BONNE ÉDITION DE LA BIBLE
On parlait à l'abbé Terrasson d'une certaine édition de la Bible, on la vantait beaucoup. « Oui, dit-il, le scandale du texte y est conservé dans toute sa pureté. »
MADAME D'EGMONT ET DU GlESCLIN.
On annonça, dans une maison où soupait madame d'Egmont, un homme qui s'appelait Duguesclin. A ce nom, son imagination s'allume: elle fait mettre cet homme à table à côté d'elle, lui fait mille politesses, et enfm lui offre du plat qu'elle a devant elle (c'étaient des truffes' : « ^ladame, répond le sot, il n'en faut pas à côté de vous. — A ce ton, dit-elle en contant cette histoire, j'eus grand regret à mes honnêtetés. Je fis comme ce dauphin qui, dans le naufrage d'un vaisseau, crut sauver un homme, et le rejeta à la mer en voyant que c'était un singe. »
LA COMTESSE d'eGMONT ET M, DE FBONSAC.
La comtesse d'Egmont, ayant trouvé un homme du premier mérite à mettre à la tête de l'éducation de M. de Chinon, son neveu, n'osa pas le présenter en son nom. Elle était pour M. de Fronsac, son frère, un personnage trop grave. Elle pria le poète Bernard de passer chez elle.
Il Y alla; elle le mit au fait. Bernard lui dit : « Madame, l'auteur de l'Art d'aimer n'est pas un personnage bien imposant; mais je le suis encore un peu trop pour cette occasion : je pourrais vous dire que mademoiselle Arnould serait un passe-port beaucoup meilleur auprès de monsieur votre frère... — Eh bien, dit madame d'Egmont en riant, arrangez le souper chez mademoiselle Arnould. » Le souper s'arrangea. Bernard y proposa l'abbé Lapdant pour précepteur : il fut agréé. C'est celui qui a depuis achevé l'éducation du duc d'Enghien.