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LXXXVIII

Donner à l'esprit le pas sur le bonsens, c'est préférer le luxe au ne'cessaire.

Si le bon-sens n'est pas estimé re qu'il vaut, c'est que personne ne croit en manquer.

Sanial Dubay.

\vouer qu'on s'est trompé, c'est ma-

infester que l'esprit a fait un pas vers la perfection, car c'est déclarer qu'on a une erreur de moins que la veille.

Il est de l'homme de se tromper, et

d'un fou de perse'vérer dans son erreur.

Cicéron.

La fainéantise est une mort prématurée; ce n'est pas vivre que de ne pas

agir.

L'athée voit tout dans la nature, excepté celui sans qui rien ne serait.

Sanial Dubay.

Les scélérats tombent dans l'athéisme

(i93) par ce raisonnement de leur conscience : j'existe, donc Dieu n'existe pas.

IMalesherbes.

Il y a peu de femmes si parfaites qu'elles empêchent un mari de se repentir, du moins une fois le jour, d'avoir une femme, ou de trouver heureux celui qui

n'en a point.

La Bruyère.

L'or est le lien de presque tous les mariages.

Livry.

Les e'poux, en se mariant, font vœu de s'aimer; ne serait-il pas mieux, pour leur bonheur, qu'ils fissent vœu de se plaire?

* La plus douce des sociétés devrait être celle du mariage, auquel la religion même imprime son caractère pour en rendre les nœuds plus forts et plus heureux; rien cependant n'est plus ordinaire que de voir des personnes qui ne pouvaient vivre sans s'unir se négliger, s'oublier, se haïr, dès que leur union est formée.

Stanislas.

* L'une des sources des malheurs du mariage, c'est que la fille n'y envisage que la personne, et que la mère n'y considère que le bien.

On ne parle jamais de marier ceux

('95) qui s'aiment également, mais ceux qui sont également aimes de la fortune.

Les mariages les plus parfaits sont les moins imparfaits; les plus pacifiques sont les moins orageux.

La floche.

eu.

Il y a de bons mariages; mais il n'y en a pas de délicieux.

La Rochefoucauld.

cm.

Le mariage est un marché où il n'y a que l'entrée de libre; la durée en est contrainte et forcée.

Montaigne.

Le mariage est un pays d'épreuve et

de patience: l'amour y mène, et quitte presque toujours à la frontière; au défaut de l'amour, l'intérêt introduit dans cette terre difficile: de quelque manière qu'on en sorte, c'est par violence.

Il y a bien des gens dont le mariage est une longue querelle.

Les époux qui s'estiment s aiment toujours assez.

cvu.

La mauvaise humeur est l'hiver des ménages.

Les époux qui s'aiment se disent mille choses sans parler.

Les vertus de ménage sont d'autant plus difficiles, qu'on en a plus souvent besoin.

* Si les époux restaient amants, il y aurait moins de mariages malheureux.

La puissance des maris est une puissance de protection et d'amour; on en

abuse quand elle dégénère en tyrannie.

Labouisse,

* Ce n'est point se marier, c'est négocier, que de prendre une femme pour son bien ; ce n'est point se marier, c'est se contenter, que de prendre une femme '7-

(i98) pour sa beauté; ce n'e-^t point se marier, c'est radoter à certain âge, que de prendre une jeune femme pour avoir de la société : se marier, c'est choisir avec discernement, à loisir, par inclination et sans intérêt, une femme qui vous choisisse de même.

Le pays du mariage a cela de particulier que les étrangers ont envie de l'habiter et les habitants naturels voudraient

en être exdés.

Dufresnv.

Une femme est toujours sure du cœur de son mari, tant qu'elle l'est de sa patience.

Mauvais mari est quelquefois bon père;

('09) mauvaise épouse n'est jamais bonne mère.

Se faire aimer de son mari, et le ren tire fidèle, n'est rien auprès de lui persuader tous ses devoirs à force de s'en faire estimer.

Plus une femme est vertueuse, plus elle gagne sur la tendresse et l'estime de son mari ce qu'elle cède à ses défauts.

La rose de l'hymen est souvent cultivée en serre-chaude; elle survit rarement au désir.

Bruun Neergaard.

On devrait obliger tous les méde-

cins a se marier ; n'est-ce pas une justice qu'ils rendent à l'état quelques hommes pour ceux qu'ils lui enlèvent à toute

heure?

DufresnT.

Un habile médecin se sert avec succès de l'espérance et de la crainte; l'une adoui.it les maux, l'autre prévient les

rechutes.

IAis.

La nature a blanchi le lait des mères, de peur que les enfants ne s'accoutumassent au sang.

L'horreur du sang est un des caractères distinctifs d'une âme bien née.

Le sang des sujets n'appartient pas prince, mais à l'état.

Celui qui répand le sang, et celui qui prive le mercenaire de sa récompense , sont frères.

La Pioche.

Ne séduis point la femme d'autrui.

Persans.

Il faut être en garde sur ses sens, comme sur ses ennemis déclarés.

cxxvn.

L'âme d'un sage reçoit l'impression

des sens comme une glace reçoit les objets qui passent devant elle.

Le sommeil des sens prépare le réveil

de la raison.

Lingrée.

* On peut être exilé du mariage par les séparations ; il n'y a de véritable sortie que le veuvage.

* Quoique le veuvage suppose la mort de l'un des deux époux, il me paraît moins à craindre que la séparation : les séparés sont des animaux sauvages, incapables des plus beaux nœuds de la société.

Diifresnv,

Les diamants qui n'ont point de tache sont toujours bien enchâssés: il en est de même des tilles, si elles sont chastes, modestes et vertueuses.

' Négliger l'éducation des filles, c'est préparer la honte de sa propre famille et le malheur des maisons dans lesquelles elles doivent entrer.

On juge de ce que sera une fille dans

la maison de son époux, en voyant ce

qu'elle est dans celle de ses parents.

Chinois.

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