PLANS, FRAGMENS
Il gèlerait le soleil
Les deux rencontres. — La visite d'un meurtrier dans une famille bien unie et simple de mœurs — par un jour d'hiver. — Hospitalité mauresque. — Le père qui vient de donner à son fils une leçon sur la religion du serment. — Mettre en France la démolition du kiosque anglais de lord je ne sais qui, le père de Fox1.
Les rubriques de Quinola2.
Le mendiant considéré poétiquement et philosophiquement. — Le voleur est Napoléon, le mendiant n'est qu'Homère3.
1 Les deux rencontres, chap. V de la Femme de trente ans (Revue de Paris, 21 et 28 janvier 1831).
2 II s'agit des Ressources de Quinola (1842), annoncées sous ce premier titre dans les Lettres à l'Etrangère, septembre 1841.
3 Des Artistes (1830), XXII, p. 147 : « Napoléon est un aussi grand poète qu'Homère; il a fait de la poésie comme le second a livré des batailles. »
PENSÉES, SUJETS, PRAGMENS M
Mon mari voulait une petite fille, j'ai eu un petit garçon, moi je voulais un enfant1.
La dette. — Un homme poursuivi qui voit son billet écrit sur sa pendule, sur son fauteuil, qui voit son ménage saisi, qui, à chaque coup de sonnette, croit voir entrer son créancier, qui est l'esclave de son nom signé sur un timbre, qui se voit chez l'huissier enveloppé 'persiflé f) par des clercs, qui ne rêve que de l'heure de l'exécution, qui chez son protecteur la veille a risqué sa dernière pièce de cent sous, n'a pas osé parler d'argent et s'en est revenu chez lui crotté. Le remords ne vous chasse pas de chez vous au lieu qu'un billet vous met à Sainte-Pélagie 2.
Je n'ai plus que deux mots à te dire : je t'aime3.
La fin du monde annoncée pour une époque fixe, ce qui s en suit, les gens qui ont souscrit des billets qui échéent après la fin du monde, les jeunes filles
1 Le médecin de campagne (1832-33), XIII, 532 : « Mes deux mères veulent un garçon, mon mari désire une petite fille : je crois qu il me sera bien difficile de les contenter tous.
— Mais vous, que voulez-vous? dit en riant Beuassis.
— Ah ! moi, Monsieur, je veux un enfant. »
— Cf. le premier chapitre de la Peau de chagrin (1830-31).
3 Albert Savarus (1842), II, 222 : « Je suis tellement occupé, que je ne puis aujourd huite rien dire qu'un rien, mais ce rien est tout. N'est-ce pas d'un rien que Dieu a fait le monde ? Ce rien, c'est un mot, le mot de Dieu : Je t'aime ! »
qui se donnent, les b... ruinés parce que toutes les femmes se livrent, les avares qui ouvrent leurs coffres, toutes les relations sociales changées, Ton se bat, Ton se tue, un poitrinaire se moque d'un homme en santé. — Orgie générale. — Plus de masques.
La succession. Un neveu assistant au spectacle.
Sa maîtresse ravissante. L'oncle amoureux leur donne
sa fortune. Le neveu ne la trouve pas jolie, approuve
son oncle. L'oncle se tue et le blâme, l'oncle meurt,
la maîtresse et le neveu se marient. Tout avait été
convenu dans une mansarde. Les cohéritiers sont
dépouillés1.
Le sujet de la Moresse2.
-?- La transaction3.
Un fils signant chez un avoué la vente du cadavre de son père avec l'assassin riche \
Toilette d'Eve.
1 Est-ce le premier projet de la Rabouilleuse (1842) ?
2 Contes drolatiques. La mauresque est un personnage du Péché véniel (1832) et du Succube (1833).
3 Premier titre du Colonel Chabert (1832). * Cf. La peau de chagrin, XV, 30 et 148.
La maison au point du jour sur la route de Versailles1.
Le tambour-major qui se tue pour avoir laissé tomber sa canne devant l'empereur à la revue.
Une vie de jeune fille. Histoire d'Agathe. Consulter Philipon2.
