par la loi et figure elle-même la grâce ' ; mais elle en est la figure et le principe ou la cause.
— La vie ordinaire des hommes est semblable à celle des Saints. Ils recherchent tous leur satisfaction, et ne diffèrent qu'en l'objet où ils la placent. Us appellent leurs ennemis ceux qui les en empêchent, etc. Dieu a donc montré le pouvoir qu'il a de donner les biens invisibles par celui qu'il a montré qu'il avait sur les visibles.