DE LA POLITESSE ET DES MANIÈRES H
tin poëme, un tableau, un trait, un visage, un discours, «ne parole, un accent, un geste d'être touchants! ex.
Le bon goût est RBcessaire à la moitié de la morale, car il règle les bienbéances.
Les beaux habits sont un signe de joie.
Les habits modestes rendent modestes ceux qui les portent ; compliqués , ils amènent insensiblement quelque complication dans les manières des personnes les pius simples. Tous les hommes ne peuvent pas se donner un habit assorti à leurs mœurs; mais tous assortissent inévitablement leurs manières à leur habit.
Le soldat bien vêtu s'estime plus lui-même; bien armé, il est plus courageux; bien nourri, il est plus fort, plus hardi, plus content, plus disposé à obéir et à bien faire. Il paraît aussi plus redoutable à l'ennemi et lui impose, car la bonne mine est une puissance, cxjv
Les vêtements doivent entrer dans l'idée de la beauté;
ils font la grâce.
Les femmes en habits d'hommes et non flottants perdent la grâce.
La grâce imite la pudeur, comme la politesse imite
la bonté.
Toute grâ ce provient de quelque patience, et par conséquent de quelque force qui s'exerce sur elle-même. Grâce ou retenue, l'est tout un.
<16 TITUF, VIII,
La grâce entoure l'élégance, et la revêt.
ex IX.
La force est naturelle; mais il y a de l'habitude dans la grâce. Cette qualité charmante a besoin d'être pratiquée, pour devenir continuelle,
Il ne faut pas décrier les beaux dehors, car ils offrent les apparences naturelles des belles réalités; on ne doit censurer que ce qui les dément,
Les belles manières tendent à imiter la bonne mine, "çlle-ci tient à la construction d'un corps bien fait, et ÉS belles manières nous en donnent quelque apparence. On se tient droite, pour paraître grande; on efface ses épaules, pour rendre sa poitrine plus large; on marche la tête levée, pour donner à son cou une longueur plus gracieuse.
Les manières sont un art. Il y en a de parfaites, de louables et de fautives; mais il n'en est point d'indifférentes. Comment n'y a-t-il pas, parmi nous, de préceptes qui les enseignent, ou du moins de doctrine qui nous apprenne à en juger, comme de la sculpture, de la musique? La science des manières serait plus importante au bonheur et à la vertu des hommes qu'on ne le croit. Si la vertu conduit aux mœurs, les mœurs conduisent à la vertu : or, les manières sont une partie essentielle des mœurs. Il faut donc se donner des manières belles, simples et convenables, dans chaque occasion, pour parvenir à la sublime sagesse.
DE liA SAGESSE, DE LA VERTU, DE LA MORALB,