CXC IX
II vaut toujours mieux que nos réprimandes soient au-dessous de la faute
qu'au-dessus.
Mme Necker.
Personne ne souffre plus doucement
d'être repris que celui qui mérite le plus
d'être loué.
Mme Lambert.
La simplicité est la coquetterie du bon goût.
Tout le monde aime la simplicité; quelques uns l'admirent; peu de gens l'adoptent; personne ne l'envie.
( 222 ) CGIII.
Ménagez le temps, la vie en est faite.
ce IV.
L'union des époux et des familles devient de jour en jour une curiosité.
Sanial Dubay.
La pudeur est sans doute un des plus grand.» charmes de la beauté, mais ce n'est qu'un ornement dans la première jeunesse; elle ne mérite le nom de vertu que quand elle est assez heureuse pour augmenter avec l'âge.
Autant la pitié est douce quand elle
vient à nous , autant elle est amère, même
dans ses secours, quand il faut l'implorer. Lacretelle.
Rien de plus funeste que la malignité; elle blesse même l'homme de bien qu'elle
touche.
Thaïes.
La malignité se nourrit, en mère cruelle, des rapports qu'elle a elle-même* enfantés.
Sanial Dubav.
Le tempérament de l'âme s'altère et se
gâte comme celui du corps.
Mme Lambert.
Le temps ou un peu d'eau nettoie les taches du corps; le temps ni les eaux
d'aucun fleuve ne peuvent enlever les
taches de l'âme.
Cicéron.
Pour rendre les hommes meilleurs, il
ne faut que les éclairer. Le crime est
toujours un faux jugement.
Duclos.
Tout ce qui ne nous rend pas meilleur, ne saurait nous rendre heureux.
Quand les liaisons sont fondées à-lafois sur les penchants et sur les principes ,
la chaîne en est indissoluble.
Mme Necker.
Les honnêtes gens se lient par le? ver*
tus, le commun des hommes par les plaisirs, et les scélérats par les crimes.
Mme Lambert.
Il faut mettre bien du temps à juger ceux avec qui on se he, pour ne contracter que des liaisons de longue durée.
* Il faut sur-tout écarter les jeunes gens des mauvaises compagnies; car c'est avec elles qu'ils se forment au vice.
Il ne faut pas toujours se lier avectous ceux qui s'attachent trop aisément à nous; mais il faut nous unir étroitement à des hommes éprouvés qui méritent notre tendresse , et dont l'attachement ne
peut manquer de nous être moralement
utile.
Plutarque.
La langue est la partie du corps par laquelle les médecins reconnaissent les maladies du corps, et les philosophes celles de l'âme.
La langue est le témoin le plus faux
du cœur.
Pérez.
La langue d'un muet vaut mieux que
celle d'un menteur.
Arabes.
L'homme se connait par sa langue, de
même qu'une mauvaise noix à sa légèreté.
Il n'y a de ve'ritables larmes que celles qu'on répand sur de véritables maux.
Les cœurs durs et cruels ne sentent point de douceur à pleurer : des larmes répandues avec bienséance et avec modération sont la preuve d'un caractère sensible et généreux; elles ne déshonorent jamais.
Bien des gens versent des larmes pour les montrer : ils ont les yeux secs, quand ils n'ont point de spectateurs, et se croiraient déshonorés de ne pas pleurer, quand tout le monde pleure. La mau-
vaise habitude de se régler sur l'opinion est tellement enracinée, que l'on contrefait jusqu'au sentiment le plus naturel, celui de la douleur.
Sénèque.
Les larmes perdent de leur amertume, dès que la main de l'amour les essuie.
Il faut ignorer une partie de son habileté pour devenir encore plus habile.
Il est toujours plus judicieux de passer pour habile que pour fin.
ce XX VI II.
Il est permis d'être plus habile que les autres; mais il est dangereux de le paraître.
C'est le fait d'un habile homme de Voir tout par lui-même, et aussi d'entendre et de suivie les avis des gens habiles.
Les affligés reçoivent quelque soulagement lorsqu'on prend part à leurs afflictions.
Euripide.
Les affligés ont assez d'éloquence pour lasser l'attention des plus patients; et pour l'ordinaire ils parlent aussi longtemps qu'ils souffrent.
ccxxxn.
Une affliction arrive rarement seule.
Boëce .
CCXXX11I.
C'est s'affliger plus qu'il ne le faut que de s'affliger ayant qu'il en soit besoin.
béneque.
La vie des personnes qui sont dans l'affliction est une espèce de mort.
Si nous pensions sérieusement sur ce qui nous console, nous aurions honte de notre affliction; car nous nous ronsolons pour si peu de chose, qu'il ne valait pas la peine de s'affliger.
ce XX XVI.
Quelque prétexte que nous donnions à nos affflictions , ce n'est souvent que l'intérêt et la vanité qui les causent.
La Rochefoucauld.
ccxxxvn.
Si la tristesse attendrit l'âme, une profonde affliction l'endurcit.
J. J. Rousseau.