L'homme qui a la manie d'élever de beaux enfants à la patrie, qui s'y ruine, mais un jour il a 400 enfants de vingt-deux ans, tous riches, qui lui font 800.000 francs de rentes par pension alimentaire. Placer ses capitaux en chair humaine, en reconnaissance filiale, une patrie d'enfants, etc.
La bella donna**.
Le dernier bienfait**. Melmoth [réconcilié]. Conte fantastique.
Le marchand d'habits**.
1 La femme de trente ans, peut-être.
2 L'Agathe du Médecin de campagne peut-être. — Charles Philipon, le fondateur de la Caricature où Balzac, en 1830, criblait de sarcasmes Louis-Philippe et son régime.
Le vieux garçon**.
Un innocent ayant subi la peine due au crime
d'un riche et venant redemander quinze ans après
sa réputation.
II est temps de passer sa pelure.
M [ettre?] la Mauresse à Namaly-le-Maure. [En marge, de la main de Balzac :] Voir si la Mauresse et le Succube ne sont pas le même sujet.
Ghika, Gabriel, François Gilot, médecin huguenot, le père Chappeloud, Guillaume Caulet, chanoine.
Détrôner la patrie, vendre ses pleurs. Gomment ne serait-elle pas jalouse d'un b... 1, elle en sort. Ninon, ne pouvant avoir un homme quelle aime, prie autrement que la courtisane amoureuse.
Les cinq conversations : faubourg Saint-Germain ; quartier d'Antin ; Saint-Denis; Marais ; faubourg Saint-Antoine ; artistes et hommes supérieurs *.
1 Une Conversation entre onze heures et minuit (1832).
L'école des princes*1.
Un numéro entier composé de4articles distincts qui feraient un roman. Le dénouement serait à table. De l'enfant qui devine un secret? Faire un drame de terreur profonde avec une arrière-boutique et des habits d'aujourd'hui2.
La Bonnard de la Journée à Versailles entrant dans
une affaire de vie et de mort et, au 5e acte, en danger
dallera léchafaud, comme Bonnard se trouve dans
une affaire sans la connaître. Niaiserie et terreur.
Comique et tragique3.
Du cardinal de Richelieu.
Il n'y a que son chapeau qui rougisse. — Tu ne dors que quand le diable te berce. — Je te donne à plus de diables qu'il n'y a de cocus, de sergents (de soldats,), etc. en France. — Aussi doux qu'une étrille. — Les finances sont à lui comme les sergens sont au
1 Le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans son Histoire des Œuvres de H. de Balzac, mentionne une pièce, Y Education du Prince, qui ne fut jamais jouée.
2 La femme de trente ans est faite de quatre parties entièrement distinctes et dont les personnages communs changeaient de nom à chaque épisode, dans la première version.
3 Une journée à Versailles ou Le Discret malgré lui, comédie en 3 actes en prose de M. Georges Duval (Odéon, 1814). Le personnage principal s'en appelle Bonneau et non Bonnard. On y parle bien d'une dame Bonneau mais elle n'y paraît pas. (Communication de M. Auguste Rondel.)
diable, ou les avoués, etc. — Sa robe est rouge. — Pour se rendre riche il a mis la pauvreté partout, — Son bonnet nous coûte déjà tant que rien ne pourra payer le reste du harnais de la bête. — Il a plus d'abbayes que les officiers n'ont de buvettes. — La lisière est pire que le drap. — Comme une chèvre coiffée de nuit ressemble à une demoiselle. — Coucher dans le lit d'un gueux et ne pas avoir la gale.
Un fils était à table, son domestique entre pour lui apprendre la mort de son père. — Tu ne pouvais pas me dire cela demain ?
L'Évêque auquel son domestique apprend que les épinards sont au gras (un vendredi) : Pourquoi as-tu été à la cuisine? ce n'est pas ta place.
A quoi nous sert la civilisation, si ce n'est pour mériter de ces regards qui font oublier des années de chagrin? Il ne me restait plus que la chance d'être un scélérat vulgaire, j'ai voulu mieux. Je ne trouve rien qui me raconte ou me dise un monde meilleur. Un fou, c'est souvent un homme qui habille ses idées et en fait des êtres, les voit ou leur parle l.
