GRAND HOMME EXISTE « A PRIORI
Les hommes bons par faiblesse sont de vrais scélérats.
Le père fait parfois tout ce que veut l'enfant.
La société ne s'inquiète pas de ce que les hommes
auraient été dans l'état de nature, mais à quoi ils
peuvent lui servir.
Faire faire la nomenclature de tout ce qui existe sur l'éducation.
Avant le mariage, l'enfance; pendant l'enfance, l'éducation ; avant l'éducation, l'expérience — peu de pères se sont tirés de là.
Picart, prêtre de Dijon 1 756 . a soutenu dans une brochure que le lait de la mère est la seule nourriture possible de reniant et que toute autre le dénature. — La Reine Blanche avait donc presque raison. — Je ne sais pas ou plutôt je sais comment cela s'est fait, mais tous les grands hommes ont d'abord été pauvres, et Ton a cru que la pauvreté n'était la mère que des artistes et des vices. — Or personne n a encore remarqué que tous les grands rois ont été les élèves du malheur. Des scholiastes cloueront ici des noms, mais, pour le moment, voici ceux que je cite : Napoléon, Frédéric II, Henri IV, Louis XI, le prince Eugène ni Cromwell n'avaient le sou', Richelieu, Mazarin étaient à la lettre de pauvres diables. — Pour une princesse, Catherine II n'était pas riche. Quant à Catherine I, elle était la plus pauvre gourgandine de l'armée. Personne au monde n'a été plus au-dessous de ses affaires que ne l'a été César, puisqu'il est le seul qui ait acheté la couronne à force de dettes.
1 Cf. Le Cabinet des Antiques (1836), VII. 27 : « Victurnicn [d'Esgrignon] était arrivé soudain à la faiblesse des voluptueux, dans le moment de sa vie où, pour s exercer, sa force aurait eu besoin du régime de contrariétés et de misères qui forma les prince Eugène, les Frédéric II et les Napoléon. »
Vous comprenez que je me dispense de compter avec Sémiranis, Romulus et David, Thomas Kouli Kan, Gengis Kan, Attila, mais ces drôles-là n'avaient probablement pas cinquante mille francs de rente sur les grands livres de ce temps-là, quand ils sont partis de chez eux pour aller ravager les voisins, et je déclare que l'idée fondamentale de ce livre est que le père et lanière tuent presque toujours moralement parlant leurs enfants. Les orgies de toute espèce dominent l'enfance, et la vie, ici tout est à faire, car ce n'est pas tant de l'enfant qu'il s'agit que du père et de la mère, de la nature, des mœurs. Il y a des hommes qui à 40 ans ont encore le goût de leurs langes, d'autres qui se croient à cet âge mur au collège. Ceux-ci restent dans la jupe de la première femme qu'ils rencontrent et portent le poids de cette jupe, ceux-là restent cloués dans une même idée.
Les hommes font les lois, les femmes font les mœurs.
Les gens qui n'ont pas de cœur sont aussi fous et aussi malheureux que ceux qui n'ont pas d'intelligence.