fas tant (B
5. Allusion a la c&ebre parabole qui est dans Tfivangile de saint Luc, XVIII, 9-14.
i. Eti haut ^ gauche Pascal avait note : y» me setvirait. z. Gen., xiv, 24.
3. Ge#.9 iv, 7 : Dieu a Cain avant le crime : « Sous toi seront tes d6sirs. »
PENSEES / SECTION Vlt 361
la chose, et peut-etre plus, puisque Dieu pent du mal tirer le bien, et que sans Dieu on tire le mal du bien1?
5°° Cople
I/intelligence des mots de bien et de mal 256
Premier degre : etre blame en faisant mal, et loue ^157 en faisant bien.
Second degre : n'etre ni loue ni blame,
Abraham ne prit rien pour lui, mais seulement 249 pour ses serviteurs a; ainsi le juste ne prend rien pour soi du monde, ni des applaudissements du monde; mais seulement pour ses passions, desquelles il se sert comme maitre, en disant a Tune : Va> et : Viens* Sub te erit appetitus turn 3. Ses passions ainsi dominees sont vertus : 1'avarice, la jalousie, la colere; Dieu m6me se les attribue, et ce sont aussi bien vertus que la clemence, la pitie, la Constance, qui sont aussi des passions. II faut s'en servir comme d'esclaves, et, leur laissant leur aliment, empecher que Tame n'y en prenne; car quand les passions sont les maitresses, elles sont vices, et alors elles donnent a Tame de leur aliment, et Tame s'en nourrit et s'en empoisonne.
Les philosophes ont consacre les vices, en les 265 mettant en .Dieu mtoe; les chr&iens ont consacrd les vertus.
90 Le juste agit par foi dans les moindres choses : quand il reprend ses serviteurs, il souhaite lent conversion par Pesprit de Dieu, et prie Dieu de les corriger, et attend autant de Dieu que de ses reprehensions, et prie Dieu de benir ses corrections. Et ainsi aux autres actions...
[... Autre motif que la charite considere cela comme une privation de Tesprit de Dieu; et une action mauvaise a cause de la parenthese ou interruption de 1'esprit de Dieu en lui; et [;/j se repent en s'en affligeant 1.]
107 Tout nous peut etre mortel, meme les choses faites pour nous servir; comme, dans la nature, les murailles peuvent nous tuer, et les degres nous tuer, si nous n'allons avec justesse.
Le moindre mouvement importe a toute la nature; la mer entiere change pour une pierre. Ainsi, dans ]a grace, la moindre action importe par ses suites a tout. Done tout est important.
En chaque action, il faut regarder, outre faction, notre etat present, passe, futur, et des autres a qui elle importe, et voir les liaisons de toutes ces choses. Et lors on sera bien retenu.
433 Que Dieu ne nous impute pas nos peches, c'esta-dire toutes les consequences et suites de nos peches,
1. Ces dernieres lignes, i partir de privation, precedent le fragment que nous publions d'apr&s le d^chinrement de 2. Toutneur. Mais, toutes mutilees qu'elles sont, elles compltont d'unc fajon intfiressante la pens^e do Pascal.
qui sont effroyables, des moindres fautes, si on veut les suivre sans misericorde !
Les mouvements de grace, la durete de coeur; 429 les citconstances ext&ieures.
Pout faire d'un homme un saint, il faut bien que 453 ce soit la grace, et qui en doute ne sait ce que c'est que saint et qu'homme.
Philosophes. — La belle chose de crier a un homme 416 qui ne se connait pas, qu'il aille de lukneme a Dieu, Et la belle chose de le dire a un homme qui se connait !
L'homme n'est pas digne de Dieu, mais il n'est 27 pas incapable d'en etre rendu digne.
II est indigne de Dieu de se joindre a Thomme miserable; mais il n'est pas indigne de Dieu de le tirer de sa misere.
Si Ton veut dire que Thomme est trop peu pour 47 meriter la communication avec Dieu, il faut &re bien grand pour en juger,
Elle est toute le corps de J&us-Christ, en son 390 patois x, mais il ne peut dire qu'elle est tout le coips de J&us-Christ.
i II s*agit de 1'hostie consacr6e, selon Texplication pro-
L?union de deux choses sans changement ne fait point qu'on puisse dire que Tune devient Fautre :
Ainsi 1'arne etant unie au corps,
Le feu au bois, sans changement.
Mais il faut changement qui fasse que la forme de 1'une devienne la forme de Tautre,
Ainsi Funion du Verbe a Fhomme.
Parce que mon corps sans mon ame ne ferait pas le corps d'un homme, done mon ame unie a quelque matiere que ce soit, fera mon corps.
II ne distingue Ja condition necessaire d'avec la condition suffisante : Funion est necessaire, mais non suffisante.