1 Cf. La confession de Raphaël dans La peau de chagrin .
Ces mois qui disent toute une vie, révèlent une
àme ou contiennent un avenir. — Ces délires qui
commencent par des larmes et finissent par l'ivresse
et vice-versa. — Ces douces paroles qui n'effacent
pas la douleur, mais qui l'apaisent, la bercent et
l'endorment dans le cœur. — Ma vie est un long
silence1.
Un fat sans bonnes fortunes. — Le jour où nous romperons une lance ensemble, il m'en restera de la sienne plus long qu'à lui dans la main.
Une lettre, n'est-ce pas une amie?
Mordre la mort.
Occupé à son or.
Comment, elle sera là ce soir?
Expliquer comment une femme si légère me pèse tant sur la conscience2.
Vous, frêle et jeune créature, avez été jetée dans la vie comme une fleur qui tombe d'une fenêtre dans la rue.
1 La peau de chagrin, XV, 150 : « Ma vie a été un trop long silence. »
2 La belle Imperia (1832), XIX, 9 : « Je m'esbahis comment une femme si légiére et si tloulce pèse tant sur le cueur ! »
Si je l'avais revu maigri, jetais perdue.
Saint Jean dans Pathmos!... Quel article, l'Apocalypse.
Louis XI a commenté Tarquin l'ancien.
Faire un roman nommé La Bataille*, où Ion entend à la première page gronder le canon et à la dernière le cri de victoire, et pendant la lecture duquel le lecteur croit assister à une véritable bataille comme s'il la voyait du haut d'une montagne, avec tous ses accessoires, uniformes, blessés, détails. La veille de la bataille et le lendemain. Napoléon dominant tout cela. La plus poétique à faire est Wagram1, parce quelle implique Napoléon au sein de sa puissance, se mariant à une archiduchesse et qu'il y a un roman précédent pour le peintre national aux Tuileries et un troisième ouvrage qui peigne les ressorts de sa ruine ourdie par le Metternich.
Un vieux diplomate se servant de l'amour de son
1 Cf. Lettres à l Étrangère, t. I, p. 7 : « Ma bataille, c'est Essling, etc. »
fils pour découvrir un secret d'État et se moquant de ses tortures.
Linvention dune peau qui représente la vie.
Conte oriental '.
II y a tout un roman bien neuf dans ladv Delphine Orberry de Maturin, dans Le Jeune Irlandais. Le révérend ne Ta pas vu... Il y en a un dans la Possédée de la Gnzla, petit livre de Mérimée2.
Peindre l'amour ne vivant que de luxe, dans le cachemire, la soie, au milieu des tapis, des mousselines et l'homme ayant obtenu cela (pour en vivre ?) z.
C'était un homme qui avait un accent circonflexe sur le nez gras et rouge '.
Un divertissement de bivouac. — Un capitaine nommé Bianchi, enfant trouvé de l'hôpital de Côme où l'on donne le
1 La peau de chagrin.
2 Dans une lettre de juillet 1832, Balzac, alors à Angoulème, chez Mme Carraud, demande à sa mère de chercher dans sa bibliothèque de Paris Le jeune Irlandais, et de le lui envoyer immédiatement — La Guzla, 1827.
