LES DAMNÉS DE LA FONTAINE
La Fontaine, entendant plaindre le sort des damnés au milieu de l'enfer, dit : « Je me flatte qu'ils s'y accoutument, et qu'à la fin ils sont là comme le poisson dans l'eau. »
L ABBE DAINGEAU.
L'abbé Dangeau, de l'Académie française, grand puriste, travaillait à une grammaire et ne parlait d'autre chose. Un jour, on se lamentait devant lui sur les malheurs de la dernière campagne ( c'était pendant les dernières années de Louis XIV). « Tout cela n'empêche pas, dit-il, que je n'aie dans ma cassette deux mille verbes français bien conjugués. »
LE DANSELK DE MADAlNiE DE M AL REPAS.
Madame de Maurepas avait de l'amitié pour le comte Lovvendahl (fils du maréchal), et celui-ci, à son retour de Saint-Domingue, bien fatigué du voyage, descendit chez elle. «Ah! vous voilà, cher comte! dit-elle. Vous arrivez bien à propos : il nous manque un danseur, et vous nous êtes nécessaire. » Celui-ci n'eut que le temps de faire une courte toilette et dansa. -- *^
DALBERVAL ET LEKAIN.
Avant que mademoiselle Clairon eût établi le costume au Théâtre-Français, on ne connaissait pour le théâtre tragique qu'un seul habit qu'on appelait l'habit à la romaine, et avec lequel on jouait les pièces grecques, américaines, espagnoles, etc. Lekain fut le premier à se soumettre au costume, et se fit faire un habit grec pour ouer Oreste d'Andromaque. Dauberval arrive dans la loge de Lekain, au moment que le tailleur de la comédie apportait l'habit d'Oreste. La nouveauté de cet habit frappa Dauberval, qui demanda ce que c'était. « Cela s'appelle un habit à la grecque, dit Lekain. — Ah ! qu'il est beau!
reprond Dauberval; le premier habit à la romaine dont j'aurai besoin, je le ferai faire à la grecque. »