Le bras gauche n'est pas le droit.
L?impenetrabilit6 est une propridte des corps.
Identite de numero au regard du m6me temps exige Fidentite de la matiere.
Ainsi si Dieu unissait mon ame a un corps a la Chine, le m£me corps, idem nttmero, serait a la Chine.
La nieme riviere qui coule la est idem numero que celle qui court en meme temps a la Chine.
posee par Descartes dans les lettres au P. Mesland et divulgue*e par dom R. Desgabets : le Corps du Christ y garde son identit6 num^rique (idem numero) parce qu'il est inform^ par la m£me ame. Mais un changement de substance est necessaire. Et 1'union de r3.me avec la matiere est insuffisante sans 1'orgaxusation propre au corps huraain. Enfin 1'argument cart^sien : « La Loire est la m£me riviere qui 6tait, il y a dix ans, bien que ce ne soit plus la m£me eau,.. » (A. T. IV, 165) ne vaut que dans la succession temporelle tandis que la Transsubstantiation concerne simultan6ment plusieurs hosties. Comment sauvegarder leur distincdon (comme celle des deux bras du me"me corps) sans consid^rer Fimp$ne'trabiUt6 de la matiere ? Mais on se neurte alors a nouveau au myst^re, que Descartes expliquait trop naturellement : comment tout k corps de J.-C. est-il contenu sous les esp&ces sacramentelles ? C£ L. COUTURE, Commentaire fun fragment de 'Pascal sur FEucharistie (1898)*
Pourquoi Dieu a etabli la priere. 121
i° Pour communique* a ses creatures la dignite de la causalite,
2° Pour nous apprendre de qui nous tenons la vertu.
3° Pour nous faire meriter les autres vertus par le travail.
Mais, pour se conserver la premiere l, il donne la priere a qui il lui plait.
Objection : Mais on croira qu'on tient la priere de SOL
Cela est absurde; car, puisque, ayant la foi, on ne peut pas avoir les vertus, comment aurait-on la foi? Y a-t-il pas plus de distance de Pinfidelit6 a la foi que de la foi a la vertu ?
MMtiy ce mot est ambigu 2.
Meruit hob ere JLedemptorem*.
Meruit tarn sacra membra t anger e 4.
Dlgno tarn sacra membra t anger e 5.
Non sum dignus 6.
1. Correction de M. Lafuma d'apres le manuscrit Puller. L. Brunschvkg avait lu prtimimnce> Z. Tourneur priori tL
2. On distingue le mente de congruo d'aprfes lequel il est convenable que Dieu r6compense 1'acte de Tliomme, sans que celui-ci ait cependant un droit ngoureux au pardon : tel est le cas du p£cneur pnv6 de la grace justifiante, et qui prie; et le mente de condigio> d'apres lequel on a droit a un accroissement de grice, parce que Dieu I'a promis et qu'il s'est ainsi oblige lui-m£me : tel est le cas de Thomme juste, qui a la foi vive. (J. CHEVALIER),
3. « II a m6ntd d'avoir un Rddempteur » (Office du Samedi Saint).
4. « II a m6nte de toucher ses membres si sacr6s. » (Office du Vendredi Saint).
5. « Digne de toucher etc, » (Hymne Vexilla R^/x). 6. « Je ne suis pas digne » : parole du centurion (saint Luc, vn, 6) que Ton r6pete avant la Communion.
Qui manducat indignm l.
Digtws est accipen*.
Dignare me 3.
Dieu tie doit que suivant ses promesses. II a promis d'accorder la justice aux prieres 4, jamais il n'a promis les prieres qu'aux enfants de la promesse 5.
Saint Augustin a dit formellement que les forces seraient otees au juste. Mais c'est par hasard qu'il Fa dit; car il pouvait arriver que Toccasion de le dire ne s'offrit pas. Mais ses principes font voir que, ^occasion s'en presentant, il etait impossible qu^il ne le dit pas, ou qu'il dit rien de contraire. Cest done plus d'etre force a le dire, Toccasion s'en offrant que de Tavoir dit, Toccasion s'etant offerte : Tun etant de necessite, Tautre de hasard. Mais les deux sont tout ce qu'on peut demanded
495 « Operez votre salut avec crainte 6. » Preuves de la grace 7: Petenti dabtiur 8. Done, il est en notre pouvoir de demander. Au contraire : done il n'y est pas, puisque 9 Tobtention y est, le prier 10 n'y est pas. Car puisque le salut n'y
i. « Qw mange... mdigmmtnt... le Corps du Seigneur mange et bolt son jugement » (saint PAUL, I Cor., xi, 29).
2. « II est digne de receyoir. » Cf. Apoff,9 IV, 1 1 : « Seigneur, tu es (w) digne de lecevoir gloire, nonneur et puissance. »