8 La peau de chagrin XV, 86 : « Ah ! vivre l'amour dans la soie, sur le cachemire, » etc.
1 La belle hnperia. XIX, 9 : « L'archevesque, fronssant l'accent circonflexe qu il avoyt au-dessus du nez... »
même nom à tous les enfants déposés dans l'établissement, était au bivac en Espagne. — Les deux camps étaient voisins. — Au commencement de la nuit, il se mit à jouer avec un autre italien, il avait 1.200 francs et les perd. On voyait au loin les sentinelles espagnoles. Bianchi au désespoir, car il avait besoin de 2.400 francs ou de périr (ceci est à établir), parie qu'il ira poignarder la sentinelle espagnole et qu'il en rapportera le cœur, et le mangera (détail de bivac... marmite, feux). Il y va comme un sauvage, tue, prend le cœur, le rapporte, le fait frire comme un foie de veau et le mange. Ce capitaine Bianchi appartenait au 6e de ligne en Espagne, il est entré le premier à Barcelone, je crois, et il est mort au siège de Tarragone. Il provenait de la fameuse légion italienne formée par Napoléon à l'île d'Elbe de tous les mauvais sujets de l'Italie, fils de famille indomptables, gens ruinés, etc. Le 6e de ligne fut en partie composé des débris de cette légion, il était d'une bravoure incroyable. Il était commandé par un Corse nommé Eugène, et comme le régiment entier avait la croix, il s'écriait au milieu du feu : « Avanti, avanti, signori brigandi, cavallieri, ladroni, etc. ' ».
Est-elle riche ? oui. En ce cas, l'union fait la
force2.
M. de Lafayette. Je Tai embrassée trois fois et j'y retourne8.
1 Conversation entre onze heures et minuit. XX, 301-03..
2 Le Faiseur (1839-40), XVIII, 492. — M'ne Mercadet : Va, ma fille, marie-toi richement. — Mercadet : Dans ce cas-là, l'union fait la force !
3 Dans son Histoire, M. de Spoelberch a réimprimé quelques
Payer un remords cent sous, c'est trop bon marché.
Sujet. Une femme qui refuse à son amant de se laisser baiser le petit doigt, et qui se donne à un homme puissant par calcul.
Sujet. Dans la campagne de Russie, une batterie d'obusiers chargée de détruire une petite construction de briques, blesse un russe à la cuisse ; les soldats le prennent, c'était un officier. On le place sur un caisson et Ion marche ; le russe crie comme le diable, le sergent s'approche de lui en entendant le russe dire que c'était une horreur, une infamie; que, d'après Scharnoff, auteur saxon qui a écrit sur l'art militaire, l'on ne devait jamais tirer des obus sur des voltigeurs (le russe était un voltigeur) ; le sergent français, qui ne veut pas avoir tort et que le nom de Scharnoff intimide veut et fait observer que si le russe a été blessé, c'est que l'obus a ricoché !
Sujet. L'incendie de Ravenne. — Un des faubourgs
articles parus dans la Caricature de Charles Philipon, et que leur peu d'importance avait fait négliger par les Œuvres complètes. Cf, la fin des Baisers patriotiques, p. 259 du Spoelberch (16 déc. 1830), avec cette note de notre album.
de Ravenne plein de brigands, la terreur de la ville, un soldat français y est assassiné en plein jour. Pendant la nuit tous les soldats de la demi-brigade en garnison se lèvent, s'arment sans prévenir un seul sous-officier, tous les soldats cernent le faubourg, y mettent le feu et fusillent tout, hommes, femmes et enfants. M. de Pommereul me Ta raconté, il commandait, il allait faire sa partie d'échecs avec le podestat quand il a entendu la fusillade. — Les bourgeois de Ravenne furent enchantés et viennent le remercier, croyant qu'il a commandé cela1.
Sujet. Mme Firmiani. (Le nom véritable est Fantucci) . Brillante à Moscou, chargée de diamants, elle est adorée d'un officier qui attend le mari pour lui brûler la cervelle dans la déroute. Il se retrouve dans une grange avec cette femme et refuse de la mettre sous une couverture qu'il avait.
Histoire de la poutre qui allait ensevelir tout le monde sous le toit qu'elle soutenait. On était indifférent à la mort. M. P... sort et tue le Wurtemburgeois qui tirait la poutre.
Mme Fantucci perd son mari, se met avec unfran-
1 II est question d'un épisode dramatique à Ravenne, sans autres détails, dans le Colonel Chabert.
PENSÉES, SUJETS, FRAGMEXS 81
çais, un italien, et, de protecteur en protecteur, elle gagne la France et l'Italie. Elle est à Messine remariée ' .
Sujet. Le général Ruska, qui fusille sans cérémonie les tyroliens qui ont de la poudre dans la main2.
L'amour est écrit sur les murs.
