Pensées, maximes, essais et correspondance de J. Joubert
Lorsque je me décidai à faire paraître cet ouvrage avec tout le soin qu'il méritait par luimême , et que je devais d'ailleurs à la mémoire du meilleur et du plus aimé des frères, ma santé, profondément altérée par la perte encore récente de deux de mes enfants que la mort m'avait enlevés presque coup sur coup , m'obligea de confier cette mission à celui que j'avais deux fois choisi pour faire successivement le bonheur de mes deux fdles ; j'étais loin de m'altendre que quelques années après, et parvenu à l'âge de plus de quatre-vingts ans , je
me trouverais obligé de le remplacer lui-même I. 1
pour faire païaîlrc la S(3(on<Ir édition, i'<'ii(lii(' n<''('i*ssaire par le snccrs de la prnnirn*.
Trllc est «ppcndanl la Irislc posilioii dans la(|ii('ll(' m'a place'' le s(mI (pii n'a cessé do ni<' poursuivre depuis quehjues années. La morl m'a encore ravi M. Paul Kaynal, qui m'avail si doucement accoutumé à le regarder comme un de mes enfants, et le meilleur soutien, ]v plus sur consolateur de ma vieillesse.
.le n'ai plus personne autour de moi (pii puisse tenir sa place, et sur qui je puisse me reposer de l'accomplissement d'un devoir qui m'est si cher ; je me trouve donc obligé de renverser les rôles et de continuer M. Raynal dans la tache qu'il avait si laboiieusemenl et si heureusement accomplie une piemière fois.
Je dois ajouter que cette tache m'a été rendue bien facile par les soins que M. Raynal s'était déjà donnés pour réunir et pour mettre en ordre les matériaux qui doivent rendre cette seconde édition plus complète. C'est à ces mêmes soins et à ceux qu'il a été indispensable d'y ajouter que le public devra la découverte de (jnelques nouvelles pensées, et quelques lel-
très qiii nous ont été communiquées et qu'on trouvera dignes en tout de celles qui ont déjà paru.
Cette seconde édition, avec les additions ~ ^^a.d<^. et les améliorations qui y ont été faites , peut donc être considérée comme définitive.
A. JOUBEHT.