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Il faut apprendre aux entants le terme propre et leui laisser trouver le terme figuré. *
La préférence exclusive qu'on accorde aux mathématiques dans l'éducation a de grands inconvénients Les mathématiques rendent l'esprit juste en mathéma tiques, tandis que les lettres le rendent juste en morale Les mathématiques apprennent à faire des ponts , tandis que la morale apprend à vivre.
Les sciences sont un aliment qui enfle ceux qu'il ne nourrit pas ; il faudrait le leur interdire. Ce mets vante leur fait dédaigner une autre nourriture qui serai meilleure pour eux , aveuglés et flattés qu'ils sont d< leur faux embonpoint.
Il y a des sciences bonnes, dont l'existence est nécessaire à la société et la culture inutile aux esprits telles sont les mathématiques.
Votre géométrie est bonne peut-être à redresser l'esprit de l'homme; mais elle raidit celui de l'enfant: ell est opposée à la docilité.
Il faut que les idées spirituelles et morales entren les premières dans la tête , car si elles y trouvaient 1 place prise par les dogmes de la physique , elles n( pourraient plus s'y faire jour. L'esprit alors habitué à s< contenter de notions grossières en refuserait de meil leures.
En apprenant le latin à un enfant , on lui apprend i
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tre juge, avocat, homme d'État. L'histoire de Roint", lèine celle de ses conquêtes, enseigne à la jeunesse la :Tmeté, la justice, la modération, l'amour de la patrie, .es vertus de ses généraux étaient encore des vertusmagistrales, et, sur leur tribunal militaire, ils n'avaient 'Oint une autre contenance que sur la chaise curule. Les étions et les mots, les discours et les exemples, tout oncourt dans les livres latins à former des honmies lublics. Ces livres suffiraient pour apprendre au maistrat, qui connaîtrait l'histoire et la position de son •ays, quels sont ses devoirs et quels doivent être ses nœurs, ses talents et ses travaux. C'est ce que savait ort bien un magistrat illustre , qui , dans ce siècle où es livres excellents ont décrié l'éducation ancienne, et ù beaucoup de gens n'approuvent que l'étude des aiigues modernes, disait avec autant de courage que le raison : « Je veux que mon fils sache beaucoup de atin. '
Il suffit, pour une éducation noble et lettrée, de saoir de la musique et de la peinture ce qu'en disent les ivres.
La manie de classifier peut être bonne à l'endoctnlement, mais elle est inutile à la science. Elle aide 'élève ù répondre et le docteur à enseigner; mais elle l'apprend m à l'un ni à l'autre à connaître. Elle est oute pédagogique et rien au delà.
Souvent on apprend, par la réunion, plus facilement jue par la division et la simplicité. C'est ainsi qu'une nédaille, en imprimojit dans la mémoire le num d'u.i;© aile, donne à l'enfant plus de facilité pour retenir celui
d'une province, et que, partant de là comme d'un point connu , il se met plus aisément , de proche en proche, l'univers entier dans la tète. L'histoire et la numismatique rendent l'étude de la géographie moins laborieuse, quoiqu'elles paraissent la compliquer. C'est que cette complication apparente n'esten effet qu'une juxtaposition de simplicités réelles, dont chacune otfre à l'es orit un degré, un échelon , une branche, à l'aide desquels il arrive au sommet, en sautant et en se jouant Une analyse exacte et rigoureuse est donc quelquefois, et en un certain sens , un moyen d'ignorer plus qu'un moyen d'apprendre.
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Une douce lumière, imperceptiblement insinuée dans les esprits, y porte une joie qui s'y augmente par la réflexion.
LUI
Qui n'a qu'un ton est monotone; qui est monotone devient ennuyeux. Apprenez donc à la jeunesse toutes les formes du discours , et dressez-la à les mettre en œuvre avec facilité. Le même ton ennuie , mais non la même voix ; la même manière, mais non la même main; la même couleur, mais non le même pinceau. Il y aune uniformité qui plaît. Virgile est Virgile partout ; ainsi de Raphaël , de Greuze , de Fénelon , de Bossuet , de la Fontaine, de Racine : vox hominem sonat; on les retrouve et on les reconnaît avec délices , toujours le', mêmes dans des ouvrages différents. L'ouvrage déplaît, si l'on n'y reconnaît pas l'auteur. Celui-ci a opéré pendant que son âme était absente; c'est une œuvre de son pinceau, de sa plume, et non de lui; c'est l'arf ou le métier tout seul; ce sont des lignes et des couleurs, de^
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l'encre et du papier; mais il n'y a là qu'une apparence de livre, un mets insipide et froid : le maître y manque. L'âme sommeille quelquefois, il est vrai, bonus dormital Homeriis ; msiis pourvu qu'on la sente, qu'on l'entrevoie, qu'on la devine, on est content. Elle plaît assoupie, oisive ou distraite. Les fautes même font plaisir, si elle y a contribué; mais rien n'est beau sans elle.
Il est plus aisé de rendre la régularité belle que le désordre beau, parce que celui-ci repousse la beauté, et qu'il faut pour l'introduire en lui une puissance singulière et que la nature seule peut donner. C'est donc la régularité qu'on doit donner pour modèle aux commençants. Les maîtres seuls ont le droit de s'en proposer un autre.
Le plaisir que les hommes goûtent à se sentir instruire suffirait à leur bonheur; en être cause devrait aussi sutïîre à notre ambition ; mais nous ne nous contentons pas d'être utiles : nous voulons éblouir.
On ne remarque pas assez à quel point les mœurs et les humeurs du maître, manifestés par sa physionomie, ont d'influence sur les enfants, et les forment ou les déforment.
Craindre de passer pour un pédant, dans la profession de l'enseignement, c'est être un fat.
Enseigner, c'est apprendre deux fois.
11 faut que les livres d'un professeur soient le fruit
d'une longue expérience, et l'occupation de son émérttat.
« Inspirez, mais n'écrivez pas, » dit Lebrun; c'est ce qu'il faudrait dire aux professeurs, mais ils veulent écrire, et ne pas ressembler aux Muses.