Méchant comme un âne rouge vient de ce qu'en
Perse on peint en rouge les ânes venus dune ânesse
et d'un onagre. Ils sont rapides comme des chevaux
et méchants. Il en sera venu quelque jour en
France3.
Que me fait l'estime? L'estime, c'est d'être aimée
par lui...
L'oiseau du Bédouin, il a des ailes aux pieds.
Alors j'ai compris que, tout venant de Dieu, il y
i jyjme Firmiani, l'héroïne de la nouvelle qui porte son nom (1832), est au contraire un personnage d'une haute moralité. — L'histoire de la poutre est contée par Genestas dans le Médecin de campagne (1833), XIII, 522-23.
2 Conversation entre onze heures et minuit.
3 Cf. La peau de chagrin, XV, p. 188.
avait de Dieu en tout quelque chose et que ma substance devait posséder en elle un invisible, un incompréhensible principe qui pouvait servir de lien entre
elle et Dieu.
Dépenser beaucoup plus chez le boulanger que
chez l'apothicaire.
Porter le cœur d'un roi au fond dune besace.
Un berger qui ne se soucie ni de son chien ni de son troupeau.
N'entendez point à la manière de cette dame qui s'écriait : « Quel passage de la vie sainte Marie l'Egyptienne? » le passage du bateau.
Cinquante ans le jour et vingt ans la nuit et vice
versa.
Devinez quand une femme ne parle que pour se voir contredite.
Dévoiler toutes les souffrances de la misère, les petits incidents, la solitude, l'abandon. La dernière pièce de 5 francs risquée au bal du banquier dont on
PENSÉES, SUJETS, PRAGMENS 83
est venu chercher la protection. Les petites causes font qu'il ne vous écoute pas. Seul contre la nécessité, la nécessité transformée en propriétaire, en loyer, en blanchisseur, etc.
-?- II y a la misère en bas de soie et la misère qui mendie '.
Va, reste, tu seras près de moi comme une image de ma conscience morte.
Faut-il tuer quelqu'un pour vous? si j'ai jamais quelqu'un à tuer, je le tuerai moi-même.
Faire une tragédie de Messaline et de Philippe II pris, autrement Philippe II, pleurant son fils. D. Carlos, un mauvais chien voulant changer la monarchie espagnole, etc. — Messaline, la Dubarry de Claude, Claude le prenant mal2.
Faire le jugement de Jésus-Christ (admirable sujet3).
1 La peau de chagrin, XV, 133 : « Il y a deux misères, madame...
2 Lettres à l'Étrangère I, 162 et 498. M. Furcv-Guesdon (Mortonval) devait collaborer à ce drame projeté en 1837.
3 Peut-être 1 Eglise ou Jésus-Christ en Flandre (1831).
Cette fois-ci, ce n'est pas une vessie qu'ils ont crevée. Mot pour Danton1.
Il y avait dans ce sourire de la grâce et de la moquerie tout ensemble.
Tout cela me console de la vie, mais ce n'est pas la vie.
Sa peau nacrée. Son œil où tant d'àme respire est
bleu comme les cieux.
Les heures les plus frileuses de la nuit.
Amorcer avec de la chair humaine.
La vertu n'en veut pas, le vice n'en veut plus. Fatiguée de vertu, rassasiée de vice.
La grexadière2.
Richelieu. — C'est parce que j'ai craint de perdre
Danton paraît dans la Comédie du Diable (1831).
le pouvoir tous les soirs que je l'ai gardé le lendemain. — Je serai Richelieu pour te conserver tous les soirs, je craindrai de te perdre pour l'avoir à
moi le lendemain \
■§• Souffrir la vie.
Je risque la France, je puis bien me risquer. Je me risque, la France est risquée.
Un visage aigu, des yeux verts de mer, nez pointu.
Le chirurgien de Padoue***.
Un enfant naturel élevé chez un curé, visité une seule fois pendant la nuit par sa mère, qui est une grande dame, qui l'adore, mais qui refuse de se faire connaître, qui met toute la terre comme moyen de fortune à sa disposition. Il trouve moyen de la voir une fois. Il se met chirurgien parce que c'est une vocation. Vaincue par son amour, sa mère se décide à tout quitter pour venir avec lui. Il la dissèque sans le savoir.
Diane**. Une jeune fille ravissante qui veut se marier.
1 Lettres à l'Etrangère. 10-12 octobre 1837 : » Quand j'ouvre mon livre, où j'ai mis toutes les pensées de mes ouvrages, et tant de choses, je reviens toujours à : « Je serai Richelieu pour le conserver ». C'est, dans le grand parc de mes idées, la fleur que je caresse le plus de l'œil. »
Histoire interrompue et conte fantastique de ses animalcules. Elle a une fille1.
Nous venons de saluer les monarchies avec la tête d'un roi.
Ah ! tu comptes avec ton père 2. — Un père à son
fils : Je vivrai plus longtemps que toi. — Dieu vous
entende, car je ne vous survivrai pas, — ou vous ne
savez quels rêves inventer pour me dire des choses
désagréables.
Sujet : La fausse maîtresse.3 — Un homme magnifiquement obligé par un autre et amoureux de la femme de son bienfaiteur, vivant avec eux, assassiné tous les jours et dépérissant de chagrin.
Le paysan dont le fils a fui la conscription, logeant et nourrissant un garnisaire qui lui mange tout, soupçonné d'avoir caché son fils et ne sachant pas où il est, dîne avec le préfet. N'ayant plus de bois pour cuire le dîner du gen-
1 En marge, de la main de Balzac : « La guerre des Guillebris, 6e dizain. » Une note parue à la fin du troisième dizain des Contes drolatiques annonce, comme devant faire partie du 4° : D une guerre esmeue entre les Guillebris et les Kallibistrifères. Mais on sait que le 4e non plus que les suivants ne fut jamais écrit. — Voir plus loin.
2 Cf. La Vendetta (1830), II, 297.
darme, il va à la forêt, trouve son fils mort de faim, le charge sur ses épaules et l'apporte au préfet '.
Abandonnés à la môme aventure, unis parle même malheur, ils s'étaient rencontrés dans la vie eomme deux naufragés dans l'Océan qui ne peuvent plus voir qu'eux entre le ciel et l'onde.
Pourquoi une mère préfère-t-elle un enfant à un
autre? Il y a dans ce fait tout un traité sur rame et
les sentiments.
II y a des moments où les nuages entassés se retirent comme des voiles.
Il a de l'esprit comme tout un public.
Incoyable paole d'honneur. — Il paraît que vous avez bien faim ici puisque vous en êtes réduit à manger les mots.
C'est une femme à b... sur une planche pourrie, à un pied au-dessus d'un précipice.
1 Echantillon de causerie française (1832 .
Te voilà un homme, mon enfant, ta vie ne vaut pas ma passion.
Sujet. Histoire de la succession du marquis de Garabas dans le fief de Coquatrix*. — Sa mort. — Son testament. Ce qu'était devenu le chat. Les trente héritiers, etc. Faire tenir la Convention des morts dans le marquis de Carabas ' .
M. Coudreux à l'enterrement de saint Sébastien parlant de ses poinçons et de sa douleur. Y mettre le morceau de la Danse des pierres. Il meurt avec la réputation d'un homme pieux, et le père Coudreux fait son éloge, — un bien doux jeune homme, depuis la mort de sa femme il n'est pas sorti de chez lui2.
Tu me verses à boire comme si j'avais monté ton
bois3.
La 2e édition de la Peau de chagrin * pourrait prendre
1 Cette histoire devait former 2 volumes in-8ù qu'aurait illustrés Tony Johannot. — La Convention des morts, un des sous-titres de la Comédie du Diable à l'origine.
2 La danse des pierres, v. Jésus-Christ en Flandre.
3 La maison Nucingcn (1837) VIII, 628 : « Allons, voilà Finot qui me verse à boire comme si j'avais monté son bois, »
4 La deuxième édition de la Peau de chagrin parut effectivement
le titre de Contes et Romans philosophiques et être en 3 volumes in-8°et contenir : 1° la peau de chagrin, 2° l'élixir de longue vie, 3° les proscrits, 4° les deux rêves, 5° étude de femme, 6° l'absolution*, 7° [le mot manque].
L'auberge rouge.
La monographie, la mauresque et les 3 cardinaux* pour 1832 '.
Diane**, conte drolatique.
Une histoire qui commence par l'amour d'une belle fille du faubourg Saint-Germain pour un colonel de lanciers2. L'histoire interrompue. Montrer ce qui se passe dans la génération en mettant les animalcules à la 100e puissance.
La découverte du nouveau monde et un vaisseau.
Le premier et le dernier coups**, conte drolatique.
chez Gosselin, en septembre 1831, avec plusieurs autres romans, sous le titre de Romans et contes philosophiques, 3 vol. in-8°, mais la composition de cette édition n'est pas telle que projetée ici.
1 L'Auberge rouge (1831). La Mauresque : le Péché véniel (1S32\ le Succube (1833). — J'ignore de quelle monographie il est ici question. — On sait que les Trois Cardinaux, qui ne parurent jamais, devaient mettre en scène le Père Joseph, Mazarin et Dubois. Balzac les annonçait pour juin 1830 dans sa Correspondance.
2 Sans doute la première partie de La Femme de trente ans.
Le monde d'aujourd'hui et celui d'hier juges de l'avenir.
Un livre intitulé Même histoire, composé de fragments détachés sans queue ni tête en apparence, mais ayant un sens logique et secret1.
Il faut le séduire par la vertu.
-*• Joue du trèfle ou je te fais pendre.
J'y tiens comme à un préjugé. — Faire difficilement les choses faciles. — C'est un vieillard dont je fais l'éducation.
Quand le soleil flambe sous un ciel pur.
Un roman de tendresse.
Le sujet de ce militaire qui jouit d'une fille de 16 ans, à sa mort... le bol de punch et la pipe2.
1 La même histoire, titre de la Femme de trente ans, dans l'édition de 1834-35.
2 Une conversation entre onze heures et minuit (1832).
La belle saison de flamme et de lumière.
Le jeune étudiant en médecine et la fille morte vierge, qui avait une tumeur dans la matrice et ne voulait pas se laisser toucher.
La femme et son enfant frappés de terreur de ce qu'un étranger l'examine et depuis ce jour en proie à un pressentiment et perdant son enfant. Les soins dune mère pendant une maladie de langueur. La succession de M. de Verai. La jeune fille quittant le château de son oncle1. L'interdiction2.
Pour le 4e volume des Romans et contes philosophiques.
Le crétin**. — La Marana. — Le roi**. — Le petit souper. — L'absolution*. — L' auberge rouge. — L'interdiction— Cornélius (fait)3.
1 Le nom de M. de Verai ne se retrouve pas dans la Comédie humaine.
2 Datée février 1836.
3 Cette seconde division ne fut pas plus observée que la précédente. — La Marana 1832, le Petit souper des Deux Rêves) avaient paru en janvier 1828, Maître Cornélius 1831.
Le prêtre** ' et saint Jean dansPathmos**. Le mendiant**.
Mon affaire, il y a comme spécimen un admirable livre à faire avec le Médecin de campagne ~.
De la tyrannie moderne**, ouvrage politique à faire.
12 juin. — Le 5e volume des Romans et Contes philosophiques peut se composer de : Les souffrances du Créateur**, de Une vue du monde et le roi**, Coquecigrue ou le Crétin**3.
Le prêtre** (Fait4.) Le ministre b. Saint Jean dans Pathmos**, l'Absolution*.
1 Le prêtre catholique, sans doute annoncé dans la Correspondance pour 1833, et dont la collection Lovenjoul renferme quelques fragments.
2 Le médecin de campagne (1832-33) . — « Mon affaire » est sans doute une allusion au projet que nourrissait alors Balzac d'écrire des romans susceptibles d'un énorme tirage et d'être édités à bas prix.
3 II s'agit évidemment du 12 juin 1832, — Les souffrances de l inventeur. Balzac, dans ses Lettres à l'Etrangère, 13 octobre 1833, projette de mettre en scène Bernard de Palissy, mais plus loin, dans notre album, il fait suivre ce même titre du nom de M. Claës entre parenthèses. Il faut donc croire qu'il s'agit ici de la Recherche de l'Absolu.
* Le prêtre catholique, longtemps annoncé, et qui ne parut jamais en dépit du « fait » qui l'accompagne ici. 5 1830.
Donnez-m'en trop.
Pour les Conversations entre onze heures et minuit: Melmoth réconcilié1. L'absolution*. Zéna**.
(Un homme si personnel qu'il s'enivre avec délices de sa puanteur.)
Sujet.
1er volume. Souffrances confiées à Dieu.
Une mère mourante soignée par ses deux fils, elle n'est pas mariée. Son enterrement2.
La mère et le petit enfant. Le pressentiment du dîner. La succession laissée. Départ obligé.
2e volume. Etudes de femmes.
(Retirer des Contes philosophiques l'Étude de femme, Sarrasineet Mme Firmiani.)
La femme abandonnée. — Les amours d'une laide*. La transaction. — Une fille d'Eve3.
Une femme mariée infidèle à son mari, le mari
1 Melmoth réconcilié, 1835.
2 La Grenadière sans doute, 1832.
3 Etude de femme, Sarrasinc, M"*8 Firmiani étaient entrés dans les Romans et Contes philosophiques entre 1830 et 1832. — La femme abandonnée, 1832. — On sait que la Transaction est le premier titre du Colonel Chabert. — Une fille d'Eve, 1838.
l'accablant de son mépris et de sa colère et 15 jours après petit garçon devant sa femme1.
Oter des Contes philosophiques Cornélius, Lambert. Le chef-d'œuvre inconnu 2.
Une femme tuant son mari qui a fait un crime ignoble et qui, en mourant sur l'échafaud, déshonorerait ses enfants8.
Dernières études de femmes, 8 vol. en 8. Etude de femme. — Mme Firmiani. — La transaction. — La femme abandonnée. — Une fille d'Eve. — Les amours d'une laide *. — La Marana.
La succession** \ — Les orphelins5. — Onda-Mulier*. — Saint Jean**.
La femme de trente ans 6.
Sarrasine1.
Conversation entre onze heures et minuit, 2 volumes en 8.
Dans El Verdugo un fils tua sonpère pour une idée,
1 Ce projet est rappelé un peu plus loin sous cette forme : « Une femme méprisée par son mari qui se relève de ce mépris et le domine. »
2 Louis Lambert était entré dans les Nouveaux Contes philosophiques en 1832; ainsi que Maître Cornélius, le Chef-d œuvre inconnu faisait déjà partie de lédition de septembre 1831.
3 La Marana (novembre 1832).
* Peut-être s'agit-il de La Rabouilleuse, dont un des principaux chapitres s'appelait : A qui la succession ?
6 Les orphelins, premier titre de la Grenadière. 6 1828-44. — ' 1830.
et dans le Roi**, le père tuant son fils1. Mens agitât molem.
Pour les Contes philosophiques.
1° La Peau de chagrin.
L'expression pure et simple de la vie humaine en tant que vie et que mécanisme.
Formule exacte de la machine humaine. Enfin l'individu décrit et jugé, mais pratiquement. L'Enfant maudit-. Louis Lambert.
2° Le Crétin**. — Le crétin est peut-être tué par la pensée. Les souffrances de l'inventeur. Le chef-d'œuvre inconnu. Caractériser 1 inhumanité. Tué par la terreur. La femme.
Le Prêtre**, un grand pénitencier qui meurt tué par le confessionnal où il fait en pensée tous les crimes et péchés qu'on lui accuse3.
Les deux volumes Gosselin peuvent se faire ainsi :
1 Cette antinomie fut reprise, à défaut du Roi, qui ne fut sans doute jamais écrit, dans Un drame au bord de la mer (1834).
2 L'Enfant maudit, 1831-36.
3 Le Succube (1833).
César Birotteau. — Histoire d'une idée*. — La religieuse**1.
Les souffrances de l'inventeur 2. Le prêtre **.
Voici l'ordre des Contes. L'enfant maudit. Les proscrits. Louis Lambert. Jésus-Christ en Flandre. L